Coach ou mentor…

Il arrive que certaines personnes publient des articles à propos de leurs rôles de coach ou de mentor. Cela attire mon attention, mais aussitôt les premières lignes lues, je me demande souvent si ce que je lis n’est qu’un étalage égocentrique de ce que l’on prétend être, voire des fois confondre l’un pour l’autre, et souvent ignorer (involontairement) le sens des termes.

SI un mentor est une question de vécu, donc d’un certain recul et que le coach est une personne d’expérience dans un domaine particulier, la nuance entre les deux est souvent mince et subtile. SI l’un est une affaire de connaissances et d’expertise (Coach), et que l’autre est une question de vécu de sa propre expérience, de ses propres leçons apprises, il n’en demeure pas moins que les deux sont intimement liés autour des personnes auprès de qui on est appelé à agir, SI un coach est désigné, le mentor est quant à lui choisi par la personne… En bout de ligne chacun agit et interagit avec d’autres personnes. Fort heureusement il n’y a pas de formules, de procédures ou de recettes magiques qui garantissent le succès de l’un comme de l’autre. Tout est une question de personne, tout simplement!

Au cours de ces 15 dernières années, j’ai eu l’occasion (privilégiée) d’agir comme coach et comme mentor. Animé de mon enthousiasme qui m’est propre je me suis engagé sur cette voie, en voulant changer les choses, transformer le monde en quelques sortes. J’avoue que ma première expérience ne fut pas très concluante, voire même je me suis rendu compte qu’au cours de mes contacts avec les personnes visées, que j’avais réussi à tout simplement les effrayer (disons les écœurer …). Je ne faisais que confondre les deux rôles, passant de l’un à l’autre selon mes perceptions… Je ne faisais que projeter ma personnalité là où la personne avait besoin d’éclaircissement et non pas de mes histoires à succès!

Ma première leçon d’apprentissage me fut offerte lorsque j’ai rejoint Academos pour une expérience de Cyber-mentorat. Cette activité, bénévole, avait pour but d’être une présence auprès de jeunes scolaires ou d’étudiants au collégial afin de parler de carrière, de métier. Toutes ces activités se faisant virtuellement par l’entremise de la plateforme de l’organisation Academos.

En lisant les informations et les recommandations que les mentors se devaient de lire, je compris que mon rôle n’était pas de changer la vie des personnes, n’était pas de leur dire quoi faire et quoi choisir pour leur carrière, mais plus leur parler de mon vécu (bien entendu dans le domaine de ma spécialisation), de ce qui me passionnait dans mon métier, mon cheminement. En quelques sortes s’ouvrir à l’écoute du mentoré sans l’influencer!

Avez-vous jamais essayé de partager votre passion pour un domaine donné sans essayer d’influencer ? Ce n’est pas si facile, surtout quand on vous regarde comme la personne expérimentée qui a son vécu. Ceci représente une certaine autorité morale et mentale dont il faut user avec beaucoup de précautions!

J’avoue en avoir appris tellement durant les 10 années passées, au cours des contacts auprès des jeunes qui m’adressaient leurs questions, parfois se suffisaient d’un seul échange, d’autres qui maintenaient le contact durant un an ou deux!

Quant au coaching, j’eus l’occasion d’en apprendre les rudiments et de vivre une expérience très gratifiante sur le plan humain et bien entendu professionnel.

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Crédits d’image: CONMOTOFEST

En 2007, ma direction m’avait confié la responsabilité d’une équipe, nous devions utiliser une nouvelle technologie, une nouvelle approche de travail mais surtout avoir l’adhésion et l’engagement des personnes qui seraient touchées par ces changements. J’avoue que je n’avais jamais suivi de formation, n’avais jamais lu ou consulté références, sites ou autres… Je me sentais projeté dans cette nouvelle réalité tout d’un coup! (Je ne regrette rien bien au contraire, je suis reconnaissant aux circonstances et à mon directeur de ce temps de m’avoir permis de vivre une expérience unique). Un jour alors que nous discutions d’évaluation de l’année écoulée, il me dit « Je ne te cache pas que tu as un système de gestion peu conventionnel, mais cela fonctionne bien! ». Venant de sa part c’était tout dire!

Je pouvais m’inspirer des autres gestionnaires autour de moi pour gérer l’équipe, mais me connaissant je savais que cela ne fonctionnerait pas vraiment bien, ceci dit sans diminuer la valeur de mes autres collègues gestionnaires. Mes collègues et équipières avaient en premier droit au respect, à la valorisation de leur savoir et s’attendaient que je leur montre la nature du travail à faire. Ce ne pouvaient être des directives, des réunions, des rapports et des suivis d’avancement uniquement, dailleurs je pense que ces tâches incombent au gestionnaire, nul besoin de faire vivre son équipe si en tant que gestionnaire je n’ai pas prévu le temps pour ceci!

Oui j’avais un rôle de gestionnaire face à la direction, oui j’avais des responsabilités tant de productivité, de suivis et autres, par contre au sein de notre équipe nous avions adopté l’approche voulant que tout membre de l’équipe devrait en savoir autant que tous les autres réunis. Je crois que j’ai opté à ce moment-là de me mettre dans un rôle de coach, leur montrer et transmettre tout mon savoir (il faut dire que j’en savait un peu plus sur les technologies utilisées à cette époque). AU bout d’un certain temps je constatais que l’expertise se construisait, mais aussi l’autonomie de la plupart des tâches était acquise. Une de mes collègues d’équipe s’étonnait du fait que je transmettais tout ce que je savais, cela me faisait sourire, mais au fond je comprenais sa réaction, aujourd’hui je sais qu’elle a compris!

Cette aventure a duré quelques 4 ou 5 ans, ce fut une étape importante dans ma vie professionnelle, la preuve je vous en parle aujourd’hui!

SI je me permets de tirer une leçon de tout ceci, c’est d’avoir compris que Mentor ou Coach, c’est toute une question de personnes, de respect, du partage d’un certain savoir mais aussi de la passion de ce que l’on aime faire dans la vie professionnelle. Être l’un ou l’autre ne nous donne aucun pouvoir sur les autres, mais plus d’être au service de ces derniers. Seule une attitude humaine peut changer et faire changer…

Nos systèmes d’éducation, quels qu’ils soient, méritent bien aussi d’adopter cette culture, vous ne trouvez pas?

Bonne journée,

Michel – 21 août, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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