Vivre sur son balcon !

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Vivre sur son balcon.


Lorsque j’habitais chez mes parents, nous vivions dans un quartier nouveau, composé d’immeubles nouvellement construits. Faute de planification urbaine, les immeubles poussaient l’un proche de l’autre, disons à la limite de ce que les lois de l’époque permettaient.

Ceci avait créé une certaine proximité parfois trop curieuse entre un édifice et l’autre. Celle des voisins ! Ah oui les voisins !

Tout le monde savait ce qui se passait chez le voisin, pas celui de palier, mais d’immeuble, une fête, la musique trop haute, des discussions animées ou des scènes de ménage au vu et su du quartier.

Ceci avait permis à un groupe de personnes vivant la plupart du temps proche d’une fenêtre ouverte ou plus simplement passant la plupart du temps sur leur balcon.

Il n’était pas étonnant que les conversations dans une boutiques, une boulangerie ou tout autre commerce, portent sur les scènes observées la veille  à partir de son balcon.

Si la scène est pittoresque, elle est bien différente de ces cultures dans lesquelles une partie de sa population se préoccupe essentiellement de ce qui se passe chez les voisins. Les voisins étant bien entendu les autres cultures, les autres pays.

La “vie sur les balcons” se passant à juger, critiquer et surtout affirmer des opinions comme vérités certaines alors que l’on oublie le repas qui brûle sur la cuisinière de sa propre demeure.

L’on reporte d’aller éteindre le feu parce que la vie sur son balcon est plus excitante.

Lorsque la voiture des pompiers est au bas de l’immeuble, gageons simplement qu’il est bien trop tard !

Michel ©

L’état de santé de notre savoir.

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C’est la présence de l’homme qui rend l’existence des êtres intéressante; et que peut-on se proposer de mieux dans l’histoire des êtres, que de se soumettre à cette considération?
Denis Diderot


Chers parents, chères éducatrices et chers éducateurs, mais aussi chers directeurs d’établissements scolaires, les spécialistes pédagogiques, les concepteurs et conceptrices de programmes d’enseignement de tous genres.

J’aurai une question piège à vous poser. Combien de fois avez-vous utilisé une encyclopédie au cours des derniers 12 mois ?
Et si vou l’avez fait, auriez-vous compris la nuance qui existe entre une encyclopédie et un dictionnaire ? (Siou’plait ne cherchez pas sur Google © avant de répondre).

Il y avait dans le temps une certaine tradition, où il était de bonne augure d’avoir chez soi à la maison une encyclopédie. Achetée par tempéraments sur une ou deux années, les mises à jour annuelles, et plus encore. J’ai fait partie de ces familles. Quelques milliers de dollars plus tard, ce sont plus de trente volumes qui auront servi de contrepoids sur les dernières rangées de notre bibliothèque familiale. Le nombre de fois qu’un ou plusieurs volumes auraient été consultés se dénombrent sur les doigts des deux mains. Les dictionnaires thématiques n’eurent pas un meilleur sort, j’avoue.

Nous entrions dans l’ère de l’informatique, de la Toile, des moteurs de recherches qui vécurent chacun selon ses adeptes pour enfin laisser la place au mégamoteur Google © , qui aux yeux des écoliers, affirme des vérités dites plus “crédibles” parce que “C’est Google © qui le dit !”, j’avoue plaindre les enseignants et les parents qui se trouvent sous la loupe de cette manière de faire.

Il m’aura fallu bien des années plus tard pour comprendre. Comprendre que l’encyclopédie n’est pas le propre des gens “biens, éduqués qui paraissent intello et importants”. J’ai compris en lisant l’histoire de l’encyclopédie, des Lumières, Diderot, d’Alembert, leurs prédécesseurs et bien d’autres humanistes qui y ont consacrés le summum de leur pensée, de leur art de leur génie.  J’ai compris l’immense valeur d’avoir le privilège d’en posséder une copie.

