La Culture du Savoir, cela commence bien sur les bancs d’école.

De plus en plus d’entreprises réalisent le danger de la perte du savoir et d’expertise lors du départ à la retraite de leurs employés seniors et expérimentés.

Ces entreprises dépensent des fortunes pour retenir ce savoir en adoptant des mécanismes et des processus dans le but de capturer cette denrée rare. L’on parle d’entrevues ethnographiques, d’Élicitation et autres approches « soft » pour capturer toutes les connaissances possibles. Encore faut-il que ce savoir soit critique et essentiel pour l’entreprise et non pas une collecte des « bonnes vieilles habitudes » des personnes en question!

L’on constate, souvent, que cette approche offre des résultats forts mitigés en ce qui a trait de telles initiatives. Les choses étant reliées au principe de profitabilité, les bailleurs de fonds sont parfois réticents de répéter une telle expérience et se contentent de stocker des tonnes virtuelles de données sur les réseaux, nuages et autres « Éden » d’archives. Mais qu’en est-il de la vraie « usabilité » (je vous prie de me permettre ce mot qui n’existe pas en français, du moins pour l’instant) de cette information?

school symbol form of a tree
Crédits d’image : MIDA (c)  

Une des raisons principales de ces constats c’est d’oublier que la gestion des connaissances (du savoir) est une question de personnes. Deux personnes qui se croisent, qu’importe le moyen utilisé, qui se parlent, qui échangent, qui communiquent ce que le cerveau n’aura jamais écrit sur un document!

80% de notre savoir réside dans notre cerveau, les 20% restants sont confinés sur des documents et stockés sur des réseaux qui tombent souvent dans l’oubli.

SI les gens ne communiquent pas entre eux, le vrai savoir ne saurait exister, un savoir manquant provoquerait immanquablement la réinvention de la roue pour chaque projet, pour chaque études, pour chaque mise en production de solutions ou de produits dans le monde des affaires, j’ajouterai en éducation aussi et surtout!

Et si c’était? J’aime bien poser cette question (je me la pose souvent lorsque je suis confronté à des défis de créativité ou de besoins de solutions « autres » que celles déjà connues qui n’accrochent plus). Et si cette culture pouvait faire partie des premières années d’études pour les écoliers, il serait naturel que cette notion les accompagne au collégial et bien entendu à l’université. Quoi de plus souhaitable que cette éducation au savoir, devienne une normalité dans les cultures d’entreprises par la suite, surtout après l’embauche de personnes éduquées en ce sens?

Sans vouloir décevoir les dirigeants d’entreprise, j’estime que la vraie culture d’entreprise ce sont les personnes qui la font! Les employés lors de leurs contributions aux projets et à la profitabilité ou au renom de leur employeur, les employés sont ceux qui construisent cette culture, geste après geste, personne après personne. Il est normal que l’entreprise en reçoive le crédit, mais il est normal aussi que cette situation crée une loyauté dans les deux sens! L’on devient fier de rester chez son employeur non seulement pour un salaire, mais pour le sentiment d’appartenance et la fierté d’avoir contribué à la réussite d’une réalisation! Cela aussi fait partie du savoir d’entreprise, vous ne trouvez pas? Moi, oui!

L’étendue de la culture du savoir et des connaissances va au-delà des cours suivis en classe, elle est en fait l’aboutissement concret de la mise en pratique (parlons de la découverte) des acquis académiques. C’est plus que les activités parascolaires, ou les sorties au musée, oui il est vrai que tout cela est très profitable, mais il y a toujours l’enseignant qui prodigue le savoir, les élèves suivent et prennent des photos! La mise en pratique c’est aussi l’observation et la réaction comportementale face tant aux acquis en classe que la situation sur le terrain. Ces deux situations se complètent lorsqu’une personne en parle à une autre sur ce qu’elle a vu, mais aussi confirme que ce qui a été dit en classe est réel et donc tangible. Cette relation incite au dialogue pour commencer, mais au désir de reprendre l’exercice une prochaine fois, l’enseignant sera mis au cours par les élèves, ceci se faisant spontanément, signe du dégagement de la hiérarchie existant entre le maitre et ses élèves! Acquérir librement des réflexes de partager un savoir permettrait la croissance de ce savoir non plus pour l’individu mais pour une collectivité de personnes que ce soit l’école et plus tard avec les collègues de bureau.

Développer le sens du savoir chez les personnes est une décision de libre-choix, pour en faire un, il est besoin parfois de prêcher par l’exemple, trouver un facteur de motivation, laisser ensuite cette notion faire son chemin et répondre présent lorsque les personnes demandent à en savoir un peu plus. Je dirai sans détour que c’est une culturation humaine et altruiste pour le bien de l’individu autant que pour le groupe auquel il appartient.

Miser assez tôt sur la culture du savoir en éducation pourrait engendrer toute une nouvelle dynamique du regard sur l’éducation, la pédagogie, le contenu des cours, et aura assurément des effets bénéfiques dans le monde du travail en temps voulu. Miser sur le futur d’une telle manière de faire et d’être n’est pas un pari à long terme. SI l’on calcule combien faut-il à un jeune enfant, nanti d’une telle culture, pour atteindre, le monde de l’emploi, on se rendra compte qu’il ne se passerait pas plus de 20 ans pour voir les changements s’opérer grâce à ces nouveaux citoyens du savoir partagé.

Une ville, une nation, un continent, le genre humain ne méritent-ils pas cet investissement si abordable? L’on parle des Web 1.0, et 3.0, d’une éducation 2.0, 3.0 etc. Il serait grand temps de cesser la numérotation séquentielle et commencer de parler de l’être humain en premier tout simplement! Il sera toujours le temps de reprendre les chiffres une fois cette culture devenue réalité un jour!

Bonne soirée.

Michel – 10, septembre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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