L’éducation: un ordre établi ou…?

Écoles différentes

Crédits d’image: Écoles différentes

On me sait direct dans mes communications, dans mes réponses, je le sais et j’assume ce statut  de libre-penseur et par le fait même d’être franc dans mes billets.

Mon but n’est pas de me plaindre pour le plaisir de me plaindre, j’aime croire que je peux exprimer à haute voix ce que plusieurs pourraient penser en silence dans leurs esprits. Je ne chercherai jamais de critiquer la personne en tant qu’être humain sinon je serai en parfaite contradiction entre ce que je prône et mes gestes et faits.

Ce que je souhaite mettre en évidence sont les contradictions et leurs effets, parfois pervers, des conventions et de l’ordre établi sur les esprits des personnes quant aux pratiques dans le monde en général et surtout de l’éducation en particulier. Je pense ici aux gestes résultant de ces principes et pratiques qui, avec le temps, sont devenus un tant soit peu dogmatiques imprégnant une saveur formaliste dans les comportements. Entre le discours, les normes et leurs applications quelles nombreuses tentations de voir l’enrobage séduire les esprits alors que leurs mises en applications nous remettent sur les rails de la désillusion profonde et qui nous déçoivent plus que jamais.

Ce que je déplore c’est cet immobilisme rigide de la pensée qui ne souhaite pas évoluer avec le cheminement de la vie des personnes par rapport à leur temps. Dans tout cela, le monde de l’éducation – à tous ses niveaux – qui se trouve être la source de la naissance de la pensée individuelle et collective, depuis les premiers jours de la vie d’une personne (éducation familiale des premières années) jusqu’à son ascension à l’âge adulte, et plus même, ce monde n’échappe pas aux principes directeurs de cet « ordre établi ».

Pourquoi agissons-nous ainsi? Parce que soit que nous l’avons appris ainsi, ou bien on nous l’a transmis ou dit mais aussi « parce que c’est ainsi que cela fonctionne !»…

Quand je n’étais qu’un, oui j’avais été un « brave garçon » qui écoutait les paroles, obéissait à ses parents, ses oncles et tantes, j’étais assidu à la maternelle, mais aussitôt que je posais des questions cela n’était plus pareil dans ce milieu au sein duquel j’évoluais. Mes parents par contre m’aidaient du mieux de leur savoir, mais me ramenaient à l’ordre quand il s’agissait de la maitresse, de l’école, des « obligations d’un brave élève »

Je ne sais pas si vous vous êtes faits dire en guise de réponses à vos questions « Ce ne sont pas des choses pour un gamin de ton âge! ». Il n’en fallait pas plus que cela pour que se déclenche en moi une curiosité et le souci d’en savoir toujours plus. SI les pourquoi et les comment ne m’étaient pas possibles dans mon entourage scolaire, alors qu’à cela ne tienne je le chercherai autrement. Ceci étant, j’apprenais partout là où je pouvais. Les journaux, les revues, les images, mes livres, ceci a motivé mon désir d’apprendre non seulement à lire, mais à bien lire pour mieux comprendre, je découvrais la puissance du dictionnaire qui fut mon compagnon silencieux et pourtant si présent…

Ces petits faits divers que je collectais devinrent au fur et à mesure des connexions de savoir que je faisais lorsque je découvrais mais surtout comprenais le lien, la raison, une certaine logique (la mienne), ma curiosité grandissait en moi alors qu’en apparence et pour m’éviter des réactions qui me priveraient de mes recherches, je continuais d’être ce brave écolier, et plus tard un brave étudiant.

La curiosité aura toujours été le déclencheur de tout, j’avouerai qu’elle fut aussi le catalyseur qui me permit de « voyager » ainsi au fil des ans, mon voyage continue, car malgré mes 60 ans je continue de croire qu’être curieux me permet de découvrir des lieux dont je ne pouvais soupçonner l’existence. Attendre que les choses surgissent est bien, mais les rechercher pour moi est une survie de l’esprit et la découverte de nouvelles émotions.

Il semble aujourd’hui que cet ordre soit présent plus que toujours, voire même institutionnalisé non plus au niveau des experts en éducations et pédagogies, mais est récupéré par la politique gouvernementale de chaque pays. Certains usent de mots et de vœux pieux mais maintiennent au moyen des processus, des procédures, des règlements cet ordre profond qui se vêt de belles paroles pour adoucir l’incontournable rigidité qui continue de sévir sans retenue.

Chose surprenante, l’on laisse parler des experts de notoriété « mondiale » pour appuyer la thèse du non-changement, parfois usant de la politique de la peur, des notions apocalyptiques pour le devenir des apprenants. On use de l’aspect « cosmétique » des nouvelles technologies pour confirmer la théorie de la rigueur.

Et si l’on se plaint nous passions pour des « originaux » des « rêveurs », c’est bien vrai le rêve fait partie de l’épanouissement de l’individu depuis la nuit des temps. Que faire en ces cas-là? SI j’avais accès à une tribune publique je dirai simplement ceci : il est grand temps de voir naitre et émerger de nouveaux experts de notoriété mondiale qui viendront démontrer et rassurer que l’éducation est une question humaine, d’enrichissement. Il faudra toujours apprendre à lire, écrire, savoir compter et discerner forme et couleurs, mais ceci est le propre des premières années de la vie, le reste c’est bien plus qu’apprendre et mémoriser…

Pour conclure je partage avec vous ce texte qui fait partie de mes plus récentes découvertes, il est de John Dewey (1859 – 1952):
«… Il y a quelques années de cela, je parcourais les magasins de fournitures scolaires à la recherche de chaises et de tables qui conviendraient à tous points de vue – artistique, hygiénique, éducationnel – aux besoins des enfants. Nous avions beaucoup de mal à trouver ce que nous voulions quand finalement un vendeur, plus perspicace que les autres, nous fit cette remarque : ‘’Je crains que n’avons pas ce que vous voulez. Vous voulez quelque chose qui permet aux enfants de travailler? Ce que nous avons est conçu pour qu’ils écoutent’’ Cette remarque résume ce qu’est l’éducation traditionnelle… »(*)

À la prochaine…

Michel – 20 janvier 2014

(*)DEWEY J., The School and Society, University of Chicago Press, Chicago
1900, p. 31-32 (Traduction de Normand Baillargeon)
Pour cmieux connaitre J. Dewey visiter le site de Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Dewey

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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