La « religiosité » perverse de la laïcité !

Laicite3


On ne fonde en soi l’être dont on se réclame que par des actes.
Un être n’est pas de l’empire du langage,
mais de celui des actes.
Notre humanisme a négligé les actes.

Antoine de Saint-Exupéry


 

Parler de laïcité[i] alors que nous sommes témoins de la recrudescence de ces crises identitaires (ethniques ou religieuses ou les deux) un peu partout sur notre planète, relève d’un exercice des plus délicats qui soit.

Le cheminement vers cette séparation entre les deux pouvoirs : la religion et l’état, n’est pas exempt de soubresauts et de réactions tant populaires que celles des partis au pouvoir ou ceux de l’opposition.

Le concept de laïcité, tel qu’il se voudrait aujourd’hui, suppose une séparation. Qui dit séparation sous-entend l’avant et l’après d’un état de fait donné, d’une habitude qui s’est ancrée au fil des ans, dont on a tant de mal à s’en départir. Cette séparation sous-entend aussi l’acceptation du changement, la perte de certains acquis pour le bien collectif. De plus pour qu’une laïcité soit viable il lui faut l’appui populaire dans sa majorité exprimée.

Qui dit changement, dit aussi perte de l’emprise héritée depuis fort longtemps vers une inconnue, celle de la sortie d’une zone de confort.

Comment parler de laïcité alors que nous pensons, agissons et éprouvons des sentiments selon la culture héritée de nos parents et de nos ancêtres ? Adopter cette dernière suppose aussi un changement profond de notre pensée. Une telle pensée trouve sa source au sein de ce qui constitue toute collectivité humaine et sociale, à savoir : la famille, cette première cellule qui détermine une population vivant selon des règles établies par cette dernière.

Les spécialistes du monde de l’enfance et de l’éducation nous disent souvent que « tout se joue avant 5 ans » pour l’enfant en matière de développement. Il en est de même pour l’acquisition des fondements soit religieux ou laïc. L’on ne peut devenir naturellement laïc suite è une formation ou un cours en classe, l’on apprend, il est vrai à mieux comprendre et mieux mettre en pratique les principes qui régiraient notre laïcité.

Je tiens à préciser que pour moi du moins, laïcité n’exclut pas pratique du culte, l’inverse est autant vrai aussi. Je ne porte aucun jugement pour ou contre une religion, là n’étant pas le but ni l’objectif de mon article, de ma pensée et de mes convictions humaines et spirituelles.

Là où je pense et constate que cela ne va plus c’est dans l’interprétation, parfois biaisée, que l’on fait de ces concepts.

Sommes-nous trop religieux ou trop laïcs ? Je serais enclin à dire que nous sommes bien les deux. Il est bien convenable de prendre le meilleur de ces deux réalités et d’en tirer profit pour un meilleur devenir de nos existences. Le problème reste plus que jamais cette interprétation que l’on nous sert qui parle d’exclusion alors qu’un des principes de cette dernière est une inclusion naturelle de la diversité sous une seule et même bannière : l’appartenance à une collectivité, une vie ensemble, un même pays, etc.

Nous sommes encore témoins de ces courants identitaires qui tout en prônant être les meilleurs qui soient, s’occupent d’exclure toute personne qui ne réponde pas aux critères de cette vision. Sommes-nous, alors, si différents de la ségrégation ethnique, religieuse ou raciale ? Je vous fais grâce de la réponse vous l’avez déjà !

Une laïcité fondée sur une exclusion radicale des valeurs temporelles est autant dangereuse et perverse que celle de la radicalisation teintée d’intégrisme religieux, les deux ne permettent aucune possibilité que son adoption ou se voir irrémédiablement exclu !

Avoir le courage de changer n’est pas – à mon avis – se contraindre de faire des choix forcés, mais c’est surtout avoir la capacité humaine de prendre en compte l’ensemble des besoins des individus sous une allégeance à un code de vie commun à tous.

Il temps de définir une nouvelle compréhension de ce que la laïcité veut dire, à défaut de cela, nous n’aurions fait que déplacer le mal d’endroit !

À la prochaine,

Michel J.B. – © 2015

[i] Laïcité : Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Église et de l’État et qui exclut les Églises de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement. (Le principe de la laïcité de l’État est posé par l’article 1er de la Constitution française de 1958.)

Caractère de ce qui est laïque, indépendant des conceptions religieuses ou partisanes : La laïcité de l’enseignement. (Source : Le Larousse)

Publicités

Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s