Notre pensée est encore linéaire!

immobilisme

Notre pensée est encore linéaire

Crédits d’image : La Fraise

Nous avons beau « innover » et faire montre de « créativité » il n’en demeure pas moins que nous n’utilisons que la coquille des outils, les nouveaux outils, dans un modèle de pensée qui s’accroche au mode traditionnel et fort linéaire en méthode d’enseignement.

Ce n’est pas une saute d’humeur dont je vous fais part, mais des constats récurrents, qui se répètent presque sans exception. L’institutionnalisme des modes d’éducations perdure malheureusement et nous promet une stagnation, une inertie fort dommageable quant à l’effritement de la motivation des écoliers, des étudiants mais aussi des adultes lorsqu’il s’agit de suivre un cours d’appoint ou d’apprendre les choses qui nous accompagnerons tout au long de nos vies actives.

Je lis les commentaires de plusieurs spécialistes en éducation qui déplorent cet immobilisme et ce gaspillage tant budgétaire qu’en capital humain dans ce moule qui ne change qu’en apparence.

J’entends autour de moi dans les lieux publics, lorsque certains étudiants émettent leurs commentaires sur un cours, au sujet d’un prof qui malgré son bon vouloir doit s’appliquer de suivre les directives de l’administration ou du ministère, et j’en passe!

Ce qui me choque aussi et surtout c’est cette contradiction trop évidente entre le sujet d’un cours et le mode de le dispenser à large échelle. Dernièrement j’ai été témoin du comportement des professeurs universitaires, deux éminences ayant une autorité bien établie et dont les cours sont courus par des foules d’étudiants.   Ces deux cours, avaient couvraient des matières qui laissaient présager une manière nouvelle, avant-gardiste, donc imaginez un peu le double intérêt : la thématique du cours, la renommée des professeurs et l’espérance d’apprendre selon une nouvelle approche… Combien loin nous étions dans cet espoir de voir et surtout d’apprendre du nouveau!

Apprendre d’une nouvelle manière me direz-vous? Oui, rassurez-vous je ne descends pas d’une autre planète, j’exprime un désir que la grande majorité souhaite sans oser le dire ouvertement de peur de se faire classer parmi les « hors normes » dont je commence à faire partie.

Les cours dont je fais mention avaient tout pour relancer une nouvelle approche, pour créer un air de renouveau sans nécessairement chambouler les choses en place, mais simplement les bonifier d’un nouvel élan, d’une nouvelle saveur qui pourrait augmenter le niveau de motivation et surtout l’engagement durable des étudiants et apprenants…

Pourtant cela ne fut pas au rendez-vous, bien au contraire. En fin de cours nous comprenions un message à double sens,: « Voici ce qui est bien de faire et voici ce qui va changer les choses en éducations… » mais pour ce qui fut des validations de compréhension et des examens finaux rien de plus ordinaire que des QCM (questions à choix multiples), certains textes avec trous à remplir, vous imaginez un peu le lien entre un cours ayant pour titre « Le futur de l’éducation digitale » ou celui traitant de « Ludification (Gamification) », des profs remarquables sans nul doute, mais combien prisonniers du carcan de l’institution pour laquelle ils étaient le porte-parole pédagogique…

Nous avions vécu et subi le fameux « One size fits all ». Je me demande si des fois les fameux quiz de choix multiples du style « Quel est le mot de la page 32 paragraphe 6 lignes 3? » Je vous assure que si regardiez l’effort mis pour construire le cours, les vidéos, le matériel, comparés au niveau des tests et validations il n’y aurait pas de quoi s’extasier devant le manque de valorisation de l’apprenant. Car qu’en est-il de la valeur de l’apprentissage, de la rétention, du respect de l’individu qui ne l’oublions pas est une personne dotée de raison et de sensibilité?

Je ne sais pas ce que pensaient les étudiants qui ont suivi le cours, je sais qu’un ami et collègue l’ayant suivi un des deux cours aussi, me faisait part de ce manque flagrant en approche pédagogique (je tiens à clarifier que cette personne n’a jamais suivi de cours ou de formation en pédagogie), il trouvait tellement pauvre la valeur des tests, une manière foncièrement linéaire, unidirectionnelle…

Lorsque j’observe certains contacts (personnes) sur des forums spécialisés, s’agripper avec conviction,   usant avec une détermination quasi-dogmatique aux principes, aux règles, aux processus, aux recettes sans penser suffisamment au fond, à l’apprenant. Tant que la recette est appliquée alors tout « baigne » et gare aux échecs, cela provient assurément de la part des apprenants, de la technologie, du client qui a coupé dans les budgets, etc.

Ils tournent les yeux tout ronds lorsqu’il est question d’échec ou de réussite partielle et mitigée. On se cherche un coupable, une cause, un « glitch », tout passe, tout est relié de cause à effet, on respire de soulagement lorsqu’il est enfin possible de mettre le doigt sur le coupable…! Un coupable qui n’en est pas un! Si nous pouvions mesurer le taux de réussite au pourcentage d’empathie que l’on met dans le contexte du cours, je crois que les formules toutes faites fondraient comme de la neige sous le soleil et que peut-être on verrait que la solution est beaucoup plus simple que l’on nous laisse croire.

Vous qui me lisez savez fort bien que je reviens souvent sur le sujet, vous pourriez vous demander pourquoi je le fais avec autant d’assiduité. Simplement pour ne pas me taire, ce qui vaudrait pour moi, une acceptation du statu quo, qui veut des fois (trop souvent peut-être) dire que ceux qui gardent le silence consentent sur l’état actuel des choses, dire que cela ne changera rien est une excuse – du moins pour moi- trop faible devant l’ampleur de la situation.

En attendant, bonne continuation

Michel – 19 février 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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