La rigueur des médias de l’information !

00 Ethiques


Quand je discute avec les scientifiques, ils me font peur : au nom de leur liberté dans leur univers de spécialisation, ils défendent souvent une éthique de la circonstance et non une éthique du projet. Edgar Morin – Au péril des idées (2014)


En choisissant cette citation pour mon billet d’aujourd’hui, je me disais que si Edgar Morin avait eu cette pensée envers les scientifiques, elle n’en était pas moins applicable pour tous les autres domaines, notamment les gens des médias de l’information.


 

Qui de nous n’est pas soumis aux informations, chaque moment de la journée (je me demande des fois si l’on pouvait nous les passer durant notre sommeil, il y aurait quelqu’un qui le ferait). Que ce soient les panneaux interactifs sur les axes routiers, la radio, les réseaux sociaux, les bus ou le métro, mais le train et l’avion, quant aux restos cela dépend bien entendu du public cible, évènements sportifs mais les télescripteurs (tickers) de nouvelles dans un flot incessant inondant les consommateurs… En d’autres termes, c’est une opération de gavage à longueur de journée et cela va en s’accroissant!

Rien de si extraordinaire, on me dirait, j’en conviendrais tout naturellement, sauf si… Là où j’ai un problème, un vrai problème c’est bien ce qui se passe entre ce que la personne spécialiste de l’information, la source de ses informations, sa propre interprétation et le produit final : son article.

Nous parlons ici de rigueur, la rigueur qu’impose une profession d’influence sur les personnes. Chacune de ces personnes se doit un niveau de rigueur surtout quand son article parait à mi-chemin entre une analyse et une prise de position d’influence et le fait de relater un évènement ordinaire (les fameux faits et nouvelles de la journée)

Ce matin, Je lisais un fil de nouvelles qui avait attiré mon attention quant au sujet, les fameuses fuites sur les dessous de l’implication de certains officiels, gouvernements, et autres figures publiques. Pensant que j’allais en apprendre pas mal et satisfaire ma curiosité j’ai bien voulu lire l’article, pour me rendre compte finalement que l’article en question provenait d’un blogue personnel, la journaliste en question n’avait fait que mettre le lien sur son article. Voulant m’assurer de la crédibilité de cette information j’ai continué ma lecture pour me rendre compte que certains détails connus du grand public étaient tout simplement faux ou, pour rester poli, manquaient de la rigueur si chère aux gens du métier : une cacophonie de dates, des personnes, de leurs rôles. Un blogue tout comme certains sites d’informations dites « libres » a la particularité de n’exprimer que l’opinion des auteurs qui y écrivent, nous le savons, de ce fait le niveau de fiabilité est relatif, mais surtout à prendre avec prudence. Ce qui me choquait était le fait qu’une figure publique se permette de « pitcher » (Lancer à la face) de ses lecteurs de telles nouvelles dépassait ce que j’aimerai appeler tout entendement professionnel.

Beaucoup me disaient de ne pas m’en faire tellement, qu’ils ne lisaient plus vraiment les nouvelles. Mais alors ? À quoi cela sert de permettre aux demi-vérités d’avoir pignon sur rue ? Intoxiquer les gens encore plus qu’ils le sont, biaiser leur jugement et leur opinion sur une situation donnée.

Je ne crois pas que cette journaliste aurait survécu professionnellement parlant dans un système où il lui faudrait rendre des comptes sur la fiabilité de ses sources.

Si certains ont cessé de lire les informations, il n’en demeure pas moins que le devoir de rigueur est de mise par respect pour celles et ceux qui croient encore que ces informations ont leur raison d’être!

Certains me disaient que s’il y avait eu des lois ces personnes ne pourraient pas travailler dans ce domaine, je suis d’accord, mais pourquoi faut-il l’effet coercitif de la carotte et du bâton pour que l’honnêteté professionnelle puisse exister. Doit-on toujours menacer ces personnes des conséquences de leurs actes en cas de défaut d’authenticité ?

Si nous suivions une telle logique quant au comportement de certains, je nous vois dans pas longtemps soumis non plus aux milliers de caméras de surveillance ou aux écoutes de nos communications digitales, mais dotés d’un guide d’utilisateur permanent sous forme d’une micro-puce posée dans nos cerveaux qui ferait acte de la police de l’éthique. Nous hurlons avec conviction toute atteinte à nos libertés individuelles, mais il reste que certains n’aident pas la cause de ces libertés bien au contraire.

Pour celles et ceux qui se demandent pourquoi je m’emporte sur de tels agissements, je leur dirais que je refuse de me taire et refuse aussi d’accepter aussi ce manque d’éthique même si pour certains cela est monnaie courante.

Cet incident m’a rappelé un ouvrage que je lisais et que je continue de lire et relire surtout quand de telles choses se produisent : Petit cours d’autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon. Une matière que je recommanderai vivement d’enseigner dans toutes les classes d’écoles et d’universités!

À la prochaine,

Michel – 30 juin, 2015


L’illustration provient du blogue : Gyam

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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