Parlons de santé mentale.

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  • De quoi souffrez-vous Monsieur ?
  • Je ne souffre pas, par contre je suis autiste, rassurez-vous je ne suis pas contagieux !

C’est une conversation typique que l’on pourrait entendre dans une clinique, un centre hospitalier ou dans son propre salon. Vivre une condition particulière requiert de nos jours une étiquette, un titre, un “tag”.

On se confond en “trentedouze” variantes lexicales pour éviter de dire qu’un tel est dérangé mentalement,, cela ne se dit pas voyons !

Et puis il y a ce besoin pressant de vous guérir de votre “maladie”, heu mais j’ai rien demandé, je veux juste comprendre ce qui se passe. La panoplie des traitements va des antidépresseurs aux séances avec psychologues, de psychiatres éventuellement.

Sur un des réseaux sociaux professionnels auxquels je participe, il est fort courant de voir défiler des articles qui vous prodiguent conseils, recommandations, trucs et astuces pour dépister, comprendre, approfondir, “vivre avec” ou “ne pas vivre avec”, etc. une “maladie”, on est prompt à vous dire ce que c’est et surtout comment faire, ce mode où l’individu est pris pour tel.

Je lisais avec stupeur que certains pays”sortent” les jeunes autistes de l’école, les internent et amènent l’école au lieu de les intégrer à l’école !

Sans ignorer l’existence de vraies maladies en santé mentale, il est déroutant de constater qu’aussitôt que quelqu’un ne “fitte” pas (cadre pas)  on s’empresse de le “classer”, diagnostiquer bien entendu, voyons on est professionnels ou on ne l’est pas. Oui il y a des patients qui souffrent d’affections mentales, ce serait dérisoire de ma part d’ignorer ce volet, mais les autres, les laissés pour compte, ceux que l’on n’arrive pas à diagnostiquer. Prenons les idées reçues sur la dépression, l’autisme des adultes, et bien d’autres situations.

Être différent n’est plus une option viable de nos jours. Répondre aux normes est devenu ce must incontournable faute de quoi il y va de son avancement professionnel, voire social.

J’ai moi-même vécu, et continue de vivre certaines expériences concrètes, tangibles, mesurables, quantifiables. Comment penser selon un schéma différent, aborder une solution de problèmes différemment du modèle enseigné sur les bancs d’écoles. Le système en place se contredit assez souvent. On enseigne aux apprenants que l’atteinte de l’objectif (le résultat) est chose importante, mais on veut aussi que la personne suive obligatoirement un processus de pensée défini d’avance. Si l’un ne va pas sans l’autre, on sanctionne, on examine ou décortique mais on oublie l’énoncé de départ.

Je reviendrai toujours à la source de nos problèmes de ce troisième millénaire: le modèle éducatif qui ne peut plus s’appliquer de manière uniforme à tous. Quelqu’un me disait un jour que l’éducation “à la carte” était chose impossible voire utopique, et pourtant si l’on jalouse tant le modèle d’autres pays (La Finlande par exemple) et bien, les faits sont là !

Vivre en collectivité de nos jours suppose une acceptation de nos différences. Refuser celles-ci implique d’office l’exclusion de celles et de ceux qui ne correspondront pas à cette rythmique imposée.

Si les spécialistes n’osent plus sortir des rangs pour opérer ce changement, il y a de quoi s’inquiéter, car les aiguilles des secondes de l’horloge de notre histoire avancent sans attendre !

Michel ©  

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

1 réflexion sur « Parlons de santé mentale. »

  1. Alors cet article, vous ne pouvez pas imaginer combien il me touche ! Je vis aux Etats-Unis dans le riant ouvert et tolérant état du New Jersey (sarcasme ici) et « Être différent n’est plus une option viable de nos jours. » c’est ça a 1000%, on n’a pas besoin d’être si different que ça, le moule de la « normalité » acceptée est extrêmement étroit !

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