À papa !


Le 18 juin, c’est la fête des pères, la tienne aussi même si tu as quitté cette vie un peu trop vite à mon goût. Tu sais papa ? Je n’attends pas chaque fois le 18 juin pour t’écrire un petit mot. Nous nous parlons 364 jours qui précèdent cette fête afin de nous dire l’essentiel, qui se passe de tout petit détail.

Le monde a bien changé depuis que tu es parti, le monde n’est plus ce qu’il était. Tu savais qu’un jour je serai à mon tour papa et grand-papa. Oui la vie m’a donné d’avoir quatre merveilleux enfants, mes “Magnificent Four” comme j’aime les appeler. Mes trois princesses et fiston. Rassures-toi il est en de bonnes mains entouré de ses soeurs, choyé et gâté. Je sais qu’il me fera les yeux tous ronds en lisant ces mots, mais bon les garçons uniques le seront toujours.
Oui, papa, je suis grand papa, jeddo pour certains, papi pour d’autres, mais heureux au coeur de gamin comme jamais je ne pouvais rêver de l’être.

Je ne t’en veux pas de m’avoir quitté trop tôt, ce n’est jamais le temps de partir, mais peut-on reprocher à la vie ces départs pour lesquels nous n’avons aucun contrôle ?

Ah oui, je n’oublie pas, les petits-enfants. Devine combien ? Tu ne trouves pas ? Je vais t’aider: moins que sept mais plus que cinq. Oui tu as bien deviné, ils sont six… Oui toute une petite tribu tu me diras, il y a l’aînée qui vient de fêter ses 13 ans, une merveilleuse petite adolescente, et la toute dernière dont nous fêterons le premier anniversaire demain le jour de ta fête.

Mes enfants me disent souvent combien ils auraient aimés te connaître, ils n’oublient pas de me dire que tu devais être quelqu’un de différent, tes blagues, ton humour et le don que tu avais de nous raconter tes histoires, des fois impensables, mais toujours plaisantes à écouter. La preuve je m’en souviens depuis.

Il m’est souvent arrivé de t’appeler à mon secours, durant ces moments où je ne savais plus comment faire, quelle décision prendre, et puis tu sais ? Notre famille a fait du chemin. Depuis notre premier départ, ma famille a vu du pays et des continents, il y à un peu moins de trente ans nous quittions le Liban (oui encore un départ), nous avons transité en Europe, en Grèce au pays de mémé Marie, pour ensuite nous diriger vers le Canada, nous y sommes depuis.

Nous allons tous bien papa, rassures-toi, les enfants ont pris leur envol et s’installent chacun selon ses attentes de la vie. Je suis revenu au pays des cèdres, ce pays que tu aimais tant. J’y vais passer du temps avec maman et Camille mon frère.

J’ai dernièrement publié mon premier roman, des chroniques quant à mon retour 30 ans plus tard. Les choses n’ont pas vraiment changé depuis que tu es parti. Abraham a toujours son commerce au bas de l’immeuble, Assaad le coiffeur a pris un coup de vieux mais “check ça” Georges ton coiffeur, celui qui me faisait souffrir le martyr  avec la tondeuse manuelle en m’arrachant les cheveux, et bien il y est encore ! Je ne crois pas qu’il m’ait reconnu. Plein de petits commerces existent encore, la même couche de poussière, les mêmes longues années malgré le temps et ses moments difficiles.

Aujourd’hui je me trouvais dans un centre commercial, il y avait un îlot de cerfs-volants. Que de souvenirs j’ai pu revivre, d’imaginer ces oiseaux de couleurs s’envoler… Te souviens-ti lorsque tu m’emmenais sur la terrasse de notre maison et que tu  m’apprenais comment le faire voler, tenir la ficelle, le relancer, passer des moments uniques. Il faut dire que tu avais le don de les bricoler toi-même ces oiseaux du ciel, du papier journal, des roseaux, de la colle et du temps, un temps que le monde d’aujourd’hui prétend ne plus avoir.

N’oublies pas de me donner ton adresse pour que je t’envoie une copie de mon roman. Je travaille sur le second, je te donnerai des nouvelles aussitôt qu’il sortira en librairie.

Voilà mon cher Papa, j’aurais tant aimé pouvoir prendre une feuille du plus beau papier et avec ma plume t’écrire ce mot. Je n’oublierai jamais combien tu aimais écrire comme on n’écrit plus de nos jours, toujours fidèle à ton stylo à encre, la couleur noire, le papier buvard…

À bientôt,

Bonne fête des pères Papa.

Ton fils qui n’a cessé de t’aimer du premier jour, comme au dernier jour.   

Michel ©

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Auteur : Michel J. Boustani

Auteur 25 ans d'expérience dans le domaine de la communication et de l'enseignement. Conception pédagogique - Gestion stratégique du savoir - Facilitateur d'atelier en pensée design et grand amateur de mises en récit et blogues. _____ Author - Web author 25 Years in the field of Communication. Specialist in Instructional Design - Strategic Design Thinking and Knowledge Management Implementation. Actively involved in Storytelling and Social Networks

1 réflexion sur « À papa ! »

  1. Ton billet m’a beaucoup touché Mich il m’a refait revivre de beaux moments. Dommage qu’il ait quitté un peu trop tôt. Bonne fete a ts les peres de ce monde et de l’au-delà …

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