Les enfants perdent leur créativité en grandissant, il est grand temps que cela cesse!

00 Creativite des enfants
Image: courtoisie de:
Sherwood Center – Ateliers arts créatifs pour enfants


Nous faisons face à un problème de taille : la créativité définit notre capacité de réussite dans le monde du travail, d’autant plus que c’est un facteur déterminant qui nous différencie des robots et automates.

Comment réussir à résoudre les problèmes du monde ? Comment nous adapter aux changements constants? La créativité est notre gage de réussite. Or, actuellement, nos enfants sont en plein échec !

(Josh Linkner –  How kids lose their creativity as they age and how to prevent it)


 

Mon article est largement inspiré de celui en langue anglaises publié sur Forbes le 16 octobre 2014, écrit par Josh Linkner (voir section références en fin d’article).

Je suis conscient que le sujet est largement discuté dans les milieux spécialisés de l’éducation, voire dans les médias et la presse en général. C’est un constat déjà bien établi, il arrive même que des connaissances me disent, bien que mes efforts soient pertinents et justifiés, le son de cloche n’atteint malheureusement pas les oreilles de ceux qui devraient entendre ou pire s’ils entendent font la sourde oreille.

Ce serait facile de pointer du doigt le système, les ministères (éducation publique) ou les institutions privées. Il n’en demeure pas moins que la responsabilité incombe à tous. Tous étant ce collectif composé des organisations responsables, mais aussi des étudiants, des enseignants, des experts et spécialistes dans le domaine de la formation de l’éducation, les pédagogues, les concepteurs de programmes mais aussi et surtout les parents.

J’avoue qu’aujourd’hui je me porte comme promoteur et défenseur d’un renouveau de l’éducation, de ce besoin non plus d’analyser les raisons et les causes de l’échec, mais d’agir. Agir est une responsabilité qui nous incombe à tous! J’avoue aussi du temps que j’étais parent, je me suis laissé aller au sentiment voulant déléguer au corps enseignant une part de responsabilité, alors que mes responsabilités parentales auraient eu un impact direct et bénéfique d’alerter et de conscientiser l’opinion d’une part mais d’autres parts de prendre plus sérieusement mon rôle de parent et de ne pas faire preuve de ce laxisme voulant considérer que le professeur est là pour faire « ma job ». Il faudrait reconnaitre cet état des choses et cesser – à mon avis – de sombrer dans une certain facilité de se dire « moi je n’y suis pour rien, c’est l’école qui ne suffit plus aux besoins!

Je faisais mention du besoin d’agir, pour se faire il faudrait que premièrement je sache quoi faire, en second comment faire et finalement à qui m’adresser et surtout m’impliquer.

SI nous regardons honnêtement ce qui cause cet échec en matière de créativité des enfants scolarisés, outre le silence de la quasi-majorité des acteurs concernés, je propose ces quelques points qui sont issus de constats et des observations sur le terrain.

Pour commencer, il faut reconnaitre que l’éducation commence la maison, c’est là ouu l’enfant apprend à apprendre. Son développement de conscience et de curiosité voit le jour au sein de la première cellule sociale de son existence. Les parents sont fiers des premiers balbutiements de leur enfant, de ses premiers pas, de l’acquisition de sa propreté corporelle, que de photos et de vidéos papa ou maman ont pris des petits trésors, mais qu’en est-il du reste ? Lorsque l’enfant commence à découvrir son autonomie, pose ses multiples questions, ne cesse de s’enquérir pour savoir, comprendre (mais aussi pour maitriser la parole, le sens des mots, compter, écrire son nom peut-être et reconnaitre les formes et les couleurs) que de fois nous sommes fatigués d’une longue journée de travail, transport, et caprices des imprévus, nous disons à nos petits trésors d’aller lire un livre, regarder la télé pendant que papa ou maman prépare le souper…et si l’enfant insiste c’est vers le joujou de papa o de maman qu’on lui laisse entre les mains (cellulaire ou tablette) afin d’avoir un répit! N’oublions pas la télé aussi qui charrie son lot d’inepties aux heures que les jeunes sont encore éveillés…

On se plaint de n’avoir pas assez de temps dit de « qualité » à passer avec nos enfants et l’on se tourne vers je ne sais qui ou quoi pour décharger ses propres manquements. Je ne fais pas ici un procès accusateur du rôle insuffisant des parents, mais je constate dans plusieurs endroits que la question et les excuses sont souvent les mêmes. C’est toujours la faute à quelqu’un d’autre!

