Humaniser, avoir confiance, notre futur en vaut la peine!

Crédits d'image: Michel Boustani (c) 2013

Crédits d’image: Michel Boustani (c) 2013

Je viens de lire deux articles d’actualité sur des sujets d’actualité de l’heure, l’un sur la confiance (Thot) l’autre sur comment Humaniser la classe d’école virtuelle – en langue anglaise par Michelle Pacansky-Brock spécialiste en pédagogie et enseignement virtuels.

Ces deux sources pourraient ne s’être jamais croisées ou fort possiblement ne le feront jamais, par contre leur message l’est, la preuve? Je vous en parle et je n’aurais de cesse de revenir sur le sujet, car il est d’actualité criante de nos jours, et par les temps qui courent.

Nous vivons une profonde crise de confiance et il ne faut pas être devin pour s’en rendre compte. La planète entière est en crise de confiance envers tous et tout.

Je ne suis pas ici pour faire la critique de la politique sociale, quoique mon engagement dans l’éducation et la  promotion de la culture  du savoir m’impliquent inévitablement sur cette voie. Ce qui suivra exprime mon opinion, mon point de vue et n’engage que moi. Il  n’est pas question de me plaindre ou de critiquer comme l’on serait enclin à le faire facilement, mais j’ouvre le débat et tente d’apporter des pistes de solutions ou du moins d’apporter des sujets de discussions et des actions concrètes pour espérer un engagement. Soyons clairs, la solution ne peut plus émaner d’une seule source, elle est la responsabilité commune et collective de TOUS.

Il est désolant de voir combien d’énergie, d’efforts considérables et de moyens financiers, sont dépensés (je dirai gaspillés) pour des rencontres, des commissions, des sous-commissions, des enquêtes, des symposiums, ah oui j’oubliais, des états généraux, des piles de rapports, et que dire des suivis qui ne mènent qu’à des avenues encore plus labyrinthiques. En fait l’art de tourner en rond parfois pour se donner bonne conscience l’on adopte des résolutions qui nécessitent d’autres commissions, d’autres études…

L’on me dira que toutes ces activités sont importantes, oui je peux comprendre à condition qu’elles soient suivies par la mise en pratique réelle de ces conclusions et décisions prises.

Mais pourquoi donc ces solutions tardent-elles à se concrétiser? Voici ma question posée à toute personne qui joue ou pense jouer un rôle dans la vie sociale, politique et culturelle d’une collectivité peu importe le nombre, le lieu ou la région géographique. Nous sommes tous directement concernés et nous en subissons tous les contre-effets!

Dans un de mes billets je parlais d’un rapport qui résultait de je ne sais combien de sommes d’argent, de temps et d’efforts pour dire que l’éducation et le corps enseignants n’allaient pas bien! Il m’aura fallu lire 85 pages des 135 pages de ce rapport pour lire ce constat. Je n’en revenais tout simplement pas. Pourquoi des professionnels du monde de l’éducation, des pédagogues, des administrateurs d’écoles, avaient-ils besoin de 42000 mots (85 pages à raison de 500 mots par page) pour dire que les choses n’allaient plus aussi bien!

Ce qui est encore plus saisissant c’est que les choses continuent de la sorte bien encore après.

Le problème et la cause principale de ce constat ne sont pas les politiciens, les ministres, les directeurs d’écoles les enseignants ou les élèves, oui ils le sont d’une certaine mesure, mais le cœur même du problème c’est bien nous!

Oui nous! Nous les citoyens ordinaires, les citoyens qui vont travailler, payer nos taxes, avoir une famille, des enfants et espérer et souhaiter une vie meilleure, plus juste pour tous.

N’avons-nous pas abandonné notre pouvoir de décision à ces personnes qui écrivent plus de rapports que de mettre en pratique de simples choses pour inspirer confiance! N’est-il pas le temps de nous approprier de nouveau nos villes, nos bibliothèques, nos écoles, collèges, universités, centres culturels et programmes d’éducations?  N’est-il pas le temps de réapprendre cette culture citoyenne qui nous fait de plus en plus défaut. Les évènements des 50 dernières années le prouvent. Depuis la fin de l’ère industrielle tous les mouvements de contestations (étudiants et autres) ont été réprimés dans la violence et continuent de l’être avec plus de moyens et plus de fermeté, voire de violence légalisée au nom de la sécurité publique!  Cette répression musclée de la part des autorités voulaient dire fort probablement : « Vous qui manifestez votre mécontentement, vous nous dérangez! Vous nous inquiétez! Vous représentez une menace sur notre devenir au pouvoir! » Voici mon interprétation de toute répression durant une manifestation pour une juste cause qui remettrai en cause l’ordre vu et perçu par ceux qui ont perdu le contact avec la base citoyenne!

Ce que je déplore parfois c’est d’une part cette déconnexion profonde entre le pouvoir en général et la base, cette même base qui a porté au pouvoir ces personnes qui ont oublié leur provenance et d’autres parts ce besoin de « mettre au pas » les individus quand ces derniers ont des doléances à exprimer. Je ne sous-entends aucun évènement en particulier, ces évènements, sont souvent pour ne pas dire presque toujours, perçus comme contraire à l’ordre public!

