Au-delà du Pouvoir qu’il procure, le Savoir Authentique n’a pas de Prix !

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(Au sujet de Nostradamus)
Moralité : utilisez des mots vagues et construisez des phrases obscures :
il se trouvera toujours quelqu’un pour y lire quelque chose et
s’extasier de vos dons.
(p.31)
Petit cours d’autodéfense intellectuelle de
Normand Baillargeon.


 

Un des plus grands défis que nous rencontrons aujourd’hui, se voit quant à notre surconsommation de ce que j’appellerai le savoir du style “Junk” ou si vous voulez la malbouffe du savoir. Je sais ne rien vous apprendre de nouveau, mais il semble que nous tombons dans l’accoutumance compulsive de ce dit savoir devenant ainsi des boulimiques qui tôt ou tard souffrirons d’obésité intellectuelle.

Nous vivons dans une confusion quasi généralisée entre informations et savoir. Les réseaux des nouvelles, les revues spécialisées, les infolettres avec l’inévitable contribution des experts ne s’assurent pas de nous offrir savoir et connaissance mais bien plus les points de vue et opinions qui, d’une étonnante convenance, concordent pratiquement sur tous les points que ces derniers soient vrais ou semblent teintés d’une certaine crédibilité.

Si l’information dépasse la ligne rouge, qui devenant grise, portant la confusion dans le discernement pourtant clair de ce qu’est l’information et le savoir ou la connaissance!

Il est triste de constater que nous, les consommateurs de telles informations, ne prenons pas les mesures nécessaires pour valider la fiabilité de l’information mais surtout de filtrer ce qui mérite d’être gardé. Si le savoir est le pouvoir à qui le possède, ce même savoir est sans prix, s’il s’avère de confiance et authentique. Or ce n’est pas toujours le cas.

Les déviations professionnelles de l’information se sont installées progressivement au rythme de la propagation des réseaux et médias sociaux, plus l’on est connecté plus l’interprétation des informations de la part de ses spécialistes a pris le pas de course dans cette intoxication mentale des esprits. Il y eut un moment au cours duquel les réseaux d’informations ont acquis une influence certaine sur l’opinion publique, le glissement vers une forme de dogmatisme était inévitable : le quatrième pouvoir a acquis une bien plus grand place au détriment de la faculté de jugement des personnes.

Nous prenons pour acquis tout ce qui se dit, c’est là la source du problème. Si un réseau d’information nous martèle une certaine nouvelle et que cette dernière se trouve peu fiable, qu’à cela ne tienne, « on ajuste le tir » par une autre nouvelle qui remplace la précédente.

Il n’en demeure pas moins que les vrais responsables de cet état des choses c’est bien nous-mêmes. Nous ne validons pas ce que nous lisons ou écoutons. Pourtant avant d’acheter une voiture, une maison ou des meubles, nous faisons « nos devoirs ». On se documente, on sort magasiner, on s’informe, ou parcours les différents sites, on communique avec des personnes qui ont acheté des produits similaires, en deux mots : nous validons avec une certaine rigueur les informations du commerçant!

Que ce soit de l’information ou des connaissances (savoir) ces dernières se doivent être fiables, de confiance (Trusted Knowledge). Il devrait en être pour tous les secteurs dans lesquels nous sommes impliqués : les finances, l’économie, les politiciens, la science sans oublier l’éducation. Si l’on nous ajoute des listes de références au bas d’un article, cela ne le rend pas plus crédible si l’on ne vérifie pas, mais qui le fera surtout que la codification des références est aux initiés quelque chose de connu, mais combien de profanes comme moi saurions interpréter et comprendre celles-ci ?

Je vous dirai, sans sombrer dans un simplisme facile, que la validation peut être moins complexe si nous prenions le temps de poser ces questions simples et d’en voir les réponses aussi simples et faciles d’accès et de compréhension : Qui – Quand – Pourquoi et Comment ?

Les sources de savoir ne manquent pas pour répondre à ces questions fondamentales, il suffit d’y penser. Les réseaux sociaux sont remplis de semi vérités qui reprises par des personnes emballées se propagent tel un virus et deviennent d’autres semi-vérités qui iront induire en erreur encore plus de monde.

Un fait amusant mais autant décevant est de noter qu’une même citation est assignée à plus d’un personnage célèbre selon l’impact que certains souhaitent avoir sur l’esprit des lecteurs. Je ne peux m’empêcher de sourire avec tristesse, d’imaginer combien le personnage aurait pu se sentir, s’il vivait sachant qu’une de ses propres citations soit donnée (souvent avec assurance) à une autre personne!

Plus on assure le public que l’information est vraie plus on a de chances de la faire circuler, sans oublier les paralogismes qui voulus ou pas, font office de certains « assurances » que certains experts se permettent de dire! Vous sentiriez-vous le courage de contredire un expert ? Je ne suis pas si certain!

Un des signes qui puisse aider aussi serait d’observer le début d’une phrase : « Il semble que » « il apparait que «  ou « Les rumeurs veulent que » autant de signaux pour que votre méfiance s’éveille, la fausse prudence ne saurait promouvoir une certitude si l’on reste dans la logique que toute information ou tout savoir doive être réputé fiable, vérifié et de confiance!

Je ne cache pas que d’avoir pris pour acquis certaines affirmations pour des vérités fiables m’a mis quelques fois (rares mais n’empêche que je reconnais que je me sois fait avoir) dans des situations bien embarrassantes. Depuis, la leçon m’a appris.

Il ne nous faut pas tant pour nous assurer de la véracité des connaissances ou des informations auxquelles nous sommes exposés. Nous aimons apprendre de par nous-même, mais nous aimons surtout apprendre de par nos pairs. Imagineriez-vous que j’aille enseigner la médecine alors que je ne suis pas médecin ? Dans mon domaine, et ce durant plusieurs années je prenais pour acquis que tout ce qui se lisait et disait dans les cours de préparation était l’unique et la seule source fiable du savoir. Que de fois je me suis senti déçu des résultats forts mitigés. J’ai finalement appris que si les livres et les enseignements des grands maitres de la pédagogie moderne étaient importants, il n’en demeurait pas moins que l’expérience de mes pairs et les réalités du quotidien des apprenants étaient ces incontournables pour donner sa vraie valeur à l’enseignement des maitres.

Vous voyez donc, que vous en savez plus que vous ne le pensez, il suffit simplement de faire sa propre part des choses : partir à la conquête d’un savoir mais aussi exercer son droit le plus élémentaire, celui de valider la fiabilité de ce qui est servi à chaque occasion de notre monde d’aujourd’hui! Nous en savons plus que nous le pensons!

À la prochaine

Michel – 25 juin, 2015


 

L’image est tirée du site Fotolia

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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