Notre éducation manque d’imaginaire !

Je pense que nous sommes nombreux qui, au cours de notre enfance, avons pris un réel plaisir de nous assoir et d’avoir attendu impatiemment ce moment magique, celui du conte ou de l’histoire avant d’aller au lit.

Je me souviens d’un conte en particulier, celui du bonhomme de neige (The Snowman de Raymond Briggs) me tenait accroché littéralement au son de la voix de la personne qui me le racontait. Je ne voulais pas imaginer que ce moment puisse s’arrêter avant d’en connaitre la fin.

Dans les années 80, ce conte fut réalisé en dessin animé et diffusé à la télévision, plus particulièrement durant le temps de Noel. Nous regardions un programme pour enfants, ma fille ainée et moi, lorsque ce court métrage passait.

Bonhomme de neige_RBriggs
Crédits d’image : Raymond Briggs

Si je vivais de nouveau ces moments gravés dans a mémoire depuis mon enfance, j’observais le visage de ma fille qui suivait chaque instant de cette histoire, exprimant en silence ses propres émotions (il est à noter que ce dessin animé ne contient aucun dialogue, les animations et la musique suffisaient pour captiver l’attention…). Lorsque le petit enfant a voulu ben faire en amenant son bonhomme de neige dans sa maison voulant le protéger du froid de l’hiver, ma fille eut la réaction immédiate de lui dire de ne pas le faire car le bonhomme allait fondre et rendrait triste le petit garçon!

J’avais compris l’immense pouvoir de l’imaginaire dans le réel de la vie d’une personne : exprimer ses émotions! Cet évènement est resté présent en moi, comme pour me rappeler un jour la valeur de cette émotion mais aussi la mienne alors que j’avais son âge.

Bien des années plus tard alors que je développais des programmes de formation aux adultes, je notais que les cours donnés en salle de formation étaient arides et trop impersonnels. Le style du langage utilisé, les exemples pour les exercices, ceci m’était confirmé par l’expression du visage des personnes au sortir d’une journée de cours : un soulagement! Je trouvais un peu décevantes ces réactions surtout sachant combien mes collègues et moi avions mis d’efforts et de motivations pour « livrer un bon cours ». J’ai finalement compris la raison, en assistant moi-même à l’un de ces cours que nous avions développé. Au bout d’une petite heure, je ne tenais plus en place, je m’endormais, je ne voyais rien dans le cours qui puisse me servir… bref le rendez-vous pédagogique était manqué!

Le cours manquait de réalisme humain. Je sais que l’expression est particulière, en fait tous les cours sont de qualité si l’on considère les efforts et le sérieux mis pour les créer, mais est-ce qu’ils répondent aux réalités des personnes qui les suivent ? Je me permettrai d’en douter. Nous avons beau être rationnels, logiques, méthodiques (la pensée linéaire pour certains) il n’en demeure pas moins que nous nous attendons à un certain réalisme dans notre collecte du savoir. Susciter une émotion fait partie aussi de notre condition d’humains, que nous l’exprimions ou la refoulions, elle est bien présente, même ce cher Monsieur Spock (Le Vulcain de Start Trek – amis du capitaine Kirk) connu pour son flegme légendaire a eu des moments au cours desquels il a laissé transparaitre ses émotions!

L’on se plaint souvent de notre éducation d’aujourd’hui, ses lacunes, son décalage d’avec les réalités et les besoins d’aujourd’hui. Il y a depuis un certain temps de très belles initiatives qui essaient de changer et d’améliorer les choses, mais il semble que nous tournions en rond. L’adhésion des apprenants manque au rendez-vous! Je pense qu’avec un peu de recul et la reconnaissance sincère de notre manière de pensée, nous manquons de ce réalisme de cet imaginaire de cet aspect magique que possède un conte. Rendre nos contenus plus proches de notre condition d’humains. N’ayons pas peur d’oser, oser raconter la connaissance sous forme d’histoire, une histoire qui parle du métier, de la profession, créons des mises en situations réelles à travers le monde virtuel. Cela semble en apparence « léger » comme concept pour certains, et pourtant ce qui manque aux apprenants ce sont ces points de repères qui font que tout n’est pas simplement une question de logique, d’étapes, de processus ou de procédures. Nous aimons imaginer, projeter dans l’espace de notre cerveau qui, bien malgré lui , se conforme au dictat du rationnel pur.

Apprendre, nous aurons besoin de le faire plus que jamais, apprenons au moins en ayant le plaisir de nous approprier ce savoir selon notre manière de comprendre!

Michel – 22 octobre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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