Une friperie nommée « Renaissance ».

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Je ne connais pas votre destinée.
Mais je sais cependant que si vous ne trouvez pas
une façon d’être utile aux autres,
vous ne serez pas heureux.
Albert Schweitzer


 

Nous donnons souvent notre superflu en vêtements et objets qui ne nous servent plus à des organisations caritatives. Pour nous faciliter la vie, ces organisations ont prévu des conteneurs un peu partout en ville (je parle surtout de ce que j’observe ici chez nous au Québec – Canada).

Ces points de chute se trouvent dans les stationnements des centres commerciaux le plus souvent. Si l’idée est une bonne chose, il n’en demeure pas moins qu’elle reste anonyme pour la quasi majorité des donateurs. En effet, il suffit de mettre les articles dont on veut se débarrasser dans des sacs et de les déposer aux bons endroits, c’est tout.

Est-ce que vous vous êtes jamais posés la question de ce qu’il advient de vos dons ? Je ne crois pas, moi en premier, du moins jusqu’aujourd’hui.

Nous avons été livrer ce matin, plusieurs sacs d’objets domestiques en parfait état au centre d’une des succursales de l’organisation « Renaissance ».

Ceci ne m’avait jamais passé par la tête d’agir de la sorte. Je me confinais régulièrement dans cette attitude qui veut « si tu as besoin des choses que j’ai à donner, et bien viens les chercher ! ».

J’avoue que j’aurai trouvé durant plusieurs années cette excuse, celle de devoir porter les objets parfois lourds, pas de stationnement pour l’auto, bref des excuses faciles.

Arrivé sur place vers les 10 heures ce matin, une fois les objets transportés, une personne qui s’occupait probablement d’apporter les sacs de dons à l’équipe de tri, nous fait un grand sourire, un merci sur un visage illuminé, quel accueil! Voulant rentrer visiter, nous demandons si nous pouvions passer par la porte réservée aux employés, une jeune dame, tout sourire elle aussi, nous laisse passer en nous souhaitant la bonne journée.

J’étais loin de ces réponses parfois blasées des préposés lorsque j’appelais des organisations caritatives afin de planifier une cueillette de meuble, (J’avais écrit un article à ce sujet, partageant mon profond découragement mais aussi une certaine dose de frustration quant au comportement de certaines personnes).

La salle, faisait presque la surface d’un supermarché de taille moyenne à grande. L’état des lieux, impeccable : propre, aéré, illuminé. Quelques « clients » en train de circuler dans les rayons. Clients, parce que toute personne peut aller voir et magasiner. Les prix sont symboliques, le concept est – selon moi génial – on paie un modeste prix pour un article donné, question de ne pas le recevoir gratuitement. Je trouve que cela est important que les personnes à faible revenu puisse sentir cette satisfaction particulière et tellement humaine.

Je me suis attardé au rayon des livres, des jeux vidéo, des disques de musique, mais il y avait aussi des vêtements, pour tous, tous âges, des jeux pour enfants, de l’électronique, des meubles, un peu de tout mais beaucoup de dignité. Chaque article ayant été trié, essayé, dépoussiéré et remis en état de fonctionnement autant que possible, j’étais vraiment trop loin de penser que ces choses que je donnais depuis de nombreuses années, n’étaient pas juste « données » mais plutôt proposées et offertes sur des tablettes en « magasin ».

Un truc qui m’aura amusé c’est de trouver un bocal dont le couvercle permet de mettre le contenu sous pression vendu pour 75 sous.

Si j’en avais eu besoin je l’aurais acheté. Je sais que beaucoup ne le feront pas, si la raison est le fait que cela est un bocal ayant déjà servi, pensez-vous que celui vendu neuf est moins ou plus propre ? Chacun finira bien par la vaisselle en tout cas.

En quittant, j’ai senti que ma contribution n’était plus juste un don de charité, mais une vraie contribution au développement durable de ma communauté. Développement durable, une expression galvaudée un peu partout, un peu à toutes les sauces, je me demande si des fois on saisi la portée de cette idée.

Le vrai développement durable c’est aussi penser qu’autrui pourrait profiter de quelque chose dont je ne me sers plus du tout. Mais de lui laisser le sentiment qu’il ne l’aura pas eu pour rien, qu’à son tour il contribue lui aussi.

Une fois rentré, j’éprouvais cette envie sincère de sourire, j’avais appris quelque chose de différent aujourd’hui.

À la prochaine.

Michel !
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(cet article contient 759  mots – temps de lecture : 2.5 minutes)
Tous droits réservés © – 2016

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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