Avez-vous obtenu votre Diplôme de Citoyen Responsable (DCR) ?

die große Ankündigung


Pour se sentir citoyen du monde il faut d’abord être solidement ancré dans son terroir, sa culture et sa civilisation et non pas devenir une espèce de mutant qui a perdu son identité de base sans avoir acquis une autre identité.
– Georges Corm, ancien ministre, économiste libanais, 2/12/2010


 

Il est facile de critiquer, de porter un jugement, de ne pas aimer un propos, mais il est facile depuis les réseaux sociaux de parler à plus haute voix, et s’exprimer plus ouvertement. Mieux encore il existe une catégorie de personnes qui, le temps venant, se sont spécialisées en plaintes-complaintes-critiques chroniques. Ces personnes excellent dans leur art tellement bien, que leurs propos fusent presque simultanément avec ceux de la personnalité que l’on n’aime pas! Non sans compter que plus on invective plus on cherche popularité et complicité de compagnons de complaintes : cris et chuchotements ? Non, pas vraiment mais plaintes et gémissements seraient plus d’actualité, une question de perspective quoi !

Notez que je suis un adepte de plaintes et de critiques, parfois fondées, mais souvent regrettées ayant oublié de me la remuer plusieurs fois dans la bouche, ah oui, la langue!

Critiquer les agissements et s’y plaire en alimentant la cadence est une chose – du moins pour moi – faites à moitié. Les propos du genre sont, hélas, rarement suivi de ce à quoi on s’attendrait : une solution, et siouplait une solution positive.

Ce qui me frappe chez certaines personnes est ce sens de la dialectique[i] qui atteint certains sommets jamais égalés. Une dialectique dont on use dans ce fameux art d’avoir toujours raison[ii]. La dialectique éristique[iii] dont parle Schopenhauer, cet art de disputer de sorte à vouloir avoir toujours raison malgré que l’on puisse être dans l’erreur. Alors porter un jugement pour faire valoir son argument devient chose facile.

Je me suis permis la liberté d’ajouter certaines définitions en notes de fin d’article par souci de clarifier mon raisonnement qui ne se veut surtout pas allant dans le sens de cette manière d’argumentation. Nous savons que trop bien où cela pourrait nous mener, d’autres parts, nous sommes exposés à ces innombrables discours ajustés quand il est question de faire valoir un point de vue y compris dans la critique des faits et gestes de nos personnages publics.

Dire que cela ne va pas, est un devoir voire même une responsabilité citoyenne, mais pour se faire, encore faut-il avoir ce droit de cité si cher du temps des Romains : le droit de cité, dans mon langage je dirai être citoyen à part entière.

Je me considère citoyen à part entière et de ce fait je me permets de partager mon désaccord aux personnalités civiles, religieuses et politiques quand cela ne va pas, autrement je verrai mal de pouvoir porter un jugement si je suis en non-conformité comme celles et ceux auprès de qui je suis en désaccord.

Obtenir et réussir sa diplomation de citoyen responsable (DCR) est pour moi ce prérequis incontournable avant toute autre chose. Vous pourriez penser que je verse dans une vision relativement rétro et probablement nostalgique, peut-être pour certains mais convenons que nous serions en position de force si nous avions cet acquis citoyen avant de nous engager dans des palabres continuels qui s’arrêtent souvent à mi-chemin.

La citoyenneté responsable c’est non pas le respect des lois uniquement, oui il en faut pour assurer l’ordre dans une collectivité, mais la liberté d’esprit (d’expression) quand il est question de la survie de la démocratie.

Il est grand temps de cesser d’être des mutants en quête d’identité. Notre citoyenneté est à apprendre, souhaitons-nous un retour sur les bancs d’écoles pour l’apprendre!

À la prochaine,

Michel – 16 août, 2015


 

[i] Dialectique : Art de conduire un rraisonnement rigoureux sous la forme : thèse, antithèse et synthèse. Le raisonnement étant cette argumentation visant à établir une conclusion ou une déduction

[ii] L’art d’avoir toujours raison – Schopenhauer © Éditions Mille et une nuits, février 1998

[iii] Dialectique éristique : Cette forme de dialectique se développe très tôt, par exemple chez les Sophistes. Elle est définie par Arthur Schopenhauer dans son livre La Dialectique éristique. Il s’agit d’une méthode de persuasion, dans la mesure où les arguments sont considérés pour leur seule efficacité (c’est-à-dire dans l’unique but de persuader). À ce titre, elle peut apparaître plutôt comme une technique rhétorique. Schopenhauer appelle cet artifice « l’art d’avoir toujours raison ». Il en établit un recueil (non exhaustif) de 38 règles, destinées à faire accroire à un interlocuteur ou à un public que l’on a raison, quel que soit le détenteur de la formule de la vérité. Cette dialectique ne vise pas à la connaissance, ni à la recherche de la vérité, mais indifféremment à cultiver une image de son personnage comme savant ou à défendre une opinion

Publicités

Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s