Un retour sur l’investissement, oui, mais!

Dans le monde des affaires il est pratique courante, voire essentielle, de procéder à des analyses (toujours des analyses!) du fameux retour sur l’investissement (le fameux ROI ou Return on investment).

Il en est de même dans le domaine de l’éducation, si pour les uns c’est un calcul de profitabilité financière il en est autrement pour l’éducation.

Une éducation saine, voudrait s’assurer que l’investissement en ressources, budgets, et autres puisse garantir en bout de ligne des apprenants ayant reçu savoir et connaissances leur permettant de passer au niveau suivant ou qu’à la fin de leur cycle d’apprentissage, ces personnes soient aptes d’aller sur le marché du travail.

Jusqu’ici rien de nouveau, vous me diriez. Nous savons aussi qu’il arrive certaines situations qui n’apportent pas tout ce que les spécialistes, les analystes et le flair des preneurs de décisions auraient apporté pour la réussite d’un projet commercial, industriel mais aussi éducationnel.

ROI Return on Investment Slot Machine Wheels
Crédits d’image: The ROI of Social Media

Une fois la désillusion installée, le constat d’un succès mitigé, l’on s’affaire à trouver les causes (voire le ou les responsables), cela se définit au cours des post-mortem, des leçons apprises, etc. Au besoin on fait appel à un spécialiste (encore un!) pour définir les raisons, les causes mais aussi pour proposer une nouvelle approche méthodologique! Cela fonctionne des fois, mais il y a toujours ce petit « mais », qui maintient dans un état d’insatisfaction (quasi-chronique) les investisseurs qui en demandent plus!

Il en est de même pour l’Éducation, l’investisseur, le ministère et son organisation qui pour « rentabiliser les choses » vont user d’une nouvelle paire de ciseaux pour faire des coupes incisives là où l’on s’attend le moins!

Ce que le monde des affaires autant que celui de l’éducation ont peut-être oublié serait tant les consommateurs que les apprenants! On les oublie souvent, au détriment des données statistiques, démographiques, taux et ratios, alors que la part manquante dans cette équation aura été de les rencontrer, de leur parler avant mais aussi après le lancement d’un projet commercial, d’un programme d’éducation! Ah, oui et pourquoi donc? Et bien simplement pour s’assurer qu’en parallèle du fameux retour sur l’investissement il soit possible de mesurer le retour sur les attentes (ROE, Return on expectations)…

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Crédits d’image : Knowledge(c) Direct

Le maillon manquant je dirai, qui est souvent pris pour acquis car considérant les personnes uniquement et ce, à travers le regard, froid, des données et des analyses. Il en va de même pour les apprenants dans leur ensemble. L’on théorise (le mot en lui-même est assez inquiétant) une stratégie basée sur les chiffres, les taux de réussite ou d’échec selon ce que l’on veut en faire : se féliciter ou réduire les budgets (monde de l’éducation), le personnel (monde des affaires).

La mesure des retours sur les attentes complémenterait les analyses du retour sur l’investissement et procureraient aux organisations une idée plus réelle des enjeux, des améliorations à planifier.

Si le seul but d’une entreprise est de satisfaire ses actionnaires et celui d’une institution scolaire de « rentrer dans les budgets », la solution est bien au-delà des calculs, des tableurs et des beaux graphiques, la solution serait incomplète sans les personnes qui font plus que jamais partie de l’équation!

Bonne journée et bon retour sur vos attentes.

Michel – 28 août, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

2 réflexions sur « Un retour sur l’investissement, oui, mais! »

  1. Encore un sujet qui me parle particulièrement! De mon expérience, limitée au milieu des association d’éducation aux sciences, le développement de nos activités est totalement assujetti aux recherches de financement. Un projet sur le long terme? Un approfondissement de notre connaissance du public et de notre pratique pédagogique? Impossible! Le retour sur investissement, c’est maintenant et à coup de chiffres vides de sens car ne reflétant absolument pas la qualité des échanges mais bien la quantité de personnes touchées par nos activités. Les financements sont sur un an voir sur deux ans. De plus en plus les associations s’appuient sur les CAE (contrat aidés par l’état) d’une durée de deux ans maximum pour recruter des employés qui, de toute façon, n’ont que peu de chances de s’investirent quand leurs actions sont sans cesse fractionnées et vidées de leur sens au nom de contraintes budgétaires… Un cycle sans fin à ce qu’il semble, qui demande une sacrée force de persuasion et de volonté de la part des structures pour s’en détacher et accomplir son rôle social, tout simplement.

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    1. Entièrement d’accord avec toi sur le constat et la situation complexe que les modes de pensées actuels imposent aux personnes qui agissent dans les domaines de la profitabilité…
      Je n’ai pas l’ambition de changer le monde tout seul, c’est plus une question de semer les éléments qui feront que les générations de la relève n’embarque pas dans ce continuum de l’ordre de pensée bien établi auquel toute digression est durement réprimée, ignorée ou infantilisée.
      À mon avis cela passe par le savoir et l’éducation. Le terme « durabilité » est malheureusement exploité par des personnes qui n’ont rien compris, mais l’usent pour se donner bonne conscience, sinon c’est le fameux « business as usual »
      Je consulte régulièrement les forums qui parlent d’éducation, de nouvelles pratiques d’affaires. C’est un triste constat de voir que ceux qui ont plusieurs toujours eu une place privilégiée sur les tribunes publiques, ceux qui ont la maitrise des termes recherchés qui font office d’autorité.
      Je ne lève pas les bras, ces choses me motivent de rester fidèle à mes convictions, sachant ce que cela pourrait me coûter aussi 😉

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