Ces métiers en voie de disparition !

Métiers aujourdhui


« L’entreprise ne peut exiger
la loyauté de ses salariés :
elle doit la mériter. »
Charles Handy


 

Si vous mettiez sur votre Curriculum Vitae (CV) comme titre de profession « Humaniste », « Philosophe » ou simplement « Humain » il y a peu de chances que votre profil retienne l’attention des recruteurs de « talents ».

Les technologues, les gestionnaires, les spécialistes et bien d’autres métiers étant fort prisés, l’on n’a que faire de personnes qui puissent combler des postes dont on a vraiment besoin en ces temps de notre histoire.

La première question que l’on se fait poser au cours d’une entrevue, c’est bien celle-ci « Quel est votre objectif de carrière ? » ou la fameuse question qui tue : « Où est-ce que vous voyez dans 5 ans ? »

Le recrutement étant devenu institutionnalisé de concert avec la logique des nouvelles technologies il est fort triste de constater l’oubli que les personnes sont des humains et non pas des « matières premières (Commodities en anglais) » ou pire encore des « actifs (Assets en anglais) ».

Lors de mes tentatives de trouver un emploi au cours de ces deux dernières années, je me suis souvent fait demander que je ne faisais point mention, sur mon CV, de mes objectifs de carrière.

Lorsque je répondais que je ne cachais pas mon âge sur mon offre de service et que rendu à ce point dans mon parcours professionnels je n’avais pas d’objectifs de carrière autre que de me trouver un poste de mentor ou de spécialiste en transfert de savoir, j’avais l’impression que je parlais une langue inconnue à la personne en face de moi.

Nous démontrons dans notre trop grande boulimie en technologies un vide profond de connaissances du genre humain.

Bien entendu les entrevues que j’eu au cours de ces deux ans, n’aboutirent point, par contre elles nous permirent la représentante des ressources humaines (RH) et moi, d’établir un contact différent. Un contact humain au fond.

Plus d’une fois, cela s’est terminé par un « Merci de m’avoir appris quelque chose que je ne savais pas ! » C’était aussi valorisant que si j’avais eu le poste.

Je vois passer, chaque jour, des dizaines d’offres d’emploi, mais aussi des centaines de conseils, suggestions, stratégies et autres trucs qui inondent les réseaux spécialisés en ce domaine qui expliquent aux candidats comment se présenter et quoi présenter. Cette culture des pelures d’oignons, qui montrent à quelqu’un ce qu’il veut voir et non ce que l’on est en réalité.

On parle d’aptitudes, de personnalité, on soulève des termes qui quoique grammaticalement exacts sont vides de toute signification.

« Avoir de l’entregent, avoir su démontrer des aptitudes interpersonnelles, avoir du leadership, travailler en équipe, capable de livrer rapidement, travailler sous pression, etc. » Très ou si peu de propositions savent dire l’essentiel que le ou la candidate devrait savoir et avoir.

On a calqué le comportement de la logique informatique sur le comportement attendu de la part d’un candidat. La fameuse logique du « Vrai – Faux », « Oui – Non ». En définitive, nous sommes évalués selon le fameux « Check-list » si nous obtenons des points on passe sinon votre CV passera probablement à la déchiqueteuse.

Il est désolant de constater que ce sont ces mêmes entreprises qui se plaignent du taux trop élevé de roulement de leur personnel. L’on se concerte entre collègues pour trouver ces incitatifs de rétentions des employés.  Il fut un temps où l’on pensait qu’un bon « package » financier et de généreux avantages sociaux seraient la raison principale pour retenir un employé qualifié. L’on a déchanté bien rapidement.

Si les résultats sont quantifiables, si les profits sont mesurables, l’on oublie que les humains eux, ne sauraient être ni l’un ni l’autre tant que la dimension humaine est absente : le sentiment d’être heureux dans son travail.

À ceux qui penseront que venir au bureau n’est pas une question de vie sociale, et bien je répondrai ceci : soit vous n’avez pas réalisé que nous sommes au 21ème siècle et que les règles du jeu ont changé, soit que travailler chez vous n’est pas la bonne place pour m’aider à m’épanouir en tant que personne.

Les métiers en voies de disparitions sont ceux dont les études post-secondaires disparaissent aussi. Tout est une question de perception du modèle de la société que l’on souhaite construire.

Mon objectif de carrière ? Je l’ai atteint ! Je ne me suis jamais senti autant humain depuis !

À la prochaine,

Michel © 2016

  

Publicités

Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s