Nous sommes tous étiquetés !

Nous ne passons pas une seule journée sans communiquer avec du monde quel que soit le mode de communication. Nous croisons du monde, des personnes, des gens que nous connaissons, ou pas du tout, nous sommes munis des meilleures intentions sociales, d’ouverture d’esprit, d’acceptation, et pourtant plus la journée avance plus la fatigue nous prend et plus nous étiquetons les gens qui nous dérangent, nous fatiguent, nous énervent ou qui nous tapent sur les nerfs. Les sympathiques, les moins sympathiques, en tout cas nous nous comportons en vrais humains dans une société qui nous mène de plus en plus à la baguette de plus toujours plus, productivité, quantité, performance, rentabilité, etc. bon j’ai passé mon message sur la vie d’aujourd’hui, mais revenons à l’étiquetage… Nous avons un problème d’étiquetage quand il s’agit de parler des personnes quant à leur état de santé. C’est cela qui m’agace, qui me fâche des fois. c’est l’usage de cette « rectitude » (le fameux politically correct) que l’on fait pour dire qu’un aveugle est un non voyant, qu’un vieux est un aîné, mais aussi lorsqu’il s’agit des personnes en difficultés comportementales ou d’apprentissages alors là les étiquettes sont quasi instantanées : il ou elle est ADD, Autiste, Dyslexique, et j’en passe… L’étiquetage moderne nous vient aussi des nouvelles technologies les fameux « Tag ». On tague tout et tout le monde, on s’en vante et on redemande.

J’ai rarement lu (mais les exceptions sont quand même présente) l’expression c’est un enfant qui présente certaines difficultés d’apprentissage, ou cette personne souffre de tel ou autre maladie. Vous me direz que j’exagère et que la vie est ainsi faite, et que l’on devrait dire les choses telles quelles! Peut-être, quoique si l’on doit se comporter de la sorte cessons alors de nous baigner dans un bouillon de fausse politesse. C’est dans la pensée et dans les émotions qui nous sont propres que nous devrions changer et non dans la simple attitude du « bien paraître »

Est-ce que nous nous sommes jamais imaginés ce que peuvent ressentir les personnes que nous affublons d’étiquetage? Je me demande si l’on pouvait se mettre dans les souliers de ces personnes et passer une seule journée dans leur vécu?

J’ai vu avec plaisir qu’une .mission sur Radio Canada, présentait le parcours d’une personne dite bien-portante, qui a voulu tenter l’expérience de vivre durant 20 jours la vie d’une personne sur fauteuil roulant, vivant le quotidien d’une personne atteinte de paraplégie des membres inférieurs. 20 jours! Ceci me rappelait l’expérience vécue il y a un peu moins de 40 ans, alors que je travaillais auprès de personnes dans des conditions identiques, nous avions reçu la visite de Patrick Segal auteur de « L’homme qui marchait dans sa tête » (Si le sujet vous intéresse vous pouvez aller en lire plus à propos de l’auteur sur Wikipédia ©). Ce dernier avait réuni toute l’équipe pour une mise en situation, il nous fit un très court discours et tout de suite nous assignait un fauteuil roulant, pour y passer une journée entière. Il nous fallait ne pas nous libérer (nous étions solidement sanglés) et nous débrouiller dans les tâches quotidiennes, tel ouvrir une porte, se servir des robinets pour se laver les mains, prendre son plat vers la table et le ramener, ceci sans parler d’autres tâches plus personnelles… En fin de journée mon regard envers les personnes dont je prenais soin avait changé totalement, ce n’était plus un élan de simple compassion, mais une certaine fierté d’avoir passé une journée dans leurs souliers (je ne fais aucun jeu de mots tordus!)

Patrick_Segal
Crédits d’image :
L’homme qui marchait dans sa tête – (Patrick Segal – Flammarion)

Cette leçon m’est restée, je pense, pour la vie. Elle m’a accompagné dans tous les domaines de mes activités (fort nombreuses) professionnelles y compris celles de l’éducation. Avoir la possibilité d’obtenir un ou plusieurs diplômes dans un ou plusieurs domaines est quelque chose d’extraordinaire sans aucun doute, mais je pense que l’agrégation finale qui va au-delà du diplôme ultime est ce « se mettre dans les souliers » d’un enfant en difficulté d’apprentissage, d’une personne âgée en perte d’autonomie, etc.

Se mettre dans les souliers de l’autre c’est ne plus « taguer » ou « hashtaguer » dans ses propres pensés, c’est surtout s’ouvrir à l’inconnu qui ne nous ressemble pas en apparence mais qui est notre semblable en essence!

Ce serait trop facile de dédier ce billet aux personnes qui souffrent de notre ignorance de leur état profond, je nous l’offre surtout à nous qui avons tellement besoin d’apprendre que l’attitude est une question d’honnêteté profonde et vraiment vraie!

Laissons l’étiquetage aux denrées comestibles, nous avons bien mieux à faire pour nous valoriser en tant que personnes!

 Michel – 21 octobre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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