Que dire de nos écoliers qui excellent dans cet art, celui de ne trouver des réponses sans nécessairement comprendre la raison première de celles-ci.  Nous les envoyons à l’école, nous leur payons les universités les plus prestigieuses mais ils continuent d’utiliser le gadget des réponses instantanées, rapides et “faciles”.

La curiosité du savoir semble être aux abonnés absents, cet esprit “encyclopédique” dont furent nantis les penseurs bien avant nous.

La quête du savoir et de la connaissance , l’usage que l’on peut en faire aussitôt que l’on comprend que tout ce savoir est relié à d’autres sources de connaissances, voilà ce qui manque à notre émancipation intellectuelle en ces temps.

Nous nous plaignons, à juste raison, des lacunes de notre système d’enseignement, mais nous oublions que le savoir s’entretient avec l’usage. Est-ce le temps de nous inquiéter sur l’état de santé de ce dernier ?
Il est à craindre que c’est aux soins intensifs que nous le retrouverons bientôt !

Michel ©

 

Les aléas de l’enseignement au 21ème siècle.

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Au lieu de regarder et de traiter les écoliers qui veulent faire quelque chose de nouveau comme fauteurs de troubles, et les forcer à se conformer, nous devons reconnaître qu’ils sont les moteurs d’améliorations dans nos modes de vie.
Clark Aldrich


Les défis qu’affrontent les écoliers autant que les enseignants sont de plus en plus visibles en ce début de siècle.
Il est un fait, qui si d’apparence ironique,  oppose deux groupes de personnes (écoliers et enseignants)  dans ce  “trop peu savoir” pour les apprenants,  et le “trop savoir” pour les professeurs.
L’écart considérable entre l’utilisation des nouvelles technologies pour les écoliers, et l’absence de connaissances au sein d’une grande partie des instituteurs, risque de grandir vu la cadence des mises en marché de tous ces gadgets qui nous promettent monts et merveilles mais rarement l’essentiel: comment acquérir le savoir.
La grande facilité avec laquelle les apprenants trouvent les informations n’exclut pas la nécessité de compréhension tant de la méthode suivie mais aussi pour les raisons qui expliquent le pourquoi.
Les exemples ne manquent pas, je reprends un qui me semble suffisamment clair et explicite.
Parmi les dessins trouvés sur les murs des grottes de Lascaux, il y en avait celui qui montrait comment les humains de ce temps s’y prenaient pour chasser des proies bien plus grandes qu’eux.
Tout y était, la mise en situation, le déroulement, les détails et le résultat final. Il me plaisait toujours de dire à mes apprenants en développement pédagogique de s’inspirer de ces images pour leurs projets dans le contexte éducatif.

L’intérêt pour accéder au savoir et à la connaissance semble avoir moins de preneurs mais plutôt des chercheurs de réponses toutes prêtes.

Le paradigme “éducationnel” classique a cessé de fonctionner, plutôt les corps enseignants ont probablement baissé les bras, mais qu’en est-il des apprenants ?

Beaucoup de professeurs me disent que l’enseignement selon ma vision ne peut éliminer certains apprentissages par coeur. Oui je n’ai pas de soucis avec cela, cet apprentissage devant se faire (à mon avis) à la maison avec les parents, parlant de l’alphabet, les chiffres, les formes, couleurs etc… mais désolé pas de tables de multiplications ou autres asservissements cérébraux qui ne sont plus nécessaires de nos jours). Où sont allés les cours de logique, de raisonnement, de solutions de problèmes, et bien d’autres habiletés si nécessaires de nos jours ?

J’aimerai reprendre un texte de Clark Aldrich parlant de la situation des classes d’écoles de nos jours. Le texte original est en anglais, j’en ai fait une traduction personnelle.

