Notre héritage, un gage du futur que nous léguons !

Si l’on posait la question suivante, à des professionnels de la nouvelle génération dans le domaine de l’éducation moderne et virtuelle (les concepteurs pédagogiques, les développeurs de cours, experts en formation à distance, les classes modernes, etc.) que représenteraient pour eux ces noms : Platon, Denis Diderot, Michel de Montaigne, Jean-Jacques Rousseau, Corneille, Racine, Jean Piaget, Kant, et tant d’autres, s’ils ont une idée des œuvres qu’ils nous ont léguées jusqu’ici.

Il y a de fortes chances que la réponse se limiterait à ce que ces personnes se seraient illustrées par leurs œuvres littéraires ou philosophiques, et pour d’autres ce serait ne pas savoir du tout ce que ces personnes auraient fait pour être citées dans les encyclopédies ou références du savoir mondial.

Se cacher de son passé
Crédits d’image : Blogue de Paul Barford

Il n’y a rien d’étonnant à cela, car pour la grande majorité, c’est ainsi que ces personnalités furent présentées et reconnues dans les classes d’écoles. Et pourtant si l’on pense aujourd’hui théories de l’éducation, techniques et stratégies pédagogiques, voire-même ingénierie de l’éducation et j’en passe, ces personnages ont tous traité du domaine de leur expertise : l’éducation!

Je n’aime pas ressasser le passé (J’aimerai dire plutôt « Il faut cesser de recycler le passé ») mais l’on ne peut prétendre aujourd’hui à cette expertise extraordinaire sans un regard reconnaissant sur ces êtres remarquables qui nous ont ouvert la voie à cette maturation de la pensée éducative.

Si l’oubli est normal, le constat des réalités d’aujourd’hui est moins reluisant. De plus en plus d’experts amalgament leur art aux technologies, les faisant devenir un acquis profondément incrusté dans les habitudes quotidiennes. Nous connaissons tous la marque de papiers mouchoirs qui a popularisé le nom commercial à l’objet, même si la marque était différente et concurrente, il en va de même pour la fameuse boisson gazeuse, aujourd’hui il en va de même pour les tablettes, une seule marque qui dit l’outil, cela devient une intégration tacite et tellement heureuse pour le manufacturier de ladite maque!

Je lisais sur le site Wikipédia un fait étonnant, aucun innovateur en pédagogie, en éducation ne s’est prévalu d’une marque commerciale d’un outil quelconque pour apporter, innover et faire évoluer la science de l’enseignement, mais aussi que l’émergence de personnes s’étant illustrées dans le domaine de la pédagogie moderne a diminué avec l’avènement de l’ère de l’informatique et des nouvelles technologies !

Nous abandonnons aux outils le soin d’imaginer que nous innovons ou améliorons le statut de l’éducation ! Nous sommes bien loin, hélas, de la vraie réalité. Les outils sont là et évoluent ceci est fort heureux mais les outils ne sont pas à vocation humaine ou altruiste, les manufacturiers entendent bien nous faire acheter leurs produits et devoir continuer d’en acheter aussitôt qu’un nouveau modèle doit sortir sur le marché. Étonnamment ces sorties coïncident avec la rentrée scolaire, la période des fêtes de fin d’années, brefs de quoi nous aliéner toujours plus à cette accoutumance du parfait consommateur.

Mais qu’en est-il de la valeur éducative de ces outils ? Elle y est si et uniquement si le concepteur éducatif aura mis en pratique la pensée qui parle et qui éduque, sinon ce ne seraient qu’une liste de gadgets que l’on nous persuade être utilitaires et importants dans notre existence !

Je n’ai rien contre l’innovation des technologies, j’ai le plus grand respect pour ces g/nies des temps modernes qui ont tant apporté au monde de par leurs inventions et la mise en application en particulier dans le domaine des technologies, mais je refuserai de leur abandonner la faculté d’apporter cette touche essentielle qui maintient la personne au cœur de toute solution, spécialement dans le monde de l’éducation. Lorsque je coachais de jeunes diplômés en conception pédagogique, je leur proposais un défi : celui de créer un module de formation au moyen de quelques feuilles de papier, des marqueurs de couleur, une paire de ciseaux et du papier-collant ! Le message était passé !

Il est fort regrettable de constater que nous ne créons plus l’histoire à venir, nous ne laissons aucune référence d’une vraie pédagogie, nous sommes toujours ou souvent à mettre en valeur les innovateurs en technologies alors que la pensée utile pour le bien des personnes et leur acquisition du savoir est passée comme pas nécessaire, la banalisation de l’effort individuel et l’adhésion à tout ce qui est plus rapide pour être « plus productif ! »

N’ayons pas peur d’affirmer notre génie humain, c’est une occasion pour faire preuve de créativité, or il semble que cette dernière n’est plus en vogue de nos jours on lui préfère une sorte d’innovation qui nécessite aucun effort de pensée, sauf celui de toujours plus dépenser !

Michel – 16 octobre, 2014

 

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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