La culture du vide.

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C’est partout la recherche de l’identité propre et non plus de l’universalité qui motive les actions sociales et individuelles. Communiquer pour communiquer, s’exprimer sans autre but que de s’exprimer et d’être enregistré par un micro public, le narcissisme révèle ici comme ailleurs sa connivence avec la désubstantialisation post-moderne, avec la logique du vide.
Gilles Lipovetsky


Je lisais ce matin l’article de Gille Lipovetsky : « Narcisse ou la stratégie du vie » ceci me fit penser à notre culture sociale en ce troisième millénaire. SI nous transposions le fond de la citation de Lipovetsky dans notre quotidien, nous ferions un geste d »honnêteté de reconnaitre que nos attitudes personnelles face aux autres personnes que nous croisons en sont profondément inspirées.

Ce n’est point une question de réseaux sociaux, ce ne sont que des outils au mieux des canaux mis à notre disposition, et bien qu’ils permettent à plus de gens d’afficher leurs pulsions profondes pour la culture de soi, c’est par contre dans chaque facette de notre existence que nous sommes devenus plus « individus » que « personnes sociales ».

Comme si l’un cherchait par tous les moyens d’exclure l’autre. Si l’on observe juge celles ou ceux qui font preuve d’exhibitionnisme, nous ne faisons pas mieux lorsque nous affichons publiquement nos plus beaux objets, voitures, robes, gadgets, photos de profil, sourires aguicheurs, postures séductrices, tout est bon pour le culte de soi. SI l’on est conscient de cet état des choses, on ne fait que l’accepter avec cette fausse attitude de se dire que l’on n’y peut rien.

Quel paradoxe que de lire l’indignation avec force de mots devant un incident lointain alors qu’au même moment l’on se pavane sur des photos de réceptions mondaines ou de rencontres avec des personnages publics. Nous semblons avoir perdu la notion de proximité humaine avec pour excuse « qu’il faut vivre quand même! » Ce « quand même » si lourd de significations.

Cette vie individualiste n’est pas le propre des pays dits « riches ou industrialisés » mais chaque pays, selon sa situation et ses moyens. Le taux de coupoles satellites dans certains bidonvilles alors que les habitants peinent pour manger sainement, les frigos distributeurs de boissons gazeuses alors que l’eau potable manque cruellement, etc. Mondialisation oblige, l’exemple est encouragé et amplifié partout. Ce ne sont pas les réseaux sociaux qu’il faudrait pointer du doigt mais plutôt les stratégies médiatiques qui ne se privent pas d’user et d’abuser de ces méthodes.

Sans s’arrêter à la qualité des messages publicitaires, souvent mauvaise, il suffit de s’attarder quelques courts instants sur le fond du message publicitaire. Si le but avoué est juste, la manière de s’y prendre est – du moins pour moi – profondément tordue. On favorise l’infantilisation des personnes qu’elles soient seules, en groupe ou en famille. Il y a toujours celle ou celui qui est le plus futé (à qui s’adresse le produit à vendre), celle ou celui qui est pris en faute (l’antithèse ou le produit à ne pas considérer) et le reste n’est qu’habillage cosmétique.

Les messages qui parlent de l’enrichissement collectif et social, sont amalgamés plutôt aux organismes caritatifs (pas toujours mais c’est souvent le cas, si l’on regarde les heures d’écoute, les chaines ou les pages des quotidiens).

Le culte du « moi » (Ego) est roi. On hurle au dénigrement de l’image de la femme comme objet ou symbole sexuel, mais les promoteurs publicitaires ne cessent de le faire prétextant les exigences de leurs clients, le dieu argent exerçant son influence.

L’image du corps parfait est souvent décriée, mais les messages ne cessent d’en promouvoir la nécessité, certaines chaines vous culpabilisent ouvertement sous prétexte que votre santé en est l’enjeu.

Le monde suit, le monde est friand de ces choses, parce qu’il ne sort plus, ne fréquente plus de vraies personnes, ne socialise plus qu’à travers écrans interposés. Les mascarades que l’on observe dans les cafés, les parcs publics ou les restaurants : des couples ou des groupes d’amis, qui ne se parlent que la tête baissée sur l’écran de leur nouveau maitre. On s’indigne des temps ou la cigarette dans les films était courante voire signe d’émancipation, la profusion des téléphones cellulaires n’est pas meilleure, la santé sociale des personnes étant devenue à risque.

Quelle serait la solution ? Il serait logique de dire que les situations à régler sont nombreuses et compliquées. Nous avons été « éduqués » depuis presque toujours à chercher des solutions. Ceci ne nous met-il pas en « mode réaction ? ». Quoi ne pas faire serait la question à laquelle nous tardons à répondre.

Serions-nous en mesure de nous guérir de cette culture, celle du vide ?

À la prochaine

Michel ©

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

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