Je trouve aussi fort déplaisante la manière dont un citoyen du monde est traité : la menace et les mesures coercitives dans les pays où la démocratie dans son sens le plus vrai ne fait pas partie du dictionnaire de cette nation, mais aussi cette manière d’infantiliser une personne ou une collectivité dans ces pays où prévaut l’état de droit! Oui je peux m’exprimer librement, mais finalement quoique je dise on s’arrange pour que je m’applique dans un moule établit d’avance. Je suis contre la révolution pour la révolution, de plus je ne crois pas à la violence car comment bâtir une culture citoyenne orientée vers un bien social en usant de violence?

C’est comme si on temporisait les attentes des jeunes générations pour qu’une fois adulte elles perpétuent le mode de vie actuel!

Alors où est le lien entre Humaniser, Inspirer Confiance et être garant d’un meilleur futur?
Mais tout simplement dans l’éducation! Le terme éducation ne signifie pas seulement aller à l’école ou suivre des cours et bien faire ses devoirs, etc. L’éducation est un des maillons essentiels pour développer la culture citoyenne actuelle et fonder celle du futur. Cela passe par notre quotidien, que ce soit au travail, aux études, en activités collectives sociales, et tant d’autres domaines de notre quotidien. Il y en aurait long à dire mais beaucoup plus à faire.

J’ai voulu commencer à participer à ce en quoi je crois fermement, je crois fermement que ce mode de culture se fait dans les actes posés comme citoyen bien entendu mais aussi comme personne étant sensibilisé à ces enjeux et aux solutions qui s’y rattachent. Je crois aussi que ce mode de changement se fait dans les deux sens, j’utiliserai ici une terminologie propre à la formation moderne et parlerai des modes ascendants et descendants. L’exemple qui suit a pour but de clarifier mon point de vue.

Lorsque j’allais à l’école, j’étais en mode descendant, ceci voulant dire que mon professeur représentait pour moi l’autorité intellectuelle et éducative qui me transmettait des connaissances et du savoir. A moi, élève, était le devoir ou la responsabilité de bien comprendre, d’étudier et de montrer à mon professeur que je comprenais et retenais les notions qu’il me prodiguait. Aujourd’hui, la donne change, l’on voit des apprenants qui arrivent en classe avec un bagage de connaissances particulier. Les apprenants ont accès de manière ouverte à de l’information qui des fois concurrence le savoir de l’enseignant et là peut survenir un conflit. Une telle dissonance, si mal gérée, devient rapidement conflictuelle et provoque une perte de confiance : l’enseignant qui se sent mis au défi, mais les apprenants se rendant compte qu’ils en savent autant que le professeur. Ce climat d’inconfort réciproque mène inévitablement à une crise de confiance entre ces deux générations. L’éducation aux adultes en est un autre exemple. J’imagine que vous avez suivi une formation un moment donné dans votre vie professionnelle. Vous avez aussi du avoir à suivre certaines de ces formations avec une dose d’ennui voire de méfiance lorsque vous vous rendiez compte que ce qui vous était donné ne s’appliquait pas nécessairement dans votre quotidien.

Nous, adultes aimons relier notre apprentissage à nos activités professionnelles, nous parlons ici d’un fondement spécifique de l’expérience d’apprenant vis-à-vis de l’apport d’experts en formation. Si la difficulté réside, c’est bien parce que la relation descendante est renforcée et ne permet pas aux connaissances de l’audience de se reconnaitre (courant ascendant), ce qui mène en fin de cours à des commentaires plutôt négatifs tant sur le contenu que sur le formateur…

Les exemples seraient nombreux si nous les transposons au système et les personnes de ces systèmes qui ont pour responsabilité d’administrer et de veiller à une gestion saine des affaires au quotidien (nous parlons ici de vie communautaire, municipale, politique, etc.) Si le courant  descendant est le seul qui s’applique, la grogne de l’individu qui ne peut exprimer son point de vue, mène inévitablement à  « perdre confiance ».

Alors nous y voici, la confiance, la culture, le savoir sont ces ingrédients qui composent ce bien collectif que j’affectionne particulièrement. Je me connais pour passer pour un passionné, mais je ne suis pas pour autant un rêveur inoffensif, bien au contraire.

Je crois fermement que d’accepter de changer un peu sa manière de penser et de regarder les choses autrement est le début du changement de l’individu et par conséquence de la collectivité.

Que pouvons-nous faire concrètement pour adopter la culture de la confiance? Peut-être est-il temps de se demander chaque matin quel geste concret allons-nous poser pour changer un petit « quelque chose » autour de nous. Et puis ne pas avoir peur d’oser oser poser un geste!

Pour conclure, je partagerai un des gestes que j’ai commencé à poser auprès de certains élus parlementaires, en leur écrivant, en leur parlant de ce programme et leur disant que ce serait eux qui pourraient changer les choses en regardant les gens autrement. Un changement non seulement de culture, mais de regard politique qui considère le citoyen comme leur égal et digne d’attention non pas une fois par cycle de mandat, mais au quotidien, dans la rue, au bureau, partout quoi. Leur promettre aussi que de mon côté j’ai commencé à faire ma part.

Vous pourriez penser en souriant que je perds mon temps et que ces élus ne me répondraient pas! Et bien détrompez-vous, la réponse est venue, timide et très protocolaire au début, puis plus en confiance par la suite. C’est actuellement une relation épistolaire que j’appellerai une « relation d’instauration de confiance réciproque » car je suis certain que de parts et d’autres dans nos quotidiens respectifs survivrait une pensée échangée qui apporterait ce petit changement attendu.

Je partagerai avec vous la suite de ces contacts, en espérant que vous serez confiants vous aussi que vous pouvez faire changer certaines choses. Je vous le souhaite.

Michel – 9 octobre 2013

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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