La culture du savoir 4.0 !

L’expertise se fait de plus en plus monnayer de nos jours. Ce n’est pas une nouvelle, si l’on lis les fils de nouvelles sur les réseaux sociaux, plusieurs experts trouvent des slogans d’apparence « généreuse » proposent une source de savoir (guide, rapport, étude) gratuite, mais lorsque quelqu’un veut y accéder, il faut s’inscrire à travers un formulaire et bien entendu moyennant un montant d’argent pouvoir recevoir l’information voulue.

Je n’ai rien contre le fait que le monde puisse gagner sa vie, cela est d’une évidence qui se passe de tout commentaire, mais quand une entreprise qui travaille pour la recherche de solutions ou de cures qui devraient servir à soulager le monde d’une maladie ou assurer une source d’alimentation pour des populations, veulent en tirer un profit sans limite, il me semble que l’équilibre entre besoin de faire des profits et le partage du savoir est bel et bien rompu.

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Crédits d’image : La Marchandisation du Savoir

Je n’ai jamais, personnellement, hésité de travailler afin de subvenir aux besoins de ma famille et aux miens, voulant assurer une certaine qualité de vie et de confort tout à fait légitimes, mais de là à garder le savoir que j’ai accumulé au fil des ans rien que pour moi je pense que le plus grand perdant est ce savoir qui deviendra désuet faute d’avoir pu circuler. Un savoir est une dynamique en soi, si je sais quelque chose et que cela semble être une nouveauté, il est fort probable qu’en le partageant il se trouvera quelqu’un qui reprendra cette idée et la bonifiera d’un ajout, d’une amélioration, ainsi de suite! C’est ici que nous parlerions de durabilité! Si l’on observe la nature et le cycle de vie des éléments qui la composent c’est l’exemple clair qui nous montre la solution de cette durabilité (on en parle tellement de ce fameux développement durable et de l’équilibre des ressources, mais il semble que cela s’arrête aux définitions). Il en irait de même pour l’éducation. Il est merveilleux de voir ces personnes qui consacrent tant d’années de leur vie pour étudier, faire des recherches et trouver des solutions aux besoins du genre humain. Il est malheureux de remarquer que ce savoir soit aux mains d’une minorité (souvent les bailleurs de fonds de ces recherches) qui gardent secrètes ces solutions attendant d’en faire un meilleur profit !

Chaque fois que l’on parle d’éducation c’est pour statuer que cela coûte trop cher, que les budgets (ces budgets!) ne suffisent plus ou pire que l’on sabre dans ces derniers au nom de principes d’équilibre budgétaire, de déficit zéro, peu importe les conséquences de cette vision étriquée et de ses conséquences désastreuses sur le sort des générations à venir (parlons-en de durabilité).

L’éducation devrait être, à mon avis, l’élément qui ne compterait jamais dans une balance budgétaire. Cette dernière commence dès la naissance d’un être humain et continue sans cesse passant d’une génération à une autre.

Je me ferai dire que « c’est plus compliqué que je ne le pense! » vraiment ? SI l’on compte que l’éducation est quantifiable comme les ressources industrielles ou commerciales, cela serait l’argument le plus obtus qui soit. Comment peut-on faire une telle comparaison.

Il y a bien longtemps j’ai été sollicité pour mettre sur pied un réseau de transport en commun pour une ville qui n’en avait jamais eu. Vous pouvez imaginer la motivation qui m’animait, moi simple citoyen, pouvoir apporter une telle contribution.

Une fois toutes les études terminées et le rapport final remis, je me fais demander : « combien cela nous rapporterait-il ? » Je n’en revenais pas du tout, mais vraiment pas du tout! Un service aux citoyens pour favoriser leurs déplacements, donc pour aller travailler, un service d’une telle envergure devait, selon les responsables politiques et administratifs, être rentable !

Et de surenchérir « Dans combien de temps pensez-vous que cela va générer des profits ? » Je vous laisse tirer vos propres conclusions sur la suite des choses : un projet mort-né dans le classeur axu oubliettes…

L’éducation est souvent traitée de la sorte, plus ou moins l’on s’entend.

Je ne crois ans que les technologies vont améliorer le sort de l’éducation, ni les innovations, ni les idées, ni les experts, c’est beaucoup plus simple (et compliqué!) que l’on pense : la survie de l’éducation dans son vrai sens est en nous et notre sens des valeurs qui prépare l’avenir, sauf si l’on souhaite une société du futur qui soit sous-alimentée en savoir et malade de consommationite aigue…

Vivement la culture du Savoir 4.0!

Michel – 24 octobre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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