Parlons d’école et du système, qui, selon moi toujours, a fait son temps. Ceux qui pensent que « si cela a fonctionné pour moi, il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas pour mes enfants! » si cela était vrai, alors nous serions toujours à l’école sous l’arbre, tous les enfants de tous âges ayant un seul professeur qui apprenait une ou deux matières, une fois rentrés chez eux ils iraient aider leur père dans les champs ou leur mère aux tâches de la maison! Non les choses ont changés et continueront de changer. Notre éducation a besoin d’évoluer sans cela nous garantissons l’échec de nos enfants quant à leur manque de créativité qui ne demande qu’à fleurir.

Parlons du monde de l’école, j’admire les professeurs qui se donnent sans compter, malgré les contraintes qui leurs sont imposées, du travail fait auprès des enfants. Souvent, j’entends des commentaires de la part de certains disant que « le programme est ainsi fait » ou « il nous faut donner la matière au complet sinon en fin d’année cela irait mal pour notre évaluation ». Je n’en reviens surtout pas, de voir combien un système a tant d’emprise sur celles et ceux qui sont à la source de la créativité des enfants, une bureaucratie prisonnière de ses propres processus, qui a perdu une certaine connexion d’avec la réalité, mais qui aussi fait perdre l’âme de la vraie éducation dont les enseignants sont les premiers garants.

Quelques points que je soulèverais qui me semblent critiques quant au devenir de l’éducation. Disons-sincèrement, quitte à ce que je sois accusé de simpliste – l’éducation n’est pas une question complexe, nous la rendons complexe! L’éducation n’a pas besoin de trente-six-mille commissions et sous-commissions, elle a besoin de ses enseignants libres et heureux de transmettre la curiosité créative aux enfants! Nous ne savons plus écrire sur un tableau vert avec une craie, il nous faut des tableaux intelligents que la plupart des enseignants n »ont reçu aucune formation intelligente pour en tirer les bienfaits, la liste est longue…

Lorsqu’on souhaite « faire passer la matière » coute que coute, on se rabat sur la mémorisation, mais alors comment pensez-vous que l’enfant pourra opérer une résolution de problème ? SI l’enseignant affirme une certaine vérité, sommes-nous ouvert aux questionnements de compréhensions ? Faute de quoi l’élève ne sera plus intéressé de s’informer et laissera l’enseignant continuer, ce dernier étant convaincu de bien faire son travail, (au pire les enfants utiliseront Google ou une autre source pour s’informer en se disant que l’école ne leur sert pas vraiment à grand-chose)

Faire une erreur ce n’est pas grave voici une occasion d’apprendre un peu plus, en faire deux c’est encore mieux car on apprend doublement! Malheureusement si l’enfant échoue on s’inquiète plus de sa non-conformité au moule et au modèle que de s’assurer si vraiment ce que l’on enseigne est approprié aux besoins d’aujourd’hui… Nous savons trop bien ce qui arrive quand l’enfant ne suit plus on l’étiquette, mais ceci est une autre histoire.

Lorsqu’il s’agit de la résolution de problèmes, que de fois je voyais mes enfants déçus d’avoir eu la bonne réponse mais n’ayant pas obtenu la note, à cause du fait de n’avoir pas suivi le raisonnement (la fameuse méthode) donnée par l’enseignant. Mais dites-donc, apprendre la méthode ou la résolution de problèmes ? que fait-on de la diversité de manière de penser ? Ou si l’on n’est pas en mesure de se conformer l’on devient «  enfant avec difficultés d’apprentissage! »

Permettre la créativité et l’imagination : pourquoi ne pas ouvrir ces portes aux enfants qui ont soif de se rassurer quant à leur faculté de compréhension. Si l’abstrait est facile pour certains, une démarche sous forme de conte ou d’histoire le serait pour d’autres…

Nous devrions revoir à la baisse nos appréhensions de conformité au modèle rigide et unique pour tous, non ce n’est point une pensée qui prône une certaine démagogie, mais qui bien au contraire nous nous trouvons devant une vraie situation de changement. Parlons-en de changement, s’il doit avoir lieu c’est bien dans ces petits gestes qu’il faut commencer.

En guise de conclusion de mon billet d’opinion, j’emprunte à Charles Barkley ces mots « Anything less would be uncivilized » je pense sincèrement qu’ils se passent de traduction!

Michel – 8 janvier, 2015


Références:

 


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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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