Ce gazon qui semble plus vert chez le voisin !

Michel J Boustani (c)


Le mal de la télévision, ce n’est pas dans la télévision qu’il est, c’est dans le monde.
Christian Bobin – L’inespérée


Le titre de mon billet n’est pas en relation avec le roman d’Amélie Dubois, mais plus sur l’expression si souvent utilisée ici dans mon coin du monde.

Je passais en revue, en fait mon plaisir matinal, les commentaires et partages de mes ami(e)s des réseaux sociaux, un petit rituel que j’aime bien en sirotant mon méga-latté « maison[i] ». Je ne sais pas si c’est un alignement favorable des astres mais dans le magma des nouvelles des tragédies quotidiennes, l’on parlait de ces choses qui font ce que notre monde considère « normal ».

Il était question de signalisation routière dans une municipalité d’un village de la montagne libanaise, d’un projet d’urbanisme d’éco-quartier, bien entendu d’économie, d’élections, de grèves, de plaintes (quoi de neuf), de préoccupations qui pour certains futiles et pour d’autres existentielles. Je trouve fort amusantes ces préoccupations qui, à mes yeux, sont à la limite du tolérable, genre « il pleut trop fort, les routes sont inondées et, misère mon pâtissier ne pourra pas venir travailler aujourd’hui ». SI, si je vous assure je fus témoin d’une telle scène, c’était le pâtissier et le jardinier. De l’inquiétude sincère, du souci et bien entendu une conversation dont je me serai passé, mais bon !

Le monde, rassurez-vous, n’est pas insouciant des malheurs des uns ou du manque de bonheur des autres. Se préoccuper de pâtisserie quand 80% du monde doit trimer dur pour joindre les deux bouts ce n’est pas de l’inconscience, mais autant que cela peut paraitre contradictoire, une omission, une omission bien innocente et non voulue. L’on informe les gens en misant sur l’isolation humaine, chacun dans son coin de monde se préoccupant des choses de son coin de monde, pour les uns c’est le retard du jardinier pour les autres c’est de quoi se suffire pour la journée, certains se portent aux barricades des grands principes humanitaires pour d’autres ce sont des calculs de petits sous noirs. J’estime que dans un monde qui se dit global et mondialisé, l’éveil des consciences n’incombe pas aux individus mais bien à ceux qui détiennent les moyens pour se faire.

L’on parle beaucoup, à tort je le pense, de l’imputabilité des individus face à un comportement donné, mais ne voit-on pas que les dés sont pipés au départ. C’est comme ceux qui prônent la théorie que tout le monde a eu les mêmes chances de rouler dans la vie, et que cela dépend de chacun d’en faire un succès ou une stagnation de désolations. Heu ! Une seconde là !

Si tout le monde a reçu un vélo, il y aurait ce petit détail d’importance que ce ne sont pas toutes les personnes qui aient reçu le mode d’emploi!

Cela ne m’étonne pas que l’on pense au gazon plus vert du voisin lorsque son propre lopin de terre ne laisse pousser que chardons et herbes folles… Encore aurait-il fallu que tout le monde reçoive les mêmes instruments et le même savoir pour avoir un beau gazon.

Il n’est pas question d’une discussion de rhétorique ou de théories intellectuelles, la question est beaucoup plus concrète que l’on puisse imaginer.

SI pour certains partager le superflu de ses richesses est une aberration, il ne faut pas s’étonner alors que pour d’autres ce non-partage soit perçu comme source de frustrations et d’envies. Notre culture dite humaine ne nous enseigne pas cette attitude altruiste et universelle – une culture où il n’est ni question de religions ou de principes moraux, juste une attitude innée en nous !

Vivre en démocratie n’est pas un don acquis, si nous parlons de libertés encore faut-il les mériter, mais aussi les maintenir, si nous prônons le respect des lieux communs encore faut-il y porter attention, ainsi de suite, les liens sont intimement dépendants les uns des autres.

Le gazon du voisin me semble plus vert ? C’est un fait, mais alors je fais quoi ? J’échange avec mon voisin, je fais comme lui ou simplement je me préoccupe d’apprendre comme le rendre plus beau et plus vert ?

À la prochaine,

Michel – 15 octobre, 2015


[i] En fait rien à voir avec le latté fort dispendieux et si peu savoureux des chaines de café! Il s’agit d’un méga espresso dans une méga tasse du sucre de canne et un peu de crème de lait, le tout bien fouetté, pas de cannelle ni cacao juste du café…!

 

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

2 réflexions sur « Ce gazon qui semble plus vert chez le voisin ! »

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