Garder les rangs, à quel prix ?

00 Scene7


L’homme ordinaire,
c’est le bonheur du conformisme.
Roger-Gérard Schwartzenberg
(L’état spectacle)


Les lieux publics, un salon de café ou un forum virtuel ont ceci de particulier : ils permettent au monde de s’exprimer sur les questions de l’heure, souvent les choses qui ne tournent plus rond, et lorsque toutes ces questions sont discutées on parle du monde, on essaie de le reconstruire pour finalement rentrer chez soi pour souper ou regarder un match de quelque chose qui nous fait voir les gladiateurs des temps modernes se battre, le tout accompagné de chips (croustilles), de boissons gazeuses, de l’inévitable bière, dans mon coin du monde il y a aussi les ailes de poulets BBQ, piquantes, super-piquantes et extra-super-piquantes, sauce miel et ail et l’incontournable crémeuse au bleu !

Si l’on tomber sur les informations, c’est le temps d’aller faire une pause, « il ne se passe jamais rien aux informations! Sauf bien entendu les fait divers comme les enfants soldats, les civils sous un blocage de la faim, les femmes agressées, les aînés maltraités, des milliers qui meurent par l’entremise de gouvernements déments, bref les « faits divers quoi » Alors vite vite une pause !.

Rester dans les ranges semble satisfaire tout le monde. La moitié du monde pourra aller se coucher en toute quiétude alors que l’autre moitié ira faires ses 8 heures de travail et ses deux heures de déplacement.

Entre ces deux mondes il y a les autres, ceux des faits divers, ceux dont il fut un temps qui, même si  on ne parlait pas souvent ,ils existaient toujours dans notre mémoire consciente, de nos jours,  on n’en parle plus du tout !

Que dire de plus que nous tous le savons, et pourtant on ne le dit pas assez parce que cela dérange, parce que cela nous fait sortir un tout petit peu des rangs si bien dessinés. Sortir des rangs sans permission vous expose à certaines conséquences. Rassurez-vous il n’est pas question de punitions, de retenues ou tapes sur le dos de la main, on vous le fera sentir par ces conséquences qui surviendraient de manière subtile et fort discrète, rectitude oblige!

Notre sédentarisation « moderne » nous maintient dans les rangs plus que jamais. Tout est accessible non plus d’un ordinateur mais d’un simple téléphone dit « intelligent » ! J’essaie d’imaginer si l’intelligence pouvait parler, elle aurait bien des choses à nous dire.

Nous ne bougeons plus, les choses bougent pour nous, l’essentiel est que nous restions bien dans ce semblant d’illusion, que l’on nous dit être ce confort (dans les rangs !) de notre chez-nous. On commande du sushi, du poulet ou de la pizza, on paie et on transfère des fonds, certaines banques nous permettent de prendre en photo un chèque et le transférer à notre compte, d’autres vous proposent un lecteur de cartes (les fameuses cartes à puce) pour facturer ses clients à même l’instant.

Nous sommes capables d’innover dans des services d’intérêts populaires, mais nous avons toujours des humains qui souffrent pour une ration de pain, de riz, d’eau, des humains qui n’ont nulle pas où s’abriter et dormir au sec (pour ne pas dire au chaud). Rassurez-vous je ne tenterai en aucun cas de culpabiliser le lecteur, ce n’est point mon intention. Sauf que si nous prônons les grands principes humanitaires, accordez-moi ceci : cela ne fonctionne plus tel que nous pensons que cela devrait l’être.

L’universalisme humain et humaniste, l’altruisme, la compassion, semblent avoir échoué lamentablement, ces attitudes ont failli, ne portent plus de nos jours. Je me souviens du fameux slogan : aucun enfant ne sera laissé pour compte,( en matière d’éducation )! Et bien ces enfants sont plus que jamais laissés pour compte à la différence aujourd’hui on n’en parle plus ou trop si peu !

La solution ? Me direz-vous. Sincèrement je serai étonné de me faire poser une telle question ! Je ne l’ai pas à moi tout seule la solution, on conviendrait qu’elle incombe à toute la partie des gens qui se couchent et ceux qui se réveillent, c’est le désir de vouloir une solution qui sera au départ d’une solution.

Non, il ne nous est pas demandé de changer la face du monde, cela voudrait aussi dire changer la nôtre je ne pense pas que nous sommes prêts pour ce changement, mais faire la part des choses, informer, alerter, garder vivantes ces causes qui dérangent et dont on ne parle plus ! Faisons la part des choses pour ceux qui ne dorment ni ne s’éveillent. Représentons-les dans nos familles, nos cercles, nos salons, nos communautés, nos villes et municipalités, nos élus, nos gouvernements. Parlons pour ceux qui n’ont pas de voix dans ce monde, c’est bien eux qui auraient le plus de choses à raconter. 

À la prochaine
Michel J.B. – © 2016

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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