“Nous avons construit une structure qui récompense et glorifie les étudiants qui savent s’assoir dans une classe mieux que d’autres. Nous les laissons diriger la planète.”
(Citation tirée du livre de l’auteur ― Clark Aldrich, Unschooling Rules: 55 Ways to Unlearn What We Know About Schools and Rediscover Education)

Pourrons-nous enfin cesser de former des élèves à ne devenir que des élèves d’écoles et leur permettre de penser différemment ?
L’avenir dépend d’eux pour amener un meilleur-être du monde qui les entoure.

Michel © .

 

L’éducation, la formation professionnelle et les sachets de soupes instantanées.

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L’éducation,
la formation professionnelle et
les sachets de soupes instantanées.


Si la tendance se maintient, et tant que les gouvernements se plairont de sabrer encore plus dans les budgets de l’éducation nationale , il y a de forte chance que celle-ci s’éteigne bientôt.

Une extinction irréversible puisque les établissements scolaires se trouvant séduits par les promesses de la formation professionnelle vont se préoccuper de former des apprenants à lire et exécuter les consignes inscrites sur les sachets de soupes instantanées.

Le savoir est dangereux parce qu’il permet le questionnement, la connaissance est toxique puisqu’elle prévient la docilité consentante, mais lire les consignes sur le sachet de soupe est un accomplissement que l’on fait miroiter aux personnes, car consommer, cela crée des emplois soit dit en passant !

Tout le monde y gagne sauf … vous savez qui !

Michel ©

 

Le droit à l’erreur ?

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Le rôle d’un ami, c’est de se trouver à votre côté quand vous êtes dans l’erreur puisque tout le monde sera à côté de vous quand vous aurez raison.
Mark Twain


Chaque fois que nous accomplissons ce que nous avons à faire l’on crée une habitude. Subtile et discrète, mais certaine dans l’esprit des gens de notre entourage.

Imaginons pour l’exemple, une femme,: elle est épouse, mère , institutrice et personne sociale.

La liste des choses qu’elle fait chaque jour est longue et pourtant, l’on prend pour acquis que ce sont des choses “normales”.

S’il lui arrive de tomber malade; un simple rhume qui l’oblige à s’arrêter pour la journée. Ce sera toute une succession “d’incidents” tel un effet domino qui se passera dans son monde et celui gravitant autour d’elle.

La suite ? Et bien nul besoin d’en dire plus. On “simplifiera” son état de santé en lui proposant des comprimés qui “guérissent vite vite” question “ de la voir de nouveau dans le circuit”.

Qu’en est-il pour quelqu’un qui au travail aura habitué ses collègues et son employeur à venir plus tôt que les autres, lancer l’imprimante et la photocopieuse avant que les collègues arrivent, parti la machine à café et rempli les bouteilles d’eau au frigo. Son absence sera remarquée sans aucun doute, alors que les autres jours ceci est “normal puisqu’elle est la première au bureau”.

Je me souviendrais toujours lors de ma dernière année d’emploi, correspondait aussi l’évaluation annuelle de performances. Une bien triste activité qui consiste à rencontrer son ou sa supérieure immédiate afin d’évaluer le rendement du travail accompli au cours des 11 ou 12 mois passés. Souvent mal préparé à cet exercice le gestionnaire se sent la mission de soulever certains points dits négatifs avec force détails alors que les réalisations réussies se résument en une ou deux paroles dites rapidement.

Pour moi ceci ressemble à une sorte d’inquisition des temps modernes où la valeur ajoutée est souvent absente; sans oublier les résolutions “mesurables et quantifiables” héhé, que l’on s’attend de l’employé pour les mois à venir.

À savoir que cette évaluation définit l’augmentation salariale de l’employé, bien que le gestionnaire vous assure qu’il n’en n’est rien.

Ma gestionnaire étant dotée d’une émotivité du plus haut niveau avait de la misère à contenir les points “négatifs” dont elle voulait me faire part.

