Être soi-même !

Being_Ourselves


 

À force de se mentir, nous prenons le risque
de n’être que le propre fruit de notre imagination
– E.A. Stecher
(Adaptation personnelle en français,
de la version originale anglaise de l’auteure)


Il est une question d’actualité dans notre monde de plus en plus digitalisé : sommes-nous ce que nous disons être ? Il n’est pas surprenant que tout (ou presque) nous entraine dans cette réalité de plus en plus digitalisée : on « e-rencontre », « e-ressent », « e-interagi », « e-rencontre » et « e-établissons des relations humaines voire affectives et pourquoi se le cacher sentimentales ». Nous sommes « e-pris » dans cet engrenage virtuel constamment, les téléphones intelligents sont le prolongement de plus en plus de personnes à tel point que l’on se demande s’ils ne sont pas « neuro-greffés » dès le bas âge avec un modèle donné. Marketing oblige ! On pourrait bien choisir pour nous à notre naissance le modèle, la marque, tel notre prénom! Hé! L’e-héritage !

Plus la technologie digitalise notre quotidien plus notre réalité humaine le devient, elle aussi.

En tant qu’humains, nous lançons notre ancre dans ce domaine et cessons de naviguer, nous adoptons ce qui semble être notre nouvelle réalité.

Imaginons, une fois dans ce monde, la possibilité d’afficher notre vie privée au grand public. N’oublions pas que nous sommes des « e-citoyens ». Le réseau social le plus populaire sur la planète, contient des millions de pages, profils ou, pour utiliser le jargon, chacun son « mur », les dates de naissances, les photos de famille, de mariage, des enfants, anniversaires, un vrai microcosme humain et social. Pensent-ils avec prudence et réserve, tous ceux qui affichent ouvertement leur vie privée, parfois trop privée ?

Bien entendu il n’y a pas que de l’affichage (à la limite exhibitionniste), il y a des publications qui parlent de choses autres, ces choses positives, les bonnes nouvelles que les réseaux d’informations planétaires, frappés d’amnésie, oublient ou ignorent, même si peu nombreuses, pourraient profiter de cette fenêtre ouverte sur la planète virtuelle !

Ne sommes-nous pas en délit de contradiction ? Nous hurlons à l’atteinte de la vie privée pour une question posée au téléphone par un représentant commercial, mais de s’afficher ouvertement sur ces réseaux ne nous pose pas de problèmes !

Je me souviens des premiers temps de l’ère virtuelle, il était monnaie courante de s’afficher sur la place publique avec une photo qui n’était pas de nous, un nom d’emprunt, et pas mal d’autres petites cachoteries. La sensation de cette magie de l’inconnu jumelée avec la fausse prudence qui voulait que tout ce qui est virtuel n’est pas nécessairement la réalité, nous étions à cheval entre fiction et la vraie vie.

En moins de 20 ans, force est d’admettre, que cette culture change et soit remplacée par celle de la visibilité la plus affranchie. Une sorte de « révolution » contre les conventions sociales que le monde trainait depuis fort longtemps.

La propagation fulgurante de l’influence du monde virtuel a créé aussi le profil du « citoyen virtuel » (notez qu’il pourrait s’appeler cyber-citoyen, ou toute autre appellation), il ne fallait plus attendre un certain âge pour se connecter… l’accès au fameux réseau se faisant dès le jeune âge, les outils adaptés ne se sont pas fait attendre. Sortez dans un lieu publique, regardez autour de vous, vous feriez mieux de compter les personnes qui ne portent pas le fameux « machin intelligent qui, dit tout, voit tout, explique tout! »

À l’époque où se cacher derrière un pseudonyme une photo « inventée de toutes pièces » était normal, aura succédé celle de s’afficher clairement au grand public, un retour de pendule vers un autre extrême, en fait!

Ce changement, non négligeable en passant, nous met finalement devant une réalité toute nouvelle : la culture digitale, qui ne peut adopter les règles et les convenances de la culture dite normale, ou celle du monde réel. Nous n’étions pas préparés à cette nouvelle culture, il nous a fallu composer avec celle que nous avions et connaissions.

Cette culture digitale a, plus que jamais, besoin de ses propres règles, de sa propre éthique. Une culture qui est aussi en train de créer une toute nouvelle forme de citoyenneté. Ce qui inévitablement amène l’émergence de la culture digitale professionnelle, celle du monde du travail.

Lorsque nous abordons cette notion de culture digitale dans le monde du travail, nous parlons aussi de réseaux, réseaux de contenu, réseaux du savoir et bien d’autres.

Dans la vie réelle des conventions régissent nos comportements, nous bénéficions de droits et de responsabilités, admettons-le, notre expérience au fil des générations nous a appris à instaurer un modèle, ce modèle qui régit nos manières de faire. Il en est de même dans la culture digitale. Autant nous acceptons nos responsabilités et bénéficions de nos acquis et droits, dons le monde digital il nous faut aussi ces notions propres à ce modèle. De reconnaître cette éthique et sa codification universelle, nous incite aussi à parler de réseaux de confiance (Trusted Networks), nous ne pouvons plus miser sur des normes et règles qui n’ont pas le même mode d’emploi, cette codification reste à faire, à mûrir mais reste surtout à être admise et suivie par toute personnes qui souhaite la reconnaissance en tant que citoyen-digital.

On dit souvent que l’émergence des experts survient lorsque les sources (réseaux et leurs contenus) de confiance sont soit inexistant ou en manque de crédibilité. Plus on en manque plus l’on trouve des cohortes d’experts qui nous disent, nous conseillent, nous montrent. Sont-ils vraiment eux-mêmes ? Je ne généraliserai pas, la tentation est trop facile, mais je resterai dans une attitude prudente. N’est pas experte toute personne qui se pense ainsi, cette personne a le fardeau de la preuve et de la fiabilité. Que d’experts nous prédisent ces vérités qu’ils contredisent eux-mêmes lorsque la réalité démontre les failles de leurs raisonnements. Les exemples ne manquent pas, l’expertise est malheureusement associée de nos jours à la notion de paralogisme (en anglais le terme est encore plus fort, on parle de « fallacy »). L’on nous sert des vérités en apparence authentique qui avec le temps reconnues comme pures illusions ou fausses informations.

Ëtre soi-même est, à mon avis, est une nécessité et non plus un choix. La culture digitale progresse, ses applications s’intègrent progressivement dans notre quotidien (combien de journaux papier disparaissent laissant la place à leur version électronique, combien de cours sont offerts à distances, combien de transactions financières sont faites en mode virtuel et combien d’activités citoyennes ont adopté l’espace digitale comme voter par exemple, pour ne citer que quelques-unes)

Je vous avouerai que je ne souhaiterai jamais n’être que le fuit de ma propre imagination !

À la prochaine…

Michel – 23 avril, 2015

 

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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