Informations, rumeurs et désinformation !

00 Medias Information


Informations, rumeurs et désinformation ![i]

Si je vous proposais l’énoncé suivant :

Tous les hommes sont mortels,
Socrate est un homme,
Donc Socrate est mortel
(Syllogisme célèbre)

Ce syllogisme vous fera probablement sourire de par sa logique évidente, vous pourriez penser aussi à une forme de lapalissade bien inoffensive. Mais que diriez-vous si je modifiais les termes de l’énoncé en y adaptant les mots et le sens que je souhaiterai « pousser » afin de vous faire « admettre » une idée bien précise ? Comme par exemple :

Tous les hommes sont mortels,
Un âne est mortel,
Donc un âne est un homme!
(Paralogisme formel)[i]

Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, mais je trouve fort déplaisante la manière dont certaines sources d’informations (qu’elles soient dites de confiance ou pas) usent de cette approche pour faire passer un message commandité afin que son interprétation ne laisse aucun doute sur son acceptation même si à bien y penser nous penserions qu’il y a quelque chose de pas correct! »

Les évènements qui surviennent dans plusieurs coins du monde sont une occasion rêvées pour les médias, les gens des médias (les vrais) de s’en donner à cœur-joie pour couvrir et informer leurs audiences. Il y a aussi, les pseudos gens de médias (les pas vrais) qui se font une raison d’exister en intoxiquant les réseaux publics et sociaux (facile trop facile de polluer les esprits des gens de nouvelles manquant de rigueur)

Il ne manquait plus que cette pratique douteuse, celle des paralogismes, pour encore mêler les esprits et le pouvoir de déduction du public.

Parlant de crédibilité des médias de confiance qui se trouve sur la sellette, il est dommage de constater que les nouvelles réputées pour être vraies sont malheureusement diluées par les vagues de mensonges qui déferlent sous les yeux des personnes qui ne font aucune différence entre l’une ou l’autre. Plus c’est invraisemblable plus on aime y croire quitte à le regretter par la suite.

Nous assistons à une dénaturation systématique des faits tels qu’ils devraient être soumis à l’opinion publique, il suffit que la personne dise un mot sur un ton autre que la neutralité de rigueur pour que le téléspectateur interprète l’information autrement que ce qui est supposé être. De là partent toutes sortes de nuances. AU lieu de chercher un peu plus nous nous contentons de cette dernière impression et nous fondons une certain compréhension à la lueur du ressenti, qu’importe si par la suite la nouvelle s’avère juste ou pas.

Un fait survenu hier même aux informations de grande écoute (les « prime ») : le journal télévisé de 21h00. On avait annoncé le décès d’un technicien lors d’un accident d’auto, l’employeur, le syndicat et d’autres instances avaient repris la nouvelle et présentés leurs condoléances à la famille du présumé défunt. Or après vérifications le technicien en question est bien en vie ! Imaginez la situation de tout le monde, à commencer par les vagues d’émotions de la famille de la personne et de la situation fort embarrassante de l’employeur, du syndicat etc… Aucune validation ni aucune vérification des faits, la nouvelle est sortie, le reste …!

Nous consommons un volume d’informations chaque jour qui dépasse la simple lecture du journal livré par le camelot au petit matin. Nous faisions confiance aux gens de la presse et continuons de leur accorder celle-ci, par contre dans un univers digital, nous sommes branchés à des milliers de sources qui débitent sans arrêt leurs flots de nouvelles, alors comment faire ?

Si les réseaux d’informations connus mondialement sont dits « réseaux de confiance » (Connus sous l’appellation de Trusted Networks), il est primordial pour nous, d’apprendre et de savoir utiliser quelques trucs simples.

Nous en sommes arrivés où le besoin d’établir une charte professionnelle de confiance qui va bien au-delà des codes d’éthique ou de déontologie professionnelle. Ces derniers s’ils ont survécus jusqu’ici, l’étaient pour une information où les balises et les contrôles étaient possibles à l’interne dans une salle de rédaction. Or aujourd’hui, il suffirait d’être connecté au réseau mondial et d’émettre toutes sortes de choses » parfois impunément, se créant une audience qui, friande de sensationnel agira tels les meilleurs agents de dispersion de nouvelles au reste du monde.

Autant sont critiques nos responsabilités dans le monde réel du quotidien, autant sera critique cette responsabilité digitale. La diligence s’impose au risque de voir de quelconques organisations publiques ou privées s’emparer de cette réalité et d’imposer unilatéralement des directives quant à la manière de vivre celle-ci. Nous savons que trop bien ce que veut dire l’expression « un mal nécessaire » devant la profusion des caméras publiques dans les rues de la plupart des grandes villes du monde. Si le but est louable et nécessaire il n’en demeure pas moins que l’interprétation que pourraient faire certains agents à l’égard d’une personne peut provoquer. Nous en avons eu des preuves concrètes au cours de certains reportages.

Nous ne pouvons plus dissocier les cultures de ces deux mondes.

Le pouvoir de l’information s’est accru en influence depuis la fin du 20ème siècle grâce à la démocratisation de l’accès à l’information. La culture digitale est bel et bien présente aujourd’hui, à mon avis elle annoncerait aussi l’émergence de la démocratie digitale ou la « e-democracy » et de tout ce qui s’en suivrait. Si l’on pense que c’est encore du domaine de la fiction ou au mieux de l’imagination amusante » des premiers pionniers de la toile, plusieurs penseurs et savants de réputation mondiale ont décrit cette réalité en détail au cours des années 70, (Notamment Sir Arthur Clark, qui parlait d’Internet, de téléphones cellulaires, de courriers électroniques, de commerce digital et de transactions bancaires en 1976 au cours d’une entrevue avec la chaine de nouvelles AT&T.[ii] Si cela vous intéresse vous pourriez écouter cette entrevue (en anglais), voir en fin d’article le lien sur cette entrevue faite avec la compagnie AT&T.

Si l’on nous attribue la responsabilité de valider l’authenticité des informations, alors autant nous auto-former et partager nos trucs.

Je me suis fait prendre dernièrement par une nouvelle qui manquait de rigueur, j’ai pris pour acquis qu’elle était fiable puisque venant d’une personne que je connais et dont l’honnêteté ne fait aucun doute. Sauf que si je fus leurré par le sensationnalisme de la nouvelle, cette connaissance le fut autant que moi. Nous avions omis tous les deux de nous assurer de l’exactitude des sources tellement elles semblaient authentiques.

S’il faut parler de responsabilité, alors parlons de ce que chacun de nous pourrait faire : l’autodéfense intellectuelle! Cela vous dit ? Apprendre à déchiffrer le message, sa pertinence, sa valeur, ses impacts etc. (La référence que je fais ici est grandement inspirée du livre de Normand Baillargeon : Petit cours d’autodéfense intellectuelle). Un livre que j’ai lu il y a quelques deux ou trois ans que je ne quitte plus tellement j’en apprends chaque fois que je prends quelques minutes pour valider ce que je lis.

Si je parle d’information dans ce billet, cela vaut aussi pour les discours et messages des politiciens, des promoteurs, en d’autres termes tout ce qui gravite autour de nous et qui pourrait influencer nos jugements et prises de décisions.

Le discours est devenu de nos jours facile, l’usage des subtilités du raisonnement bien agencé l’est aussi, alors autant se prémunir ou du moins apprendre à le faire.

À la prochaine !

Michel – 8 septembre, 2015


[i] L’illustration de cet article provient du site Jeunes Journalistes

[i] Un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux et où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper.

[ii] Interview with author/futurist Arthur C. Clarke, from an AT&T-MIT Conference, 1976

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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