Recycler ? Pas si vite !

Farm3


La culture citoyenne,
cela commence par de simples gestes.
Des gestes humains soucieux
du devenir de notre propre genre !
MJB


Parler de recyclage est tellement à la mode. Oui, face aux enjeux des matières premières qui ne sont plus renouvelées, face à la surconsommation et bien d’autres mauvaises pratiques que nous, humains, endossons avec une telle générosité négative… Comme c’est simple de parler de recyclage.

Dame Nature nous envoie depuis quelques temps ces signaux nous disant qu’elle n’en peut plus. Et dire qu’il existe des « têtes pensantes » qui nous disent haut et fort que tout cela est faux. Les gaz à effet de serre, la toxicité des matières fossiles, les déversements criminels dans la ressource la plus critique de notre existence, l’eau. On a le culot de nous dire que tout ceci ce n’est qu’un ramassis de propos alarmistes, on sacrifie au nom des « nouvelles religions : économie, emploi et prospérité » l’avenir du devenir des humains dont nous seront sous peu les ancêtres, souhaitons tout simplement que nous ne soyons pas cités comme ces « ancêtres maudits qui n’ont rien laissé de viable ».

Aujourd’hui on nous sort le fameux buzz : recycler! Oui cela est vrai, c’est juste, mais quoi recycler ? Nos mauvaises habitudes ? Nos consciences qui nous taraudent plus que souvent face à la désolation des montagnes de déchets que l’on a hâte d’enfouir le plus loin possible de chez soi. Ne pas voir, c’est aussi une manière de vivre dans l’insouciance de l’ignorance, comme si on évitait cette imputabilité incontournable le jour où… Le jour où plus rien ne sera viable.

Je ne sais combien d’ouvrages, de documentaires, d’organisations sont mises en places par des ONG, certains gouvernements, et d’autres entreprises impliquées dans une sorte de culture, celle du recyclage.

Disons que cette attitude si louable soit elle, est incomplète et insuffisante puisqu’elle saute de la troisième priorité à la toute première. Recycler n’est que le troisième maillon de la règle des 4 R.

Tout le monde s’affaire et parle de recyclage. Les spots publicitaires foisonnent sur les chaines, on loue les services de quelques humoristes ou des personnes d’intérêt pour « passer le message », mais cela reste entre nous et le petit écran ou les affiches publicitaires et ce que notre cerveau essaiera de comprendre.

Pour arriver à recycler, il nous faut faire d’autres devoirs : pour commencer apprendre à réduire à la source. Réduire notre boulimie de surconsommation de produits que nous ne consommerons pas vraiment, mais de les empiler on nous aura prévu dans ces centres d’achats de chariots du double de la taille du caddie normal. Juste à regarder le visage triomphant des as de la « consommationite aigue » sortant de ces entrepôts, un visage radieux comme celui d’avoir gagné le gros lot. Quelles que soient les raisons invoquées, nous ne réduisons rien puisqu’il faudra de la place pour entreposer ces denrées, non seulement la place mais être attentif aux dates de péremption, sinon il faudra se farcir de la saucisse pendant les trois prochains mois, manger les mêmes céréales pendant autant de mois, et ne jamais voir finir le pot de 2 kilogrammes de café acheté mais dont la saveur nous aura déçue.

Notre dilemme de la réduction à la source c’est notre abandon de toute volonté du libre-choix d’achat selon nos besoins. On nous illusionne que les économies sont là. En fait elles ne sont qu’illusions puisque l’on vous hameçonne avec une carte de crédit propriétaire qui vous donne des ristournes en argent (mais jamais en cash aha! Juste de quoi réduire le montant de votre relevé, une fois par an…

Réduire à la source nécessite un effort, celui de l’acceptation de son addiction, de sa dépendance et ensuite de vouloir en guérir surtout. Sinon recycler ne sera qu’une sorte d’action illusoire qui nous fera faire du surplace. Lorsque la consommation est égale à la régénération des ressources naturelles comment parler alors de durabilité, notre déficit restera éternellement en déséquilibre.

Il n’est pas question de grandes actions, celles-ci sont parmi les plus faciles, mais de petits gestes qui pourraient exiger tellement d’efforts de la part de chacun. Que de paires de souliers avons-nous et que nous ne portons plus, les chemises et paires de jeans, au fond si l’on regarder nos garde-robes, il y aurait de quoi habiller plus d’une famille par individu, ceci est autant valable pour les livres, les disques, les magazines, les petites bébelles que nous accumulons mais que nous oublions une fois acquises.

Dans mon coin du monde on fait le fameux « ménage du printemps » et pourtant ce ménage nous pourrions le faire tout au long des douze mois de l’année. Au lieu d’envoyer dans un bac bleu ou vert nos « vieilles bébelles » pourquoi ne pas se préoccuper de les remettre en état et de les porter dans une friperie qui les remettra en circulation pour d’autres qui en profiteraient aussi. Les bacs de recyclage vous remercieraient de leur éviter ce qui « peut encore servir ». En matière de réduction, nous cheminerions vers cette réutilisation, notre deuxième étape avant de recycler. Une fois acquise cette manière d’être nous pourrions enfin  parler de recycler ce qui devrait se recycler finalement : carton, verre, papier, plastic.

Vous voyez nous y sommes finalement au recyclage … Le reste vous en savez autant sinon plus que moi en matière de la culture du recyclage…

Si le recyclage ne fonctionne pas comme il devrait être, ce n’est point la faute aux organisations, aux gouvernements, aux plans ou aux programmes, c’est notre difficulté profonde de nous acculturer à ce nouveau style de vie, celui en symbiose avec notre planète…!

Et le quatrième R, me diriez-vous ? C’est la revalorisation, mais ceci, nous en parlerons lorsque nous aurons acquis les trois premiers, c’est une promesse de rendez-vous à venir.

Michel ©

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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