Les MOOC d’aujourd’hui, précurseurs ou ..?

MOOC for online Instructors

Crédits d’image: MOOC for online Instrucors

Les MOOC d’aujourd’hui, sont-ils appelés à disparaitre ou sont-ils les précurseurs de l’enseignement de demain?

Je suis toujours fasciné d’observer nos comportements, nous humains, quand quelque chose nous plait, la manière que nous avons de nous y identifier, de nous y reconnaitre à un point tel que nous nous approprions le bien fondé. C’est aussi là que naissent toutes sortes de théories, qu’émergent de nombreuses « vérités » que nous énonçons avec passion, presque de manière dogmatique!

Depuis quelques temps il est question d’enseignement, de changement ou de maintien des fondements et des principes. Ici dans ce billet j’aborde une suite à un bille que j’écrivais il y a quelque semaines (To MOOC or Not to MOOC…) j’y abordais l’antagonisme naissant des pros et anti MOOC.

En passant pour ceux qui ne savent pas ce qu’est un MOOC (Massive Online Open Content), c’est un contenu de formation (éducation) créé par une université et hébergé sur une plateforme dont la raison d’affaires est ce genre d’activités. Il faut aussi ajouter que la grande majorité des cours qui se donnent sont gratuits. De plus, ces cours gracieusement offerts sont pour la plupart des formations de sensibilisations (introductions) ou les aspects incitatifs et promotionnels sont promus. Pourquoi? Pour intéresser les personnes inscrites à se diriger vers des programmes complets de cours universitaires, ceux-ci par contre payants. Aujourd’hui ce mode d’enseignement est très populaire aux USA, Canada, l’Angleterre, l’Allemagne, etc. Parmi les plateformes les plus connues je citerai : Coursera, Canvas, et plusieurs autres. Autre fait intéressant, c’est que les MOOC commencent (timidement il faut dire) à être offert en français.

Ceci dit, je peux maintenant vous livrer ma pensée qui me turlupine depuis ce matin : j’ai souscrit à mon premier MOOC en avril 2013, ce fut une révélation : retour aux études de niveau universitaire après 35 ans d’interruption, un sujet des plus passionnants, un professeur génial, un apprentissage « comme je les aime », bref un ravissement intellectuel qui fut la source d’une poussée créative des plus intenses et qui continue, j’avouerai avec un enthousiasme extrême… Devoir passer des tests, oui cela nous le faisons tout le temps, mais se faire évaluer par nos collègues étudiants, ce fut pour moi du jamais vu, avoir une rétroaction sur les tests formatifs, bénéficier d’une plateforme d’étude munie de tout l’outillage de collaboration sociale un vrai ravissement. Ma courbe d’apprentissage fut favorisée par la clarté des consignes… A la fin du cours j’avais comme le sentiment que quelque chose de bon finissait, j’en voulais plus. Je partais à la chasse aux MOOC, de ce fait je découvrais d’autres plateformes, quelques-unes étasuniennes, d’autre en Écosse, Australie, en Allemagne et la toute dernière en France!

Alors que voulais-je dire par le titre de ce billet?
Je pense simplement que les MOOC d’aujourd’hui ne peuvent survivre si le modèle pédagogique ne change pas. Je me suis inscrit sur plusieurs cours de différents fournisseurs, pensant que je retrouverai en grande partie la même poussée d’adrénaline (dopamine?) Je vous avoue avoir été déçu par trois fois sur 5 cours auxquels je me suis inscrit. Les deux cours sur Coursera l’un (mon premier) a très bien été, le second commencé cette semaine semble de bonne augure. Mais les trois autres, je me demande comment peut-on présenter des formations d’un tel niveau faible de qualité, de contenu et surtout d’absence de pédagogie ou disons-le autrement certains cours ne « l’ont pas, mais pas du tout ».

Autre phénomène, celui des zones horaires qui ne sont pas prises en comptes par les responsables du cours pour planifier une session d’échange en ligne, si pour la source c’est la fin de l’après-midi ou de l’apéro, ici nous sommes toujours au bureau et de ce fait ne pouvons pas nous connecter, d’autres détails qu’il faudra régler : l’aspect socio-culturel de la source d’où est émis le cours, l’usage d’une tournure linguistique « universelle » pour l’anglais ou le français, vous vous imaginez des cours faits dans le jargon usuel de chaque pays? Au revoir universalité de la formation (juste à savoir que mon premier cours avait 68000 inscrits, celui en cours nous sommes 19000 d’à peu près 42 pays).

Ce que je veux dire ici, et je ne lance aucune pierre contre quiconque, j’admire le courage de ceux qui se lancent dans cette aventure incroyable, par contre il faudra établir une sorte de consensus de normes auxquelles tous les fournisseurs vont devoir y adhérer sinon leurs MOOC se faneront très rapidement.

J’imagine que vous devez savoir qu’il n’y a pas de plus compliquée et de plus tranchante que l’opinion du public virtuel. On peut vous porter aux cieux mais vous démolir autant… Aucune retenue à espérer sauf ceux qui encore ne se cache pas dans le monde virtuel, mais disons-le, c’est un monde imprévisible que le virtuel.

 A vous les concepteurs de ce type d’enseignement, je vous dirais, il est temps de faire un retour sur les bancs de la nouvelle école! Ne pensez-plus que les méthodes d’antan peuvent être « revampée » et rhabillée avec moult cosmétiques… cela n’accroche plus. Les étudiants ne viennent plus « demander » mais « s’attendent à quelque chose »  et cela fait toute la différence! Je sais que cela pourra choquer des enseignants, mais là n’est pas mon but bien au contraire, et c’est peut-être de ne pas être un enseignant traditionnel que je me permets de m’adresser de la sorte.

Alors si vous le voulez je vous propose de vous amuser à essayer ceci : Allez sur Google – Images et saisissez dans le champ de recherche « La classe de demain », outre les photos de classes « high-tech » vous serez surpris de voir certaines qui vous montrent des enfants en train de s’amuser avec leurs enseignants, parfois même des enfants sur le tapis de la classe devant un écran, comme s’ils étaient chez eux en train de consulter de l’information… Sur ce, je vous souhaite de belles découvertes.

L’enseignement des autres, est – pour moi – la plus belle chose qui soit donnée de faire. Il en faut tant de cette inspiration humaine et sociale pour contrer la tendance déshumanisante qui malheureusement prend le dessus dans les médias et les communications virtuelles de nos jours…

Michel – 4 octobre 2013

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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