Avons-nous vraiment à cœur les personnes qui nous sont confiées en éducation ?

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Courtoisie d’image:
Mississippi Department of Education


Cet article est directement inspiré du film « Bel esprit (Wit en v anglaise) que j’ai eu l’occasion de regarder il y quelques jours, par une nuit d’insomnie. Je zappais cherchant un fil banal d’action qui aurait eu un effet soporifique de m’assoupir. Mais voilà que je tomber sur une scène du film « Bel esprit », un passage de l’actrice principale qui parle de sa maladie incurable et du sens de tout ce qu’elle a accompli au cours de son existence. Je me suis littéralement « scotché » devant l’écran ne laissant perdre aucun mot du film…

Je vous fais part d’une courte description de l’histoire que j’ai pu récupérer sur Wikipédia. Ce film a largement inspiré mon billet que je vous livre aujourd’hui.


Professeur universitaire de littérature, Vivian Bearing se meurt d’un cancer. C’est le moment de faire le bilan de son existence qu’elle a consacré au savoir et à la littérature plus qu’aux relations humaines qui, à l’approche de la mort, lui manquent cruellement.


 

On pourrait se demander quel est ce lien entre l’histoire d’une professeure d’université qui vit ses derniers jours aux prises avec un traitement des plus invasifs qui soit, voulant contribuer à l’avancement de la recherche médicale sur le cancer et le monde de l’éducation, plutôt celui des spécialistes en éducation.

Je me suis posé la question, j’ai voulu en savoir plus sur le monde de la recherche médicale; j’avoue qu’il ne m’a pas fallu trop de temps pour comprendre combien les patients qui se soumettent à des cures expérimentales passent par la spirale déshumanisante du regard que les médecins chercheurs finissent par avoir sur leur patient. L’on devient un « cas d’étude » tout simplement, on pousse le patient aux limites possibles de la tolérance à la douleur et aux effets secondaires des produits avec lesquels on teste le corps du patient… Mais dans tout cela la compassion et la considération humaine, où se trouvent-elles ? Où se situe la limite entre l’objet et la personne ? Une des scènes des plus dures que j’ai vue : lorsque la patiente ayant atteint ses limites de tolérance à la douleur perdait toute notion de conscience, le professeur qui conduisait la recherche ordonne qu’on donne de la morphine à la patiente pour la laisser « partir » avec le moins de douleur possible, son assistant lui par contre suggère juste un analgésique espérant faire continuer les tests! La scène n’est pas une simple scène de film elle reflète un antagonisme entre la perception que l’on a envers les personnes…

Et l’éducation dans tout cela ? Que de spécialistes en éducation travaillent d’arrache-pied pour créer, définir et produire des modes d’enseignements adaptés tant à l’éducation institutionnelle que dans le domaine des besoins des personnes en difficultés d’apprentissage.

Ces spécialistes passent des vies entières à étudier, amassant diplôme après diplôme, leur notoriété étant reconnue mondialement et la reconnaissance qui leur est due fait la une des milieux du monde de l’éducation. Je peux vous assurer que ces personnes expertes ont un mérite unique et exceptionnel sans nul doute.

Ce qui me choque assez souvent, c’est qu’en lisant les experts, un malaise en ressort. J’ai comme l’impression de lire un rapport de recherche en laboratoire de recherche sur une cure pour une maladie! Les apprenants devenus des « sujets » des « Cas d’études », l’étudiant change de nom, devient malheureusement une donnée, parfois une statistique, une variante démographique. La connexion entre l’expert et l’apprenant (la personne) est rompue ou mieux le lien qui les unissait au début s’est distendu n’en gardant que quelques fibres pour fin de tests ou d’essais.

Je suis connecté à plus de 700 spécialistes en éducation à travers le monde, des sommités dans le domaine. Je me demande des fois, pourquoi ne pourrait-on pas changer la face de l’éducation de la planète toute entière avec l’apport de toutes ces personnes!

Sont-elles tellement déconnectées de la réalité, est-ce qu’elles ont perdu le sens de l’humain en elles et envers les personnes ? Tant de questions que je me pose et dont j’essaie de déchiffrer la réponse dans leurs écrits.

Pas plu stard que ce matin, une de ces personnes répondait à une question quant à savoir ce qui était le plus important en éducation. Je n’en croyais pas mes yeux de lire avec quelle rigueur et froideur, la description de sa réponse. On n’y lisait que les termes de procédures, de règlementations, de consignes de politiques, aucune parole qui parlerait des humains aux humains. Et dire que cette personne enseigne auprès des grandes écoles et facultés en éducation.

Je ne suis point qualifié pour juger une telle attitude, mais je déplore que ces spécialistes perdent de vue l’essentiel de leur raison d’être. Pour ramener les choses à une perspective plus concrète, je discutais, au cours d’un atelier de travail, avec tout un groupe multidisciplinaire du domaine de l’éducation. La conversation tournait en rond, trop longtemps à mon avis, demandant la parole je pose la question à la volée pour tout le monde. : «À quand remonte la dernière fois que vous étiez en classe pour enseigner ou pour donner un cours ? »

Le silence glacial qui s’en est suivi a nécessité que nous prenions une pause! La voici la réponse aux questions, nous les spécialistes en éducation oublions souvent de nous connecter avec la base. Cette base sans laquelle toutes nos connaissances finiront sur un disque réseau ou une clef USB.

Il serait grand temps de s’imposer ce petit devoir : si je veux enseigner à des enfants, il faudrait bien que j’apprenne comme apprend un enfant! Ceci est autant valable pour l’éducation aux adultes, en milieu industriel mais aussi aux personnes en difficulté d’apprentissage. Oui les réglementations sont importantes, elles le sont pour nous aider à nous définir l’étendue (l’envergure si on veut) de nos mandats, mais de là les faire subir à nos apprenants je ne crois pas que nous serions toujours dans le domaine de l’éducation, du moins pas celle à laquelle s’attendent les étudiants!

La compassion est fort heureusement une qualité humaine qui ne s’apprend pas dans un livre ou en classe, pour y réussir, il nous suffit de nous rappeler des personnes que nous croisons chaque jour! En définitive, nous devrions avoir le courage de nous remettre en question aussitôt que les succès nous font perdre de vue celles et ceux pour qui nous sommes là!

Michel – 29 décembre, 2014

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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