Sommes-nous aux portes d’une nouvelle démocratie : la Démocratie Numérique ?

Digital CUlture Big


L’intelligence collective
est devenue la principale valeur économique
(Bernard Stiegler)


 

Cette citation exprime – à mon avis – les enjeux de la culturation digitale soutenue tant par ses innovations (les nouvelles technologies) que par l’agrégation intensive des données, du savoir, des informations. Tout est récolté (Data Harvesting) tout est mis de côté pour « le moment où on en aura besoin! »

L’on a souvent parlé de culture et de vie sociale virtuelle, le terme « cyber » est finalement parvenu dans nos habitudes quotidiennes, aujourd’hui pour aller encore plus vite on n’a qu’à ajouter une simple lettre et un petit tiret en guise de préfixe pour globaliser ce tout que devient notre quotidien : nous e-existons sur la toile! Je sais que cela parait un tant soit peu comique, mais au fond, si l’on pense : le e-learning, les e-books, etc… sans oublier les i-quelque chose (on parle dernièrement des ixperts) Nous sommes branchés un peu plus chaque minute, cela est un fait que l’on peut observer non seulement au niveau des systèmes informatiques, mais dans nos électro-ménagers, nos automobiles, nos futurs (actuels) vêtements, les lunettes, et plus.

Je ne conteste pas du tout cet état des choses et, je vous l’avoue, je m’estime bien privilégié d’avoir assisté à la naissance de la Toile, mais d’avoir accompagné activement son évolution. J’avoue n’utiliser que des technologies modernes, j’avoue qu’une simple tablette représente tout mon bureau de travail que mon téléphone intelligent (pas toujours, mais bon) ne me quitte pas durant mes heures actives, j’avoue que je ne saurai imaginer mes activités professionnelles autrement!

Ceci dit, et j’en viens au but de mon billet, je me pose la question – celle à 5 sous – de savoir, qui pense à la gouvernance, au code d’éthique, aux réglementations, qui est-ce qui me représente… sommes-nous entrain de superposer deux modes de vie : temporel et virtuel, l’un empiétant sur l’autre ? SI je vis dans une région du monde qui m’offre un état de droit, une vie démocratique, qu’en est-il de ma e-citoyenneté ? Qu’en est-il de mon e-milieu social et politique ? Moi qui suis un citoyen vivant dans une démocratie nationale (Canada, Québec) vers qui irait mon allégeance e-citoyenne ?

S’il vous arrive de faire certaines recherches au sujet de la « Démocratie Numérique » ou « e-démocratie » ou toute autre combinaison de ces termes, il y a de fortes chances que vous restiez sur votre faim, vu le nombre limité de réponses. Entendons-nous des réponses fiables dites aussi « de confiance » (trusted information). Ceci serait – à mon avis – quelque chose de bien normal, si l’on compare cette notion à un nouveau-né qui essaie de faire sa place dans le monde des adultes.

Nous en sommes aux balbutiements, mais pas pour très longtemps. Ce n’est pas un sujet accrocheur ayant un potentiel de vente ou de profits immédiats pour le moment, mais ce dernier me semble bien plus critique – toujours à mon avis – celui de l’émergence de la prochaine influence, ou mainmise, des opinions, des orientations de ce que bientôt nous appellerons la « e-citoyenneté » ou la cyber-citoyenneté. Certains parlerons des droits et libertés des individus et des collectivités, d’autres penserons nations ou pays, mais les vrais enjeux seront entre les mains de ceux qui ne parlent pas, mais qui prennent décisions sur décisions finalement pour informer les cyber-citoyens que « voici comment cela fonctionne dorénavant !» Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, ce serait trop facile, mais d’une observation sur les transitions qui s’opèrent dans les technologies, on se souvient des premiers pionniers branchés, alors qu’aujourd’hui la question ne se pose même plus on nous veut branchés en permanence quitte à nous proposer des vêtements « intelligents » des voitures avec WI-FI intégré, si ces dernières se garent automatiquement ou nous informent constamment de ce qui se passe autour de nous, n’oubliez pas que l’on nous propose aussi de mieux « évaluer nos habitudes de conducteurs »… Tout ceci est une normalité de l’évolution, rien à dire et je vous fais un aveu j’adore la domotique qui a trait à mon confort. Ce sur quoi je m’interroge c’est plus l’enjeu qui se profile en arrière-plan et que j’entrevois dans ce contexte : à force de consommer sans décider, où en sera l’appropriation de cette nouvelle école de pensée, politique et sociale, va-t-elle rester uniquement entre les mains de ceux qui possèdent aujourd’hui une influence non-négligeable dans le quotidien politique du monde réel ? Nous savons assez bien la quantité d’efforts qu’il reste à faire pour que la vraie démocratie puisse prendre forme selon ses principes les plus avoués. Elle est souvent comprise à mi-chemin de sa raison d’exister.

Si le terme démocratie, (retour aux sources étymologiques du mot : démos = peuple, kratia = gouverne), c’est le peuple qui gouverne par l’entremise de ses élus, selon des principes que nous connaissons bien, qu’en sera-t-il aussitôt élus, s’ils pensent agir sans consulter leurs électeurs, les citoyens ? À mon avis, le vrai enjeu se situe dans cette autre moitié du « jeu démocratique », consulter son électorat… Imaginons que la cyber-citoyenneté soit instaurée par je ne sais quelle organisation, qui élirons-nous, pour quelle zone géographique, quelle en sera l’autorité…? Des questions multiples se posent aujourd’hui même, tâchons de ne pas nous étourdir avec les gadgets séducteurs des nouvelles technologies en oubliant l’essentiel : les principes de cette nouvelle e-démocratie naissante qui porterait en elle la solution de l’actuelle, celle où les échecs ne se comptent plus !

Avant de clore ce billet, je partage avec vous cette réflexion :

L’un des grands phénomènes sociaux actuels, que l’Internet a généré, est en effet la création d’un gouffre, de plus en plus profond, entre deux types de populations : celles qui s’informent encore majoritairement sur les médias classiques, ou le web, mais dans son versant traditionnel (les grands sites d’information), et celles qui ont pris l’habitude de s’informer sur le web alternatif, et qui ont perdu presque toute confiance dans les médias dits « officiels »… Guillaume Cazeaux

À la prochaine,

Michel – 27 avril, 2015


L’image est une courtoisie de : Fundación Telefónica | International

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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