Lorsqu’il est question de miroir magique.

Miroir magique


Le Miroir Magique[i]


 

La nature sait mieux que tout miroir
refléter nos états d’âme à l’instant où
notre regard s’interroge sur le sens
de cette réflexion qui ne trompe pas !
Michel JB – Réflexions 2016


 

Que ce soient les contes de fées, les histoires que nous entretenons depuis de longues années, il y eut toujours un miroir magique qui, doté de certains pouvoirs, avait le don de prévoir un futur plaisant à son possesseur.

La légende qui paraissait en Chine (voir note en fin d’article)  aura donc inspiré plusieurs conteurs contemporains. Les dessins animés les plus célèbres n’ayant pas échappé, on se rappellera de Blanche Neige, La Belle et la Bête, Peau d’Âne, Harry Potter, et bien d’autres.

Notre miroir magique aujourd’hui existe bien plus que jamais. L’image publique, le look, le paraitre, la séduction que l’on inspire, un simple mouvement des yeux, de la lèvre inférieure de la bouche, une frange placée avec soin ou une couleur de fond de teint et c’est parti.

Il ne faut pas oublier les outils de retouches qui font aussi partie de la panoplie. Je me demande des fois si l’effet miroir magique fonctionne encore puisque la version originale est tellement altérée que je serais curieux de savoir ce que ce miroir aurait à dire, s’il pouvait réellement parler.

Peu d’entre nous y échappent à cette doucereuse séduction : celle de séduire de manière innocente notre audience ou notre entourage. Nul besoin d’être une vedette adulée des grands publics, ou classées parmi les 10 personnes les plus belles du monde pour ne pas succomber à cette tentation.

Se faire beau n’est pas juste une question féminine, si vous saviez ce que les hommes font pour paraitre autrement beau, être physiquement attrayant, les lotions, les crèmes, les eaux de toilette, bref autant de flacons et de produits que l’on trouve couramment dans une parfumerie ou les grandes surfaces.

Si de mon temps il suffisait d’avoir l’air propre, les souliers bien cirés et les cheveux peignés, nous ne manquions pas d’emprunter un peu d’eau de toilette du grand frère ou de son père (en cachette) pour compléter ce cérémonial qui nous menait au moment tant attendu.

Nous n’avions ni cellulaire intelligent, ni tablette, ni auto, juste le bus, l’attente qui n’en finissait plus à l’entrée du ciné ou du drugstore (centre d’amusement) parfois du café… Les minutes d’attente semblaient des heures mais hélas des secondes furtives quand l’heure de rentrer venait à sonner.

Chaque temps ses propres mœurs, je ne serai jamais celui qui se plaindra du temps révolu, en fait ce serait aussi refuser de vivre la réalité de mon âge actuel. Oui nous aimons commémorer notre passé pour les petits plaisirs (nostalgie) procurés mais de là à en regretter les temps, non pas vraiment mon style!

Les réseaux sociaux semblent être les plus gros compétiteurs des cafés et bars, ces lieux de rencontres, puisque l’on se croise pour la première fois sur la toile, on va clavarder (tchater) deux ou trois semaines, si on s’apprécie réciproquement  on se proposera bien un premier contact dans un café. Je vous avouerai que de nos jours c’est bien moins compliqué que ce c’était de mon temps.

La tentation du miroir magique aura survécu jusqu’aujourd’hui, bien que les contacts soient plus simples et plus directs, il y a chez certaines personnes ce besoin de « rappeler » aux « amies et amis » que l’on consulte régulièrement le miroir magique puis que l’on fasse part à son public de ce que ce dernier nous montre.

Certaines personnes ont ce plaisir de changer leur photo identifiant leur profil au rythme d’une ou deux fois par semaine, parfois – si l’on est un tant soit peu observateur – juste une nuance, un gros plan, un cadrage, une teinte de plus ou de moins, finies les photos de groupes, ces poses qui rendent justice à toutes ou tous, et pourtant si vous saviez vous pourquoi l’on vous apprécie, vous ne vous soumettriez pas à cette tyrannie du Botox®  virtuel, je peux vous l’assurer. Ces personnes soucieuses de leur « image » sont aussi celles qui décrient ces pratiques et pointent du doigt les téméraires ayant osé succomber aux tentations séductrices de l’audimat virtuel.  Le plus amusant ce sont les commentaires récoltés, les « wow » la panoplie des interjections, les icônes ajoutées, les pictogrammes, les messages de ces anonymes admirateurs et admiratrices, brefs la vie glamour du virtuel battant son plein. Rien de bien différent de la vie réelle je vous dirais. Que de personnes rencontrées dans le quotidien me sont presque méconnaissables lorsqu’un évènement mondain a lieu, les maquillages, les coiffures sans parler de l’attirail vestimentaire complété par un parfum capiteux laissant une traine aussi longue que le désir de faire tourner les têtes puisse être… Et pourtant le lendemain matin dans le bus ou le métro, tu es bien comme tu es, je t’aime pareil !

Je sais bien que l’on me dira que la photogénie y est pour beaucoup, je serai entièrement d’accord, mais l’art du beau – pour moi du moins – est aussi l’art du naturel. Être belle ou beau c’est aussi être soi-même vous ne trouvez pas ?

Je lisais un échange sur les rides qui paraissent sur un visage, cela m’amusait de voir combien on y met d’efforts pour les effacer ou les atténuer, et pourtant les rides aux coins des yeux diront combien une personne, qu’importe son âge aura eu le sourire dans sa vie, alors que celles du front … Essayez et voyez vos rides, elles ne peuvent pas mentir.

Si j’aime me regarder dans le miroir chaque matin c’est bien plus pour imaginer le type de face que le monde que je vais rencontrer verra : une face humaine et vraie ou celle de quelqu’un que je ne reconnaitrais pas dans le reflet du regard des autres !

À la prochaine

Michel J.B. – © 2016


 

 [i] Le miroir magique est un miroir appartenant à l’univers du merveilleux. Il est tour à tour doué de parole, capable de révéler par l’image des vérités invisibles ou les souhaits les plus profonds. Les « miroirs magiques » remontent au moins au Ve siècle ap. J-C, en Chine. Un « miroir magique » était un miroir sur lequel étaient coulés en bronze des dessins, des caractères d’écriture, ou les deux. La face réfléchissante était convexe et faite de bronze poli et brillant pour servir de miroir. Dans la plupart des conditions d’éclairage, quand il était tenu en main, il se comportait comme un miroir parfaitement ordinaire. Pourtant, lorsqu’on le tenait en plein soleil, sa surface réfléchissante semblait devenir « transparente », et on pouvait examiner dans la réflexion projetée sur un mur les caractères ou les images qu’il portait au dos.

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

2 réflexions sur « Lorsqu’il est question de miroir magique. »

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