Une question de mots…

Ces mots qui nous manquent…

Des-mots-scintillants

Crédits d’image Les mots, comment les aimez-vous?

Je ne vous cache pas que les mots me manquent lorsque dans mon quotidien je suis, forcément vous aussi, inondé de messages, de communications et de promotions dans une qualité linguistique des plus médiocres. Je ne généralise pas mais il est un fait qu’une mauvaise publicité (qualité du français) fait oublier malheureusement celles qui sont bien faites…

 Et que dire des gens de médias qui  lorsqu’ils font du direct en onde, nous servent certaines inepties flagrantes dans notre langue que nous chérissons tant! Mais aussi ils ne sont pas légions mais les exceptions qui bénéficient d’un taux d’écoute important, ce qui laisse croire qu’ils sont tous pareils!

J’écoutais un commentaire  sportif sur les JO de Sotchi, le journaliste dans le feu de l’action semblait à court de mots intelligibles, pour s’en sortir d’une phrase qui tournait en spirale, il a tout simplement dit « …l’athlète a apporté son apport… » Je n’en revenais pas!!!!

Il y a quelques temps je contribuais sur un forum ou se retrouvent essentiellement éducateurs, mentors et accompagnateurs de jeunes écoliers dans leur choix de carrière. La majorité des intervenants soulevaient la très mauvaise qualité des étudiants à juste raison. Mais ce que j’aurais souhaité voir au cours de ces échanges, c’était moins les plaintes des adultes disant que les jeunes écrivent mal, font plein de fautes, ne savent pas écrire et que les solutions passaient par les bonnes vieilles méthodes qui s’appliquaient dans les classes avant l’ère des communications électroniques et virtuelles.

Ceci me paraissait aussi grave que les lacunes linguistiques, que de voir certains intervenants préconiser un retour à  l’usage de méthodes d’une époque que les gens d’aujourd’hui n’ont pas connue. Avouons aussi que ces méthodes ne cadrent plus avec les outils qui sont à notre disposition aujourd’hui. Pourquoi ne pas utiliser les outils d’aujourd’hui pour trouver des solutions possible.

 Notre vocabulaire s’appauvrit, nous manquons de mots, et pourtant la langue française est d’une telle richesse quant aux subtilités qui peuvent exprimer une idée.

Nous sommes confrontés à ce phénomène tous les jours, dans nos milieux d’activités respectives, dans nos communications et disons-le tout simplement, nous rédigeons souvent nos textes comme si nous les parlions en supposant permises les tolérances linguistiques du verbal pour l’écrit!

Nous cherchons dans notre pauvreté de vocabulaire de contourner les exigences de notre langue en inventant des mots, en en créant de nouveaux adverbes ou en piochant çà et là des mots trop recherchés dans une phrase simple. Le résultat est encore plus désolant car il fait vraiment pitié voire dérisoire.

Une anedocte, en passant. Une publicité de voiture passe sur les chaines de télévision durant les temps d’écoute les plus importants. La version française vante les mérite de l’automobile, de son fabriquant, mais s’adresse au consommateur en présumant des choses que le consommateur – conducteur deviendrait s’il achetait le véhicule, et puis le coup culminant en parlant de « prendre la route… » le message – en français s’il vous plait – dit : « … Battre la route… » (cette perle vient bien entendu de la traduction littérale de l’anglais « Hit the road » qui veut dire « Prendre la route »… La première fois j’ai éclaté de rire, mais les autres fois je changeais de chaine le temps que cette ineptie finisse! La morale tragi-comique voudra que certaines personnes écoutant ce message en français vont naturellement utiliser l’expression « battre la route »… ce sera encore une occasion d’appauvrissement de vocabulaire.

Qui a raison et qui a tort? Sincèrement personne et tout le monde! L’on pourra accuser l’émergence des technologies en communication, accuser les jeunes de ne pas se concentrer avec soin à leurs études de la langue et de la grammaire comme ils le font avec les jeux électroniques… Cela est une excuse fort simpliste à mon avis.

Enrichir son vocabulaire n’est pas une simple mémorisation des règles de grammaire. Les règles existent pour nous permettre d’améliorer la communication de nos idées et pas nécessairement l’inverse.