Au fil de son monologue, j’ai compris que durant l’année écoulée j’avais était “trop exigeant” de  la part d’une de ses employées sur les retards dans les délais de livraison. Plus rien d’autre ne comptait à ses yeux: “mais tu as vraiment changé ! Je ne te reconnais plus ! Ce n’est pas correct !” Je lui faisais signe que j’avais compris, car je remarquais qu’elle allait manquer de souffle. J’aurai pu me défendre, mais cela n’en valait plus la peine. Je lui ai demandé si nous pouvions conclure et qu’elle m’indique où je devais signer, et quitter.

Bien que déçu, je me sentais en paix. J’ai revu ces 10 dernières années de service au cours desquelles j’avais eu 9 recommandations. Je savais que j’avais livré du bon travail. Il aura fallu une seule note discordante pour faire oublier le reste.

Est-ce que cet incident m’a découragé, oui forcément, mais il m’a aussi permis de me libérer et de passer à autre chose de plus motivant.

Michel ©

Nos différences

Contre-jour (15)


 

La nature crée des différences ;
la société en fait des inégalités,


Tahar Ben Jelloun


À regarder un coucher de soleil à l’heure où les myriades de couleurs s’entremêlent sans distinction, il m’est tellement difficile de ne pas imaginer  l’harmonie qui rend chacune essentielle l’une pour l’autre pour faire naître en moi cette sensation paisible du beau.

Pourtant chaque couleur est différente, nuancée, mais différente. L’on dira qu’elles font partie du spectre unique, ou des couleurs  couleurs primaires, etc. Selon le regard que nous portons sur celles-ci.

Le fait est pour moi, clair. Aucune de ces teintes n’est de trop. L’absence de l’une manquerait au rendu final, celui de la beauté d’une scène qui nous émerveillera pour longtemps.

Nul besoin de science infuse pour transférer cette perception sur notre histoire, surtout celle de nos jours.

La conscience de l’existence essentielle de chaque personne, chaque nation, chaque race, chaque croyance est souvent annoncée dans les mots, ce qui n’est pas toujours dans les faits.  Tant que cela ne se passe pas dans notre cours nous adhérons aux principes de l’égalité, celui de justice ou de liberté, mais aussitôt que nous sommes directement touchés, il se passe une toute autre chose.

Nous oublions de regarder notre évolution comme une entité globale, si l’on pouvait regarder notre planète humaine et son évolution selon les principes auxquels nous adhérons, il y aurait, à mon avis, bien du travail à faire.

Si défaire un méfait semble impossible, pourrions-nous au moins ne plus en causer de nouveaux ?

Michel ©

Une histoire de recettes

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Une histoire de recettes


 

“Voici les 10 trucs pour réussir en tant qu’entrepreneur” ou “Voici les 14 choses à faire pour devenir riche” et bien d’autres encore.

Lorsque le partage d’expériences vécues n’est plus à la mode, nous observons ces habitudes excessives et obsédantes de certaines personnes qui se disent expertes dans un domaine.

Lorsque la sagesse du savoir vient à manquer il n’existe plus d’exemples à suivre.

Depuis 10 bientôt je me suis inscrit à un réseau pour professionnels et spécialistes en divers domaines. Dans tout cheminement l’on s’attendrait d’observer cette évolution de la pensée, des expériences et leçons apprises, du partage de bons coups, d’apprentissages ayant apporté quelque chose d’utile à ses collègues, mais aussi aux personnes de sa propre communauté.

Les adeptes de ces recettes ne comprennent pas que leur obstination à déverser recette après recette, ne fait qu’alimenter la lassitude teintée d’ennui à peine poli au point que ces réseaux ont en compris les enjeux et offrent à leurs abonnés l’option de “cacher” les publications de ces personnes. Une bien bonne chose en soi !

Pour qu’une recette soit savoureuse, il serait de bonne augure que les “chefs cuisiniers” apportent leur vécu, leurs propres essais (et erreurs) cela nous éviterait de devoir les masquer de plus en plus fréquemment !

Michel ©