L’art des mots !

Lart des mots


 

« Les bavards sont ceux qui vous parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui vous parlent d’eux-même. Ceux qui vous parlent de vous sont de brillants causeurs. »

Marcel Pagnol


Nous vivons dans des temps où l’usage des mots se transforme bien plus vers un besoin de concision du message que le plaisir de recherche d’une certaine élégance de la communication. Ceci est normal quand on sait que cette concision est nécessaire pour faciliter tant la compréhension que la clarté de l’information que nous véhiculons dans nos relations humaines, surtout celles du domaine public.

Les personnes qui usent d’une richesse de langage sont souvent considérées comme celles d’un autre temps, c’est aussi le cas de les traiter (gentiment bien entendu) de philosophes (sans nécessairement comprendre la portée du sens de ce terme), on dit alors que cette personne use d’un langage « fleuri » où usage de métaphores, d’images et d’analogies sont les ingrédients principaux de ce mode de communication.

Nous oublions aussi que dans le souci d’une recherche soutenue de la simplicité, nous nous privons de certains efforts ayant trait au beau – je parle bien entendu des richesses de la langue française – ce beau qui caractérise notre langue maternelle dans cette musicalité, permettant de transmettre non seulement le contenu, mais un contexte fort plaisant.

Qui dit richesse du langage dit plaisir de l’esprit. EN peu de mots l’on pousse l’esprit à cette évasion mentale qui nous permet de créer une image fort plaisant de l’idée que nous partageons.

Il ne fut jamais dit que les besoins de précisions (langue des affaires, des sciences ou autres) devaient opérer par exclusion de l’autre aspect du langage : celui de nos rapports avec nos semblables.

Imaginons un peu le cas d’une présentation factuelle d’un évènement, il serait fort déplacé de procéder à une présentation littéraire pour décrire un incident ayant causé des victimes, mais à l’opposé combien est aride le texte qui en moins de dix mots relate les bienfaits d’une découverte importante pour l’humanité.

Tout est, à mon avis, une question d’équilibre, d’harmonie et d’élégance. Notre langue, la langue française, se prête admirablement à cet exercice, rien que d’imaginer les nuances et les choix de mots qui nous sont offerts à cet escient.

Il semble que nous n’usons du langage que par contrainte, pour certains, s’il était possible d’user des symboles, je suis convaincu que cela serait déjà fait.

Dans cet appauvrissement linguistique il y a aussi les partisans de l’utilitarisme : pourquoi lire un livre par exemple, surtout un livre sur papier ? L’on trouve mille raisons et excuses qui parlent d’environnement, d’écologie, de durabilité pour promouvoir les bienfaits d’une autre approche. L’Exclusion radicale en d’autres termes en usant de paralogismes d’apparence saine mais qui, pour moi du moins, sont une induction erronée quant à la finalité : on s’appauvrit intellectuellement!

Si vous en voulez certains exemples, vous n’aurez qu’à passer 3 minutes devant votre poste de télé, écouter les spots publicitaires. Non seulement une cacophonie déprimante mais une valeur atteignant le maximum en matière de médiocrité. Le pire, on vous invente des termes, profondément faux, prétextant que « c’est comme cela que l’on dit ici! »

Je n’ai rien contre les nuances sociogéographiques d’une même langue que ce soit en Europe, sur le continent Africain ou en Amérique du Nord, voire en Asie, mais de grâce cessons de charcuter les richesses d’une langue avec comme excuse le pragmatisme de notre temps.

J’ai toujours aimé adapter mon parler selon la région où je vivais, non pour suivre la mode, mais plus par respect envers les personnes chez qui je me trouvais. Bien entendu nous avions une racine commune, il était donc de bon aloi d’utiliser les termes portant à confusion le moins possible.

Si le langage verbal définit notre attitude envers nos semblables, comme le dit si bien Marcel Pagnol, il y va aussi lorsque nous écrivons nos pensées.

Je suis un grand amoureux de lecture, il m’arrive de lire deux ou trois livres de front. Oui je sais que ce n’est pas commun, mais pouvant le faire sans me confondre entre une œuvre et l’autre je me permets cet exercice qui pour moi est fort rafraichissant.

Il m’est arrivé au cours de mes lectures les plus récentes de tomber sur certains auteurs si bien définis par Pagnol, les bavards, les raseurs et les causeurs. Ce fut un triste constat de réaliser que même dans l’écriture cette pratique est courante. Des œuvres que l’on a hâte de terminer, et d’autres pour lesquelles on ne souhaite jamais atteindre la dernière page…

À la prochaine,

Michel – 27 octobre, 2015

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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