Que dirons vos élèves en se souvenant de vous un jour ?

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L’image est une courtoisie du NY Times (Building a Better Teacher)


Le maitre, s’il est vraiment sage,
ne vous invite pas à entrer dans
la demeure de sa sagesse.
Il vous conduit jusqu’au seuil de votre esprit.
–Khalil Gibran


Que nous soyons enseignants, formateurs, coach ou autre personne responsable de permettre à d’autres personnes de recevoir connaissances et savoir, il est un fait certain que nous ne pouvons ignorer : nous laissons une trace dans l’esprit et la mémoire de nos apprenants. Cette image qu’elle soit heureuse ou pas,  nous collera sans équivoque, alors que ceux qui ont suivi nos cours se rappelleront ces souvenirs d’école en discutant avec d’anciens copains de classe voire même avec leurs propres enfants.

En ce qui me concerne, j’ai gardé un souvenir marquant de cet enseignant qui a su me faire découvrir, qui a su pousser ma curiosité d’aller chercher de moi-même les  réponses pour comprendre. Comprendre un concept abstrait en mathématiques, comprendre la science de cet infiniment petit que sont les atomes dans l’infiniment immense qu’est notre univers, des profs qui ont malgré tout, ont pu boucler leur programme tout en nous montrant que l’école c’était surtout avoir le goût d’y être mais surtout d’apprendre à apprendre.
Oui je me souviendrai de leurs noms, de leurs manières d’enseigner. Si je peux parler d’influence qu’ont eue ces personnes  tant dans ma vie personnelle que professionnelle, surtout lorsque j’ai commencé l’enseignement,  j’avoue qu’elle est à peine perceptible pour ne pas dire inexistante, nous avons tous notre propre personnalité, nos propres perceptions, notre propre interprétation de la pédagogie, heureusement dailleurs.

Mais je me souviendrai toujours de Georges, Michel ou Jean quant à leur manière de nous emballer alors que l’un imitait le personnage historique, l’autre nous racontait l’histoire u scientifique qui avait fait une découverte, ou ce dernier qui venait habillé en habits d’époques pour nous parler des pièces de théâtres en mimant le personnage principal. Aujourd’hui, les spécialistes parleront de théories en pédagogies, modernes, anciennes, transitoires, etc. Dans les années 60 et 70, raconter des histoires, ou personnifier un homme de lettres n’était pas chose commune, et pourtant ces gens-là ont su nous apprendre la curiosité du savoir.

Il faut dire aussi, qu’à cette époque, les profs n’étaient pas hantés par les performances, les taux et les statistiques. Bien entendu la réussite des élèves importait tant à l’établissement scolaire, aux professeurs qu’aux parents.

Ce dont je me souviendrais toujours par contre, c’est qu’à chaque fois que je posais une question à ces professeurs, ils ne me donnaient pas la réponse toute faite, mais prenaient le temps de me faire chercher, parfois faire deviner, cette réponse que je voulais tant.
Nous n’avions ni Google, ni internet, mais nous avions surtout le loisir d’imaginer, de nous faire raconter une histoire sur la vie des mathématiciens, des circonstances de leurs découvertes, les physiciens et bien d’autres personnalités de l’histoire de notre éducation. Ce qui m’attriste, de nos jours, c’est de voir les écoliers laissés à eux-mêmes souvent; chercher sans méthode dite utile pour finalement acquérir, sur le tas, des habitudes de travail dont la fiabilité serait plus efficace si on se donnait la peine de leur apprendre comment faire.

Si j’ai un jour choisi cette voie, ce fut suite à une situation des plus difficiles que j’ai eue à vivre en tant qu’apprenant. J’étais en classe d’informatique, le concept était complexe, voire difficile et pour moi et selon mon propre langage : abominable!
Je lève la main et demande au professeur un éclaircissement sur le sujet. Un sourire du coin de la bouche une réponse cinglante qui me sert un « Monsieur je ne suis pas payé pour apprendre à votre place! Vous avez mon cours et les références, tout s’y trouve! »

J’ai su ce jour ce que j’allais faire comme métier : enseigner de manière à faire oublier ce genre d’enseignant qui n’ont d’autre souci que couvrir la matière!

Que souhaiteriez-vous que disent vos élèves de vous, bien entendu ceux qui auront suivi vos cours ?
Ce que je leur souhaite serait de vous remercier de leur avoir appris à apprendre!

Michel – 25 février, 2015

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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