Lire un livre c’est aussi …

00 Bobin - Books


J’ai rêvé d’un livre qu’on ouvrirait comme on pousse la grille d’un jardin abandonné (Christian Bobin – L’homme-joie)


Je me pose souvent la question à savoir ce qui nous motive de lire un livre, mais lire celui-ci plutôt qu’un autre ?

Depuis enfant je fus fasciné par la lecture, parfois je fis des choix libres sans même demander l’avis de mes parents, partant à la découverte de l’histoire, du roman, voyageant vers cette promenade imaginaire, ma soif de mots, encore plus de mots.

J’avoue que certaines de mes lectures n’étaient pas nécessairement celles pour un jeune de mon âge comme lire André Gide ou Hemingway à l’âge de 13 ou 14 ans, ces lectures me firent me poser tant de questions auxquelles je n’eus de réponses que bien plus tard.

Il est un livre que j’affectionnais particulièrement, beaucoup le considèrent autre qu’un livre, à savoir le petit Larousse. Il fut durant mes jeunes années mon refuge, mon école et la source d’émerveillements sans arrêt. Découvrir la source d’une langue, ses mots, ses termes et parfois ses expressions mises en contexte dans une phrase.

Je me faisais souvent réprimander par mes professeurs qui, eux, auraient souhaité que je potasse plus un livre de grammaire, de mathématiques ou de science. Mon Larousse ne me quittait presque jamais. On s’entend que trimballer cet ouvrage volumineux de la maison à l’école et retour chez moi tous les jours en plus de tout ce que pouvait contenir un sac d’école d’un jeune écolier de ma génération. Quelle fut ma satisfaction le jour où tout sourire je me luis levé en classe pour annoncer à mon professeur que je venais de terminer la lecture du Petit Larousse en entier! Oui je m’attendais d’être féliciter, mais au contraire, mon exploit fut suivit d’une rencontre avec mes parents, le professeur et moi bien entendu, afin qu’ils prennent connaissance de l’inquiétude de l’enseignant sur la suite dite normale de mon enseignement.

Ceci pour dire que mon amour de la lecture se devait, lui aussi, suivre une certaine norme, celle de la lecture (en son temps) dite « utile ».

Mais bien sûr que je lisais les aventures des héros, de Tintin, de Bob Morane, des livres que tout jeune de ma génération aimait lire. J’avais cependant des préférences pour l’anticipation, la science-fiction et l’histoire depuis la nuit des temps, toute l’histoire de l’humanité.

Ma passion prit son apogée le jour où j’eus l’occasion de voir le film Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, un film qui m’avait honnêtement empêché de dormir la nuit. J’empruntais ce livre à la bibliothèque de l’école et m’y mettais dans une lecture ininterrompue, je trouvais monstrueuse cette idée de supprimer les livres dans une société, de punir toute personne qui osait cacher un livre. Mais j’ai trouvé géniale l’idée que faisaient ces personnes en désaccord avec cette loi, de mémoriser un livre afin de perpétuer le savoir et la vie de l’auteur. Devenir l’auteur en quelques sortes…

Mon amour des livres n’aura jamais cessé depuis, bien entendu il y eut des périodes de non-lecture, mais ces dernières m’étaient importantes non pas pour changer de style, mais surtout pour découvrir de nouvelles relations, en fait des liaisons avec de nouveaux auteurs.

Comme si chaque étape du cheminement de ma vie, s’accompagnait de ces rencontres faites au tournant d’une page, entre une préface et la dernière page d’un bouquin. Mes coups de cœur ne se comptaient plus, je m’en voulais de tomber tant de fois en amour avec une œuvre, son auteur, et passer dans une autre liaison amoureuse et puis une autre ! Mais la passion de lire me procurait toutes les excuses dont j’avais le plus besoin pour continuer ces « infidélités » passagères … Je peux imaginer que les auteurs ne m’auront pas voulu depuis.

Lire c’est aussi un retour aux sources, l’histoire du genre humain. Je suis émerveillé par les vestiges que nous ont laissés nos prédécesseurs et pense que personne n’aura dit à Gutenberg que depuis sa première presse, il avait changé la face du monde!

Je lis deux ou trois livres de front, oui je sais cela vous semble particulier, c’est plus fort que moi, plonger pendant deux ou trois heures dans l’intimité d’un roman où l’auteur aura beau mettre des personnages fictifs mais rien n’y fera on sait bien qu’il livre une partie de lui, ou m’amuser de la tendresse des idées d’un roman qui parle des faits et choses simples de la vie, tout comme les histoires de l’Histoire de notre temps. Lire un livre de théologie est un émerveillement de la pensée qui me montre combien scientifiques et religieux sont proches ce n’est qu’une question de mots et d’usage de certaines expressions.

Lire est, du moins pour moi, l’expression le plus totale de la liberté de l’esprit humain, que serait-il alors d’en écrire ?

Je lisais ce matin un article qui prédisait la fin possible des liseuses électroniques et que l’attrait du papier ne mourrait jamais ! Tant mieux si tel est le cas, mais faut-il pour cela exclure les technologies au nom d’un regard différent que nous pourrions avoir.

Je suis pour les deux et ne m’en cache pas, car lorsque je voyage j’ai du mal à décider quels livres prendre avec moi, ma liseuse me permettant d’en prendre plusieurs, et pourtant ils sont des livres en papier que je chérirais sans la moindre hésitation, ces livres avec lesquels la relation va bien au-delà de l’histoire ou de son intrigue. Il existe des livres qui sont nés pour le papier et ce papier particulier qui fut créé pour ce livre. Cette relation, les sensations du toucher, les parfums, juste d’imaginer le son des imprimantes couchant les mots sur ce papier unique… Le ravissement est entier quand on s’en procure une copie. Comme les bons vins, j’aime que mes livres passent un certain temps dans la pièce chez moi, je les met en place, les observe, les touche, je me fais une idée avec lequel je vais me lancer, puis lequel en second, il me faudra faire attention d’éviter des scènes de jalousie quoi !

Si lire est une relation personnelle avec l’auteur, faire cadeau d’un livre serait un double geste d’amour de perpétuer un certain savoir, en offrir à quelqu’un qui n’aura pas pensé ou les moyens de s’en acheter et continuer la mémoire de notre histoire!

J’aime la phrase du personnage de la série britannique Doctor WHo : « Voulez-vous des armes ? Nous sommes dans une bibliothèque ! Les Livres ! C’est la meilleure arme au monde ! »

À la prochaine,

Michel – 13 octobre, 2015

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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