Si nous nous demandons quelle serait la solution, je crois que la réponse serait beaucoup plus simple que nous l’imaginerions.
La lecture est une activité en voie de disparition, et pourtant lire aujourd’hui est possible pour tous. Livres papiers, livres électroniques, les choix ne manquent pas.

Acquérir un vocabulaire et l’enrichir n’est pas une question de recette ou de formule que l’on applique. La curiosité, le goût d’en savoir plus, la découverte du sens d’un mot et l’ajouter dans son dictionnaire mental, la recherche du comment et du pourquoi. Lire ne veut pas dire lire des choses ennuyeuses et ennuyantes. Combien de gens voyez-vous lire autre que dans le bus ou le métro? Combien de personnes lisent en regardant les colonnes de textes du quotidien gratuit offert aux stations du métro. Enrichir son vocabulaire c’est lire quelque chose de plaisant, d’amusant, d’accrocheur. Nous savons bien que la presse virtuelle et écrite ne se plait qu’à nous déverser du sensationnel souvent négatif : catastrophes attentats, guerres, morts, violences… Saviez-vous que lire une Bande dessinée est aussi important que de suivre 1 ou 2 heures d’un cours de grammaire? Nous parlons ici de BD de qualité bien entendu, les grands classiques. Un livre de science-fiction, de romance, d’aventure. Les choix ne manquent pas.

La qualité et le niveau de mon vocabulaire n’est nul autre que ma responsabilité. Si j’ai un vocabulaire riche de mots (que je comprends bien entendu) c’est parce que je fais l’effort d’en acquérir de nouveaux mots un peu plus chaque fois, ceci me mènerait à mieux apprécier la règle grammaticale qui me dirait comment utiliser un tel mot au lieu d’un autre. Je ne crois pas que la mémorisation inintelligible des règles permettrait aujourd’hui de permettre aux personnes d’aujourd’hui d’avoir un meilleur vocabulaire, mais bien l’inverse. Motiver par la curiosité, c’est permettre –je l’espère- le sentiment de vouloir s’impliquer, et ce faisant assurer une continuité soutenue de l’enrichissement de notre vocabulaire (je n’ai pas utilisé le mot tendance : durabilité, mais le sens de « continuité soutenue » en disait le sens).

Alors peut-on cesser de créer des mots faciles parce que nous n’osons plus apprendre les mots les plus naturels de notre langue française?

Bonne fin de semaine, ou bon week-end (C’est comme vous voulez 😉 )

Michel – 22 février 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

2 réflexions sur « Une question de mots… »

  1. « … Acquérir un vocabulaire et l’enrichir n’est pas une question de recette ou de formule que l’on applique. La curiosité, le goût d’en savoir plus, la découverte du sens d’un mot et l’ajouter dans son dictionnaire mental, la recherche du comment et du pourquoi. »

    Oh combien vous avez raison mon cher Michel. Ce que tout le monde ignore, parce qu’on ne le leur a jamais dit ni à l’école ni ailleurs, … ce que tout le monde ignore c’est que la langue (n’importe quelle langue) que nous utilisons pour communiquer est avant tout l’organisation du système symbolique qui nous sert à penser. J’ai eu la très grande chance de croiser le chemin d’un maître qui m’a inculqué la curiosité pour l’étymologie. Ah, le plaisir de savoir ce que signifient les mots. En fait le plaisir de connaître le sens des idées transportées par les mots, les amener à leur niveau le plus abstrait et être capable d’ainsi conceptualiser la vie pour lui donner du Sens. C’est ça penser.

    Je vous remercie d’en avoir parlé ici.

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    1. Vous décrivez si bien ce que l’on ignore ou que l’on semble vouloir irgnorer.
      Si je peux remercier mes parents c’est pour tant de belles choses qu’ils m’ont assurées, mais il en est une qui n’aura jamais son pareil: le goût de la curiosité, le goût des voyages dans une revue, dans un livre dans un révit, un conte, une bande dessinée…
      Ils m’ont comme tout parent fait comprendre à travers certains codes de vie mes limites et les choses permises des non-permises, mais ne m’ont jamais interdit de satisfaire ma soif de curiosité. Eux, fort heureusement croyaient à la magie des mots, de leurs sens et de leur attrait sur l’esprit.

      Je vous remercie d’être venue sur ces pages.

      J'aime

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