La réalité digitale, ou les nouveaux citoyens du monde !

00 Citoyens du monde


Je ne suis ni Athénien, ni Grec mais un citoyen du monde !
– Socrate


De plus en plus les opinions émergent quant à la raison d’être de la réalité digitale. Question fort légitime; pour certains elles sont euphorisante, pour d’autres inquiétantes mais pour beaucoup elles restent dans le monde nébuleux de cette inconnue dont on ne veut pas ou ne sait pas faire connaissance.

S’il y aurait une chose à dire, c’est que la réalité digitale (appelez-la virtuelle si cela vous plait) est là pour rester, non seulement rester mais évoluer.

Plusieurs petits détails nous le confirment chaque jour, la forte augmentation des ventes de portables (Cellulaires et tablettes) qui donnent une sorte d’autonomie. On se trimbale avec soi-même un peu partout, presque partout. Chaque style de vie s’accompagne de son mode d’emploi, chaque mode d’emploi ses utilisateurs.

Depuis l’avènement de cette nouvelle manière de fonctionner ce sont les personnes qui vivaient la transition qui s’occupaient (se préoccupaient) de mettre sur pied les règles et les modes d’emploi de cette nouvelle génération d’outils. Si l’on se souvient des premières générations, un ordinateur personnel devait « faire » plusieurs années avant d’être remplacé, tel un électro ou une pièce importante dans nos maisons : la durabilité!

Cette génération de personnes se retrouverait aujourd’hui plongée dans un monde où durée de vie, longévité et apprentissage se font  « sur le tas », juste ce qu’il faut et l’on passe à l’étape prochaine. Une personne de ma génération prendrait en main son portable en moins de deux heures, sans manuel, sans formation, sans coach, juste lire son écran dans la langue de son choix et le tour est joué. Pourquoi ? Simplement parce que le monde veut se brancher et avoir la sensation de rester connecté au monde qui l’entoure. Est-ce bien ou moins bien ? Nous ne pouvons plus nous poser la question, cette vague ne tient plus compte de ces considérations, par contre il nous est toujours possible d’en définir ses propres règles et ses propres choix.

Se connecter sur un ou plusieurs réseaux fait partie de ces choix, communiquer avec des personnes en est un autre, et bien d’autres choix restent à la disposition des personnes. Il serait peu judicieux – à mon avis – de s’en prendre aux technologies de ce nouveau style de vie. SI tel était le cas, je trouve qu’il serait plus réaliste de se questionner sur son propre positionnement dans cette nouvelle réalité.

La transition entre le cheval et l’automobile ne s’est pas faite sans préoccupations, la transition entre réalité physique et digitale ne se fera pas sans questionnements, cela est certain.
Pour survivre une telle transition il y aurait quelques points, selon moi bien entendu, auxquels nous devrions porter une certaine attention. Si nous comparons ces deux réalités, celle de notre quotidien en tant que citoyens suppose notre adhésion aux principes et articles des lois régissant notre collectif. Bien entendu si nous décidions de vivre isolés la question serait réglée en grande partie. Nous respectons le code de la route, les propriétés publiques, nous honorons nos engagements et responsabilités, etc. Nous adhérons à un collectif en d’autres termes, avec ce qui nous plait et ce qui l’est moins. Le monde digital n’est pas différent. Autant sont importantes nos responsabilités dans la première réalité, celles du monde digital le sont aussi.

N’en déplaise à certains, le monde digital est devenu partie intégrante de notre vie. Ne pas prendre au sérieux le virtuel serait, selon moi, ne pas vouloir y adhérer par choix et risquer de ce fait de s’auto-exclure de plusieurs activités citoyennes. Que ce soit une transaction bancaire ou foncière, un virement, ou un achat en ligne, le paiement de ses taxes ou rencontrer du monde sur un réseau social, le virtuel est devenu de nos jours un incontournable. Se demander à quoi servent les réseaux sociaux est une question bien légitime, par contre, il serait grand temps à mon avis de s’y mettre, s’impliquer et surtout se considérer comme partie prenante dans cette nouvelle réalité. Ceci n’exclurait jamais les contacts humains, les rencontres personnelles, les sorties etc.

Au lieu de plaindre les personnes âgées de ne pouvoir se brancher (ceci en cherchant l’excuse contre le virtuel), un petit effort de leur apprendre comment le faire serait un geste citoyen bien meilleur.
Au lieu de se plaindre sur l’utilité de certains réseaux sociaux, mais voyons où est votre libre-choix, celui de quitter ce réseau pour un autre qui semble plus approprié ?

Ce nouveau style de vie suppose aussi un code qui puisse le régir ou mieux qui puisse apprendre aux citoyens virtuels quelles en sont les règles de vie. Les responsabilités de tout citoyen virtuel sont aussi importantes que celles auxquelles il a adhéré jusqu’ici. On ne peut plus se cacher derrière un écran en imaginant que personne ne nous voit. Des fois que je trouve que le monde virtuel a ceci d’implacable : nous laissons des traces, des preuves irréfutables de nos actions…

Ce qui sera intéressant d’observer et bien entendu de voir se mettre en place est la concrétisation de la citoyenneté digitale. Si pour le citoyen d’aujourd’hui il est question d’appartenance ou d’identisation è sa ville, son pays ou son continent, la citoyenneté virtuelle a ceci de différent, à savoir les non-frontières telles que nous les connaissons aujourd’hui. Un citoyen virtuel appartiendra ou s’identifiera à sa communauté, une telle communauté faisant fi des limites géographiques territoriales, voire même linguistiques, ethniques et bien entendu religieuses. Le mode de vie en sera différent, souhaitons qu’il soit bien meilleur de ce monde qui s’est transformé depuis la chute du communisme, depuis la chute du mur de Berlin, les Attali, Maalouf et bien d’autres nous en ont parlé, partageant leurs visions mais leurs préoccupations. Faudra-t-il souhaiter et espérer que la citoyenneté virtuelle puisse apporter un semblant de retour aux sources de notre réalité humaine ?

Jamais comme aujourd’hui nous n’avons sombré dans nos crises identitaires, alors que l’on nous parlait de mondialisation et de globalisation. Serait-ce que le message comportait des non-dits ou devrions admettre que les initiateurs de ces courants ont pêché par omission involontaire ?

Je ne crois pas qu’il est encore utile de gémir, se morfondre et se plaindre des irritants du monde virtuel, il est grand temps d’agir. Agir avant que d’autres ne le fassent à notre place nous mettant ainsi devant le fait accompli qu’il serait presque impossible de pouvoir changer.

Devrons-nous attendre une réglementation calquée sur celle d’aujourd’hui pour apprendre cette nouvelle citoyenneté ? J’espère que ce ne soit pas le cas, nous n’aurions fait que transférer nos limites et problèmes d’un monde vers l’autre…

Réel ou virtuel, ces mondes aujourd’hui, sont en passe de s’intégrer l’un dans l’autre, nous avons encore le choix d’être acteurs ou spectateurs.

Avouons que Socrate (voir citation en début d’article)  avouons qu’il avait une vision bien avant son temps de ce que serait notre monde du 21ème siècle. J’admettrai que depuis ces temps, les choses en sont arrivées à se définir comme telles : citoyens du monde, il était grand temps!

À la prochaine,

Michel – 5 août, 2015


Source de l’image : © iStock

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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