C’est ma place !


Les journées en salles d’attente se suivent et si elles semblent se ressembler, au fond ce n’est point le cas.
Journée obligée au cours de laquelle j’avais rendez-vous avec mon ophtalmologue avant la fin de l’année. En principe, je ne devais pas trop attendre, mais la salle était pleine ( il n’était pas encore 9 heures du matin)
J’attends debout, espérant qu’un siège se libère. Il faut signaler que dans cette salle l’administration de l’hôpital est prévoyante. Des sièges de taille “normale” mais d’autres pour les personnes “bien enveloppées” de plus en hiver nous “prenons de l’espace si l’on doit compter les pulls, les polars, les manteaux etc.
Un siège”double-largeur se libère” aussitôt assailli par une dame toute menue, petite, fluette à peine perceptible dans une foule. Heureuse de sa conquête, elle regarde autour d’elle avec cet air où l’on pouvait lire “Ah ! Mais je l’ai eu ce siège! Mon siège !” Plusieurs patients se relaient sans trouver de place libre, rien n’y fait, madame s’accroche avec la rage du désespoir. Le manteau, les mitaines, le chapeau, un autre sac. Mais madame commence à se tortiller sur son siège. Et bien vous l’aurez deviné ! Elle souhaitait passer aux toilettes. Mais voilà le truc: lorsque l’on laisse sa place elle se libère, et de ce fait on la perd pour le premier venu. Face à ce dilemme cornélien, madame, regarde autour d’elle, chuchote quelques mots à sa voisine qui éclate de rire, un rire ayant pour effet d’attirer tous les regards vers elle. Madame avait demandé tout simplement si sa voisine pouvait lui”garder le siège”…
Mais l’histoire ne s’arrête pas là, elle avait griffonné sur une feuille de papier le message suivant: “N’y touchez pas ! C’est mon siège !” je n’en pouvais plus car le fou-rire m’avait atteint moi aussi. J’ai voulu immortaliser l’événement en prenant une photo de la scène, mais manque de pot, le billet était tombé par terre. Ne voulant pas me faire faire une remarque je me suis contenté de prendre le sac à main sur le siège!
La technicienne venue m’appeler me demande ce qui se passait, je lui raconte l’incident, mais ajoute aussi que je viendrai plus souvent, il y aurait de quoi écrire un roman, celui des “Gens dans une salle d’attente”
Je trouvais que madame était plus que prévoyante (ou une habituée des alles d’attente) ayant papier et crayon pour marquer son territoire !
Qui avait dit qu’attendre son rendez-vous médical était chose ennuyante !

Michel ©

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Renouvellement d’ordonnance.


Je ne prétends pas être un mathématicien né, mais j’estime qu’après plusieurs années de scolarisation, l’usage de logiciels qui traitent de chiffres, j’ai finalement acquis une certaine habileté quant aux calculs de base. Savoir que certains mois ont 30 jours et d’autres 31 et que cet orphelin de février qui, des fois en a 28 ou 29 selon les cas, j’estime aussi que pas mal de gens savent ceci sans problème. Ce qui suit est une histoire vraie qui m’est arrivée le :


26 octobre 2017 à 10 h du matin

 

  • Bonjour monsieur Boustani, ici c’est votre pharmacienne
  • Oui, bonjour
  • Ce matin vous avez passé une commande de plusieurs ordonnances, c’est bien cela ?
  • Oui tout à fait
  • Selon nos dossiers vous ne pouvez pas renouveler vos médicaments du mois que le premier novembre prochain!
    (Notez la date de cet appel)
  • Ah oui ? Et pourquoi donc ?
  • Parce que nous avons reçu vos instructions comme quoi vous souhaiteriez faire ces renouvellements le premier de chaque mois
  • Ce que vous essayez de me dire c’est que mes renouvellements ne sont possible qu’à ces dates fixes ?
  • Exactement c’est bien cela.

  • J’essayais de trouver une réponse face au ridicule de la situation
  • Donc je fais quoi ?
  • Avez-vous assez de médicaments jusqu’au premier novembre ?
    (re-notez la date de l’appel)
  • Il m’en reste pour deux jours
  • Ah, d’accord, vous devriez prévoir pour les prochaines fois de nous commander vos médicaments le premier du mois… (Je notais le ton lorsqu’il est question de s’adresser à une tête blanche, le comportement change, le ton aussi, le regard alors n’en parlons pas. Je n’avais jamais vécu une telle expérience via le téléphone.)
    Mais d’accord quoi ?
  • Vous savez madame, je souhaite vous informer que je n’ai jamais demandé une telle chose premièrement et secundo je trouve que depuis que je suis client auprès de votre pharmacie jamais je n’ai eu une telle chose (plus de 20 ans en tant que client)
  • Oui mais, moi j’ai des instructions sur le système !
  • Dites madame, quelle que soit la récurrence de l’ordonnance et quel que soit le mois, vous mettez toujours 30 comprimés du médicament dans le flacon, c’est bien cela ?
  • Oui exactement monsieur Boustani
    Le ton se teignait d’une impatience progressive bien que fort polie, mais le ton, les silences le confirmaient quand même
  • Alors veuillez m’expliquer comment faites-vous pour les mois de 31 jours ?
  • … (Silence radio, j’entendais les rumeurs autour de la pharmacienne qui probablement venait de réaliser la déconnexion entre ce que le système disait et ce que son esprit d’humaine comprenait )
  • Si je suis clairement votre raisonnement je devrais être en déficit de 7 comprimés chaque année, 7 comprimés font 7 jours, en comptant que février a 28 jours, ce déficit tombe à 5 comprimés ce qui fait que je serai en retard de cinq jours chaque tranche de 12 mois !
    (Je me retenais l’envie furieuse de hurler mon  “mais allume !”, as-tu oublié que certains mois ont 30 d’autres 31 jours ?
  • … (Silence radio), alors dites-moi je fais comment ?
  • Je vais voir ce que je peux faire !
  • Non vous ne ferez rien madame, veuillez simplement annuler cette instruction de préparation de mes ordonnances le premier de chaque mois.

 

Elle raccroche, je n’en revenais pas. En début d’après-midi, Je passe comme prévu pour récupérer ma commande, et bang la “Panthère Rose”(i)  a sévi encore une fois , un item de ma commande manquait, de plus, on n’avait pas jugé opportun de m’appeler pour m’en informer.

 

  • Revenez ce soir pour récupérer ce qui manque !
  • Ah, bon !
  • Sinon ce sera pour demain
  • Ah ! Pourriez-vous m’appeler pour me dire que vous l’avez reçu ?
  • Désolée monsieur nous n’offrons pas ce service !
    Paf et repaf !

 

Bon, je me suis retenu de rire aux éclats, la scène étant tellement loufoque, mais la préposée qui me servait au comptoir ne pouvait pas comprendre.

Le suspense étant reporté à la fin novembre, à suivre.

Michel ©  


(i) La Panthère rose (The Pink Panther) est un personnage de fiction créé par Friz Freleng et apparu pour la première fois en 1963 dans les génériques de début et de fin du film de Blake Edwards, La Panthère rose.
Dans l’histoire, la « Panthère rose » est le nom d’un bijou, objet de l’enquête de l’inspecteur parisien Jacques Clouseau : le générique du film la met cependant en scène sous la forme d’un félin rose en dessin animé

L’empathie 2.0


« On peut toujours apprendre ce qu’on ne sait pas,
non ce qu’on croit savoir. »

Gustave Thibon, L’ignorance étoilée. 


On témoigne de l’empathie pour un animal abandonné ou maltraité, alors que l’on semble ignorer le sort de soixante millions de réfugiés à travers le monde (Source: HCR de l’Organisations des Nations Unies).

Pourtant on ne se choque pas de la race ou de la couleur de l’animal en danger, alors que l’on attribue et déverse ressentiments et rejets envers ces personnes réfugiées. Question de couleur, de race ou d’appartenance religieuse, elles paient pour ce qu’elles n’ont pas choisi lors de leur naissance.

Il serait cynique de continuer de décerner des prix Nobel de la paix et autres titres du genre tant qu’il existera une personne qui risque de mourir de faim ou dont la vie serait en danger.

Nous, les humains, oublions parfois (bafouons serait un mot plus juste) les principes humanistes que nous ont inspirés les penseurs de ce monde !

Avoir de l’empathie n’est pas un geste simple tel que de donner un peu de sous en aumône, c’est surtout faire quelque chose immédiatement dans son entourage le plus proche.

Il serait illusoire de penser changer la face du monde, mais un océan est composé d’une myriade de gouttes d’eau, chacune ayant