Sommes-nous notre pire ennemi ?

 00 CitoyensL’image est une courtoisie de L’actu environnement


S’il existe bien ce qu’on pourra appeler un ennemi extérieur de l’université, qui cherche à la soumettre à ses propres fins, sa pénétration dans l’institution a été grandement facilitée par ce que j’appelle l’ennemi intérieur, lequel prend typiquement la forme d’un aveuglement volontaire et d’un consentement intéressé qui parfois signent aussi, hélas, le renoncement à ce que l’université et la vie de l’esprit ont de plus unique et irremplaçable.
(Normand Baillargeon – Je ne suis pas une PME[i])


J’aimerai préciser que les propos de mon billet ne visent aucune région du monde aucun pays ni aucun régime politique. Le sujet m’aura semblé fort d’actualité, l’inspiration m’est venue à la lecture du cours essai « Je ne suis pas une PME – Plaidoyer pour une université publique de Normand Baillargeon ».

Si le thème aborde la situation des universités au Québec, fort probablement dans d’autres pays, je trouve que l’analogie avec d’autres réalités se prête étonnamment. Qu’une population tente de s’engager vers la démocratie, un état de droit voire une paix sociale, penser à la question reste d’actualité.

Sommes-nous notre propre ennemi ou comme en fait mention : Patrick Viveret –  » L’humanité est pour elle-même à la fois son pire ennemi et sa meilleure chance ». J’aime aussi cette réflexion d’Hubert Selby Junior « on devient son pire ennemi en essayant de donner du sens à ce qui n’en a pas ». Que de fois nous abondons dans cette direction, que de fois l’on se concentre sur une question secondaire alors que cet essentiel qui servirait autant à soi-même qu’aux autres est ignoré…

Lorsque nous existons dans une structure qui ne porte plus ou qui ne nous permet plus de grandir comme nous le souhaitons, il est naturel de vouloir changer les choses. Plusieurs moyens s’offrent à nous alors : en parler, alerter l’opinion publique, informer ses élus, s’exprimer dans les médias, mais lorsque cela ne fonctionne pas, on descend dans la rue, on manifeste, on signe des pétitions pour se faire entendre, et si cela ne fonctionne toujours pas, l’ultime option c’est de ne plus voter pour des élus qui n’écoutent pas le peuple!

Les élus ne sont pas insensibles à la précarité de leur position quand l’insatisfaction populaire est au plus haut point,, il est temps pour eux de négocier! Ah un bien grand mot! Pourquoi en arriver là alors que durant la campagne électorale les programmes étaient clairs et bien définis. On s’assoit à la table de négociations en vue de trouver une entente, on demande le maximum pour avoir au moins quelque chose, mais au fond ce que nous faisons c’est de remettre à plus tard la solution de la vraie problématique!

Il en va tant pour le contrat social, le contrôle des dépenses, de la santé ou de l’éducation. Ceci quand ce ne sont pas les services essentiels qui font défaut le plus cruellement tels l’eau, le courant électrique, les infrastructures. Et comment expliquer que le manque d’un service essentiel comme l’eau par exemple est par magie éclipsé lorsque le citoyen se résigne à payer un particulier qui lui amène de l’eau ou lui assure du courant… Nous sommes en flagrant délit de favoriser notre propre désarroi ! On me dira que nous n’avons d’autre choix que de payer pour avoir un service vital ! Je suis d’accord sur la forme, mais qu’en est-il du pouvoir de l’opinion populaire, ce mouvement de solidarité qui, s’il existait forcerait le pouvoir à trouver des solutions ? Je me souviens il y a bien longtemps, j’avais 12 ou 13 ans, que la hausse du prix de la viande a failli faire tomber le gouvernement. Comment ? La population avait été invitée à boycotter l’achat de viande pour un, deux et trois jours! Les choses sont rentrées dans l’ordre en moins d’une semaine !

La clef de la solution, que ce soit une question de denrée de première nécessité, un service essentiel ou une solution politique, se trouve dans les mains d’une population. Cette solution ne peut venir d’autre part ! Le dicton est tristement trop vrai « Qui ne dit mot, consent! »

Être son pire ennemi est malheureusement trop courant quand l’individu oublie qu’il vit en collectivité dans sa ville, son arrondissement voire son pays. L’individualisme dans les affaires collectives n’aidera jamais la cause d’un peuple, c’est ce qui survient quand en fin de journée après avoir fermé sa porte, on s’installe dans son chez soi devant la télé et que l’on se fait gaver de messages qui nous poussent à ne penser qu’à nous seuls!

La vie citoyenne est similaire à une entente d’affaires (Business bargain), il faut cesser de penser que ce que les autorités donnent comme service est à l’instar d’une récompense bien méritée, bien au contraire c’est un retour de l’entente qui leur a confié la charge de mener à bien les affaires de l’état. Si l’autorité manque de transparence et ne livre pas sa part de l’entente, il sera grand temps de lui demander des comptes et des explications. N’est-ce pas là l’un des principes fondamentaux de toute forme qui se réclame d’une certaine démocratie ?

À la prochaine,

Michel – 24 mai, 2015


[i] PME : Petite ou Moyenne entreprise

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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