Vive l’imagination!


La logique vous amènera de A à B.
L’imagination vous amènera partout!
(Albert Einstein)


J’aborde un sujet que j’affectionne particulièrement. Si vous avez eu la chance que l’on vous raconte une histoire avant d’aller vous coucher, vous comprendrez bien que le plaisir de l’imaginaire nous prenait bien avant et bien après le moment de l’histoire. Cet imaginaire est parfois bien mal compris lorsque les premiers jours d’école nous plongent dans une nouvelle réalité, en fait je dirai dans mes propres mots, plusieurs réalités. Socialiser avec les autres élèves, découvrir les consignes, les comprendre, les mettre en pratique, se concentrer, devoir rester assis durant le période du cours, participer, sortir dehors jouer, aller manger avec ses copains de classes… disons qu’il y en a des choses qu’il nous faut apprendre!

Ce que j’appellerai nos points A et B, ces points sont en définitive ce qui nous « forme » à notre vie de futurs adultes, respect des consignes, suivre les procédures, apprendre les processus… etc. Je ne nie pas qu’un minimum d’ordre n’est pas mauvais, voire même bénéfique mais entre le forcer dès le jeune âge et l’apprendre au cours des années d’études il y a une nette différence…

J’ai moi aussi vécu normalement ces fameuses réalités tant à l’école qu’auprès de mes parents, en famille. J’ai moi aussi eu des découvertes à faire, des apprentissages et des leçons. Je ne dis pas que tout fut rose et beau, je ne dis pas que j’eus des fois bien de la misère à comprendre qu’un adulte me dise : « Il n’y a rien à comprendre c’est comme ça! » ou la pire et la plus fréquente (surtout devant de la visite) « Les petits garçons ne sont pas supposés poser toutes ces questions! » Mais moi je cherchais à comprendre des choses simples, m’expliquer pourquoi les personnes ne pouvaient pas voler comme les oiseaux ou nager sous l’eau comme les poissons… vous voyez des choses pas si compliquées, des questions d’enfant c’est tout! Je trouvais que les adultes, dont mes parents, faisaient trop sérieux, ils s’esclaffaient de rire lorsque je parlais de mes découvertes alors qu’il n’y avait rien de drôle qui fasse rire!

La vie d’école ne fut pas toujours quelque chose de facile et simple. On m’avait lu un jour dans un beau livre illustré, que l’école c’était amusant, que l’on apprenait des tas de choses sympas. Imaginez mon plaisir le premier jour d’école tant attendu et tant imaginé ! Je pense que vers la fin des années 50, le fun et l’amusant avait des sens bien différents ! Ce dont je me rappelle furent les consignes de vie ! Oui ! « Nous allons vous apprendre comment devenir des adultes modèles! » Ouch! « Nous allons vous éduquer à respecter l’ordre et la discipline ! » Non mais dites-donc…!

Il ne faut pas exagérer, il y avait aussi des moments amusants, la sortie pour la récréation, la fin des classes, l’heure du repas, quelques cours, et surtout les préparatifs pour la fête de fin d’année, chaque classe qui devait présenter quelque chose! J’adorais les répétitions, surtout celles qui bousculaient l’heure des cours.

00 Imagination_des_enfants
Crédits d’image: Night Child (Blogue)

Je me souviens d’un épisode dans les plus grandes classes, nous devions apprendre certaines poésies et les réciter en classe devant tout le monde. Moi je m’étais préparé (J’aimais beaucoup) et déclamais les vers en miment tant de la voix que des gestes les lignes de poésie…! Erreur! Et Misère! Fou rire en classe, billet chez le proviseur « Perturbe la classe en faisant le comique! »…

Ce que ma petite histoire ne mentionne pas c’est que le proviseur, lui s’amusait de me voir arriver alors que c’était l’heure des cours, et me regardait avec un sourire faussement surpris me demandait « Alors c’est quoi cette fois-ci..? » Je lui racontais, il m’offrait de m’assoir et me racontais que ce que je faisais n’était pas mauvais, mais que les autres personnes pouvaient ne pas comprendre que je n’avais pas l’intention de leur manquer de respect. Vous vous imaginez un peu mon état d’âme! Une personne adulte qui me comprenait.  Ce fut notre secret durant toutes les années du primaire.

J’en reviens à nos jours… je ne crois pas que les tâches d’un écolier aient diminué ou changé, je ne crois pas que les consignes soient moins compliquées (certes elles sont probablement formulées dans un langage plus adapté, mais le fond reste pareil!)… J’éprouve un serrement de cœur lorsque je vois ces jeunes portant un sac beaucoup plus lourd qu’eux! Mes enfants furent eux aussi les porteurs d’école dans leur sac! J’ai voulu une fois avoir une idée de ce que mon fils mettait dans son sac, je vous assure avoir eu de la misère pour le soulever!

Je me demande au fond pourquoi tout ceci ? Vivre une journée d’école c’est déjà un acte de courage, trimbaler un sac lus lourd que soi en plus est – du moins pour moi – un vrai acte de mortification! Doit-on rappeler aux enfants que la vie c’est sérieux? Et l’imagination dans tout ceci, c’est quand que l’on y pense ? Quoi, vous me dites que l’imagination ce n’est pas utile ? Mais alors les découvertes c’est quand qu’on les fera? La curiosité de savoir, y a-t-on pensé ? A-t-on prévu dans nos programmes d’éducation quelques moments pour être curieux, pour l’imagination ? Est-ce que finalement l’école se résume au sac (lourd) aux casiers remplis, qui contiennent si peu d’espace pour ce que l’on transporte dans son sac à dos, courir d’une classe à l’autre pour rattraper le cours qui a commencé et que nous risquons d’y arriver en retard…! Minutage, précision, structure, consignes ! Vire au pas de course finalement !

Je me demande si finalement l’enseignement ce n’est rien que pour nous apprendre tout ceci ? Sans oublier les nombreux points A jusqu’à B que l’on nous apprend aussi question de comprendre que c’est le mode de pensée par lequel passe tout le monde au cours d’une vie adulte !

Le monde des adultes est d’une logique parfois déroutante : nous passons la première année de la vie d’un enfant à lui apprendre à marcher et dire ses premiers mots, mais par la suite on lui demande de se taire et de rester assis et tranquille! Vous ne trouvez pas qu’il y a de quoi se poser des questions ?

Michel – 8 décembre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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