Quand l’arbre cache la forêt !

Ehden3


Le bout du monde et le fond du jardin
contiennent la même quantité de merveilles
Christian Bobin
(Tout le monde est occupé)


Nous vivons des temps assez particuliers qui nous accompagnent dans notre histoire humaine. Loin de moi d’aller chercher les causes d’une telle complexité, ce n’est ni mon but ni ma tasse de thé.

Je trouve par contre que nous sommes aux prises avec des occupations qui se répètent inlassablement, elles sont différentes parfois énervantes elles nous occupent et pourquoi se le cacher nous préoccupent jour et nuit. Il nous suffit d’observer les multiples activités de notre quotidien, selon la place où nous vivons, nous ressemblons aux voitures alignées dans les multiples corridors d’une autoroute des plus modernes. Nous allons à la vitesse imposée, incapables de ralentir la cadence au risque de se faire emboutir voire éjecter du flot continu qui semble ne jamais cesser. Nous vivons la vie des conducteurs anonymes qui nous trouvons en permanence sur sa ligne, suivant la cadence et redoutant le moindre pépin. Être à temps, ne pas oublier la sortie, repartir à temps la sortie encore, et puis la radio les infos, le froid, le chaud, nous arrivons le soir éreintés, ah mais d’autres tâches nous attendent; celles que l’on remet souvent à plus tard mais quand plus tard arrive ce n’est plus maintenant ce sera un nouveau plus tard !

Regarder, désolé je devrais dire, prendre le temps de regarder les choses autours de nous est devenu une sorte d’activité que les adeptes du « je n’ai pas le temps » excellent avec brio. Je peux vous comprendre quand vous avez deux emplois pour joindre les deux bouts et que vous devez cavaler la journée longue entre un bus et le métro pour ne pas arriver en retard, et vous le maman monoparentale qui devez prendre le petit trésor tôt le matin à la garderie, courir au bureau et surtout faire avec un sourire au risque de vous faire regarder de travers, et bien d’autres de vous mes semblables qui devez dans d’autres parties de notre monde vivre l’anxiété de la survie, de manger, d’avoir de l’eau, ceci quand ce ne sont pas les guerres qui vous tombent sur la tête… Ouf ! Que le monde est compliqué !

Que dire des autres qui chacun sa réalité en poche embarque docilement sur sa ligne d’autoroute et suis le flot … À se demander si ce dernier changera de rythme ou de cadence mais cela prendrait des lois pour modifier la vitesse minimale permise… Oyez ! Oyez! Dorénavant on augmente la cadence pour économiser du temps ! Plait-il ? Sauver du temps ! Mais pour quoi ! Pour qui ?

Nous sommes tous occupés ! (Christian Bobin loin de moi l’idée de vous plagier alors j’ajuste l’expression !). occupés à : remplir nos obligations, atteindre nos objectifs, rencontrer les attentes, plaire au patron et bien se comporter avec les collègues dans tout cela trouver le temps de sourire,, avoir de l’entregent et ne pas oublier les 5 à 7 c’est important les 5 à 7 même si cela se fait au dépend de choses autres, comme passer un moment avec son époux ou son épouse, des enfants avant qu’ils ne rentrent se coucher. Oh mais Michel il faut bien vivre aussi ! Oui vous avez raison, il faut bien vivre ! Mais alors, vous, est-ce que vous vivez comme vous le rêviez ? Ne nous attardons pas sur ce registre…!

Notre monde dit « industrialisé» s’aseptise constamment, on veut notre bien et de ce fait on prévient tout risque qui pourrait mettre notre santé physique mais aussi mentale en peine. Si pour l’une l’intention est fort louable, chaque citoyen bénéficiant de soins universels en matière de santé physique, il n’en serait pas aussi louable pour la seconde, du moins pour moi. Parlons du pouvoir de notre libre-choix, l’est-il vraiment ? Les fameuses recommandations et suggestions, et lorsqu’elles prennent un ton plutôt obligé elles se transforment en « nous vous recommandons vivement de » (Entendre par là, exécutez-vous!) Tout ce qui se fait l’est « pour notre bien ». L’on se retrouve occupé depuis notre jeune âge avec une branche, mais une fois venu le moment nous héritons de notre arbre que nous enlaçons à bras ouverts ! Voir la forêt ? Pas vraiment !

Ce que je trouve désolant c’est notre désengagement d’envers certaines causes importantes et notre engouement pour celles qui nous sont plus « faciles », par exemple donner des sous c’est super rapide et puis on n’en parle plus; alors que s’impliquer, se mobiliser c’est « Oh ! Pas maintenant ! J’suis crevé, fatigué, demain pt’être! » Je ne douterai pas du tout des bonnes intentions des penseurs qui nous ont amené à cette qualité de vie, je ne crois pas par contre qu’ils avaient prévu que l’institutionnalisme avait ceci de pervers : le changement est tellement désagréable et puis pourquoi changer tant que cela fonctionne?

Il y aurait de merveilleuses choses dans la cour de mon jardin certes, mais n’ayant ni cour ni jardin je prends parti pour le cosmos qui m’attire par un ciel étoilé du mois d’août me laissant voir les uniques merveilles de ce que je ne vois plus depuis que l’on m’occupe à ne plus avoir le temps !

À la prochaine !

Michel – 7 octobre, 2015

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

3 réflexions sur « Quand l’arbre cache la forêt ! »

  1. Hier je regardé le temps. L’ai écouté et remercié de ses dons.
    En 24 heures il avait réuni la pluie, le soleil, la fraicheur, la chaleur. Il avait nourri la terre et épanoui les fleurs ; caressé ma peau de son souffle. Il avait fait naitre les nuages jouant avec le soleil ; agiter la mer en flux et reflux. Il s’était permis de repeindre le ciel de ce bleu nuit profond en imprimant des étoiles pour l’égayer et une lune pour m’éclairer.
    Il avait tant fait en 24 heures, tant fait…que je me sentais bien petite et peu fière de ma journée.
    Une journée de bureau, sur chaise de 8 :30 à 17 heures…sans quitter cette pièce, même pour déjeuner. Et puis 2 heures de voiture pour la maison. Tout ce temps gâché pendant que le temps faisait tant de merveilles, sans se plaindre, et en remettant ça depuis la nuit des temps.

    Aimé par 1 personne

      1. Je suis désolé de te répondre si tard, l’alerte s’était perdue parmi d’autres mails 🙂
        Je comprends ce que tu ressens, c’est bien le cas de beaucoup de personnes, même celles qui n’ont pas les contraintes du métro-boulot-dodo…

        Je te souhaite de petites escapades pour profiter de ce temps qui manque tant dans notre bien être 🙂

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