Sommes-nous tous des étiquetés ?

Anonymes


Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son cœur,
pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin,
patience, regret, surprise et pardon,
crée cet atome qu’on appelle l’amour.
G. Khalil Gibran


 

Savez-vous ce qu’est un N.A.S ? C’est votre numéro d’assurance sociale (bien entendu dans les pays où cela s’applique) par lequel on vous identifie, on vous reconnaît on vous laisse passer ou pas on vous paie votre pension ou on vous réclame aussi des impôts. Votre N.A.S. vous colle à la peau toute votre vie. Pourtant c’est une formalité des plus banales, un formulaire, vous signez et hop vous êtes étiquetés pour la vie. Même que cette étiquette vous suit à titre posthume, surtout si les différences services ont omis de faire les mises à jour de leurs banques de données.

Cette pratique est fort utile à la source puisque de savoir combien de Michel Boustani il y a dans un pays de quelques millions on s’entend que cela n’est pas chose facile (bien qu’un seul suffit pour l’instant.)

Ceci dit, les NAS, ont  par je ne sais quel phénomène, inspiré d’autres organisations : celles des cartes de crédit entre autre qui, tenez-vous bien, vous identifient que vous êtes bien Unetelle ou Untel par une série de 15 chiffres et un code de sécurité de 4, tout ceci sur la carte elle-même, sans photo ou empreinte biométrique.

Je me trouvais dans un magasin souscrivant à un abonnement pour des services Internet, le préposé me demande deux pièces d’identification dont une au moins avec photo. Rien de plus « fafa » (Facile) je sors ma carte d’assurance maladie sur laquelle je suis bien en évidence et lui propose soit ma carte d’assurance sociale ou ma carte de citoyenneté (identifiée elle aussi avec photo), nenni ! Pas bonne la seconde pièce d’identité, alors le permis de conduire et la carte maladie, « nope, pas bon! »

Devant mon air ébahi, il me sort la totale : une carte bancaire ou une carte de crédit « majeure », remarquez le mot « majeure ». Je n’en revenais pas . Alors je lui réponds, comme quoi si j’avais bien compris sa demande c’étaient deux pièces d’identité et non pas de carte financière sur laquelle autre que mon nom il n’y a que des chiffres et une date de validité de ladite carte.

Bon bref nous nous impatientions fiston et moi, je lui ai proposé toutes mes cartes bancaires et de crédit en lui laissant le choix de trouver celle qu’il estimait être « majeure ».

Ceci m’en dit long sur le niveau de « conditionnement » intellectuel auquel nous sommes rendus de nos jours. Nous sommes devenus tous des NAS, des NIP, des Codes de Sécurité (Id Sécur pour les branchés) et j’en passe, sans compter votre numéro d’employé (si vous avez un emploi bien entendu).

Je prends le métro pour rentrer chez moi, j’aime le métro de Montréal, parce qu’il est sans ambition et simple (des fois, souvent, en panne mais cela fait partie du cachet de MA ville adorée.), au micro des annonces : « matricule XYZ Communiquez ! » wow! Minute là! L’annonce ne cessait de fuser assourdissante, je plaignais l’humain qui existait sous le titre de matricule XYZ.

Je ne m’en suis pas tenu à ce constat, je fulminais. Une fois chez moi, j’ai écrit à la compagnie de transports de ma ville pour leur dire combien était inhumaine cette manière d’appeler les personnes. Je leur transmettais ma façon de penser… Quelques jours plus tard je recevais un courriel (mail) de l’une des nombreuses directrices de communications de a STM (Société des Transports de Montréal) me disant qu’ils comprenaient mes remarques, qu’ils allaient « corriger » la situation et me remerciaient de ma contribution. Et non . Je n’ai pas reçu de passe de métro gratuite . Haha!

Je ne regrette pas les temps où un certain cérémonial pompeux était d’usage, pour terminer une lettre l’on se fondait en courbettes et salamalecs sans fin, mais de là à passer par une série de chiffres il n’ya rien de plus déshumanisant.

Nous fonctionnons pas NIP, NAS, Identificateur unique et quoi encore . Par contre nous avons du plaisir fou d’appeler les automates par des noms humains. La démesure humaine bat son plein .

Je comprends qu’une pièce d’identification personnelle comporte des informations traités par un système de gestion des données, mais de là faire disparaître notre reconnaissance en tant que personnes il y a selon moi une limite.

Signe des temps ? Peut-être. Mais ce que je constate personnellement c’est cette facilité tacite de la banalisation des repères humains des personnes, il suffit de rendre une certaine information obligatoire pour se plier aux desiderata de je ne sais qui eut l’idée de mettre en place des procédures visant à ne plus parler un langage qui se perd un peu partout.

Les personnes, les écoliers, les victimes, les naissances, les décès ne sont plus des personnes humaines, mais des données statistiques froides et impersonnelles, reprises par des analystes qui salivent sans retenue quant aux ratios, pourcentages et tendances.

Alors, NAS ou le nom, je vous souhaite de vous faire traiter dans la langue des humains, cette espèce  est bien en voie d’extinction !

À la prochaine

Michel J.B. – © 2016

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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