Ce que l’on demande aux élèves…

Je lisais ce matin un article fort intéressant, écrit par Pernille Ripp, auteure et enseignante fort connue dans les milieux scolaires. D’origine Danoise, elle enseigne aux États-Unis et est à la source d’une forme de pédagogie très engagée auprès des jeunes scolaires.

Son article couvrait un sujet d’actualité qui ne s’applique pas nécessairement aux écoliers dans les classes primaires, mais – à mon avis – à toute organisation mettant en relation un enseignant et une classe, un instructeur et des apprenants, en d’autres termes tout ce qui gravite de près ou de loin aux relations entre enseignants et apprenants.

Je partage avec vous la traduction (imparfaite) de l’introduction de son article:

Avant de demander à vos élèves de faire quelque chose, posez-vous la question si vous le feriez de votre plein gré, si votre réponse est non, alors ne vous attendez pas  à ce que vos élèves le fassent aussi! (Pernill Ripp – v.o. anglaise)

Je trouvais la citation fort pertinente, car l’enseignant représente à plusieurs égards le modèle auquel les apprenants s’identifient.

00 en classe
Crédits d’image: CestFranc (Blogue de l’APFV)

L’auteure couvre dans son article plusieurs points, qui m’ont sincèrement rappelés mes premières classes, mes premières consignes, mes premières incompréhensions et mes premiers sentiments d’injustice face à certaines demandes de la part de la plupart de mes professeurs.

Je ne fais aucune promotion d’insubordination ou de rejet des règles de vie d’une collectivité, la classe en l’occurrence dans cet exemple.

 Les règlements existent pour dernier recours et non pas pour les mettre en première ligne avant d’user du fameux gros bon sens. Quel que soit l’âge de la personne, il existe un moyen (une pédagogie dirions-nous ?) qui considère l’écolier ou l’apprenant comme co-responsable d’une règle de vie commune. Si nous, en tant qu’éducateurs avons la responsabilité de couvrir la matière, ce ne sont pas les règlements rigides qui nous permettrons de réussir notre mandat !

Je pense que l’école ou la salle de formation sont des lieux privilégiés pour permettre à la classe de se rappeler que nous sommes tous des personnes dignes du respect, mais tenus à nous engager au respect de nos limites et de la présence des autres.

Durant mes classes, j’avais souvent des adultes, car je m’occupais le plus souvent de formation professionnelle, j’avais à m’assurer que le cadre d’apprentissage permettrait d’éviter toutes sortes de conflits ou de situations désagréables pour l’ensemble des présents.

Il m’était facile de passer les consignes de la direction du centre de formation, fort directes et un semblant autoritaire cela n’aurait fait que pousser certaines personnes à défier les règles et faire le contraire.

Mes plus grandes batailles furent celles du besoin de mettre en sourdine les téléphones cellulaires. Que de fois je me faisais dire « Moi, il n’est pas question que j’éteigne mon cellulaire, que cela plaise ou non! » Cela commençait bien une journée de formation !

Il m’aurait été facile d’informer la direction, mais je trouvais que cela me rappelait les années d’école lorsque le professeur nous envoyait chez le proviseur ou l’inspecteur ! Cela ne m’a jamais appris quoique ce soit sinon de toujours vouloir défier le professeur, le système et la direction. Vous imaginez les conséquences !

Pour la petite histoire du téléphone cellulaire j’avoue que je fus chanceux de trouver une certaine inspiration d’un compromis qui en définitive était satisfaisant pour toute la classe. Par la suite je prêchais par l’exemple en éteignant mon appareil devant tout le monde et le déposait dans un panier jusqu’à la première pause de la journée, cela amusait les personnes qui par la suite faisaient pareil!

Je ne sais pas qui a dit ces mots: « Quel que soit l’âge d’une personne, une fois assise sur un banc de classe, elle redevient l’élève dans toute sa dimension! » Je trouve ces paroles tellement vraies !

Au delà de la vie de famille, la classe est la première expérience de vie sociale d’une personne. Gageons que nous ayons le souci de leur donner un meilleur exemple que le besoin d’être souvent en mode réaction contre une règle qui ne sert aucunement la cause initiale de l’enseignement dans sa dimension la plus belle!

Il est temps de cesser de penser au modèle de la carotte et du bâton!

Michel – 24 novembre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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