Lorsque l’on veut aider…

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Crédits d’image: Info Entraide Suisse


La première règle avant d’agir
consiste à se mettre à la place de l’autre.
Nulle vraie recherche du bien commun
ne sera possible hors de là.
– Abbé Pierre


 

Pourquoi doit-on, nous les pays considérés riches, parler et agir au nom des pays qui le sont moins ?

Loin de moi l’idée de diminuer la valeur des organisations qui parlent haut et fort de leurs initiatives pour aider les pays qui sont moins favorisés. L’aide dite humanitaire est une chose naturelle dailleurs elle vise plus une situation d’urgence immédiate, par contre l’aide dont je parle dans ce billet est celle qui permettrait aux personnes qui la reçoivent de changer leur vie et leur mieux-être individuel et collectif.

Ce qui m’agace encore aujourd’hui c’est que vouloir faire quelque chose de bien est plus urgent que de faire le bien au nom des autres! Pour y réussir nous avons quelques leçons et enseignements à retenir.

Lorsqu’il m’arrive de lire à propos du lancement de programmes d’aide en éducation pour « aider » un autre pays, voire un continent entier, je suis emballé, tout heureux de voir que l’altruisme humain n’est pas mort. Mais il suffit de lire les détails de cette aide, et de voir la liste des promoteurs de telles idées, force est d’admettre l’absence flagrante des personnes visées au sein des équipes qui organisent et gèrent cette aide. Ne pourrions-nous pas avoir le sens du respect de la dignité de ceux que l’on aide de les inclure dans ces programmes ?

Comprendre les besoins des autres est une faculté humaine des plus louable et des plus remarquable, surtout de nos jours où le culte de l’individualisme est promut à outrance. Par contre si l’on souhaite aider ces personnes, il serait encore bien meilleur d’être à l’écoute de leurs besoins en leur donnant la parole et leur confiant le soin de se prendre en charge et de contribuer pleinement à l’aboutissement de cette aide qui leur est nécessaire. Si nous omettons ceci, nous ne ferons que perpétuer l’attitude qui , au siècle passé, voulait que les plus riches se donnent le droit de décider de la manière d’aider les moins nantis!
Cela ne pourra jamais contribuer au bonheur de ces personnes, qui se sentiraient toujours endettés envers ce grand frère protecteur.

Lorsqu’il est question d’éducation, quelle que soit la solution qu’une organisation puisse apporter, tant qu’elle ne s’inspire pas de la culture de ceux qui la reçoive, cette solution restera faite et appliquée selon la culture de ceux qui l’offrent. Nous manquerions de vision envers nos semblables, en pensant que c’est pour leur bien que nous les aidons! Le fameux adage « C’est pour ton bien que je décide pour toi! »

Ce qui me dérange souvent, c’est que nous trouvons des solutions selon nos propres critères, selon les technologies dont nous avons un accès facile, alors que nous ne savons pas si les organisations que nous voulons aider ont ces mêmes moyens. Le pire est de les juger si l’on observe que ces derniers « manquent de reconnaissance ou de gratitude »!

Lors d’une conférence sur la formation et l’éducation, il y avait un témoignage qui m’aura marqué profondément. Une institution universitaire locale s’était jumelée avec sa correspondante dans un pays d’Afrique pour soutenir un programme de Bac en gestion des affaires. L’équipe d’ici s’assurait de donner les cours à distance. Le professeur racontait combien ils ne réalisaient pas la situation lorsque les étudiants ne se présentaient pas au cours, laissant la place à toutes sortes d’interprétations, parfois subjectives.

Il apparut par la suite, que la veille du cours il y avait eu des pluies abondantes qui avaient transformées la route, menant à la classe, en marre de boue la rendant impraticable. De plus une fois arrivés sur place les étudiants avaient constaté que le courant était coupé… La leçon qu’avaient tirés l’enseignant et son équipe était marquante : nous ne vivons pas tous dans les mêmes réalités ni n’avons le même contexte. Ceci ne veut pas dire que l’un est meilleur que l’autre, par contre être conscient des réalités de l’autre peut faire toute la différence.

Partager son savoir n’est pas un acte de charité, mais un devoir humain envers nos semblables. Notre devoir commence par le respect et la compréhension de l’autre, ceux que nous aidons sont nos partenaires à part entière.

Si l’éducation est universelle, son expression est propre à chaque pays et à chaque culture. Si la nôtre est adaptée à notre style de vie, il n’est pas dit qu’en l’exportant ailleurs elle sera aussi efficace et utile mais aussi bien perçue!

Michel – 3 mars, 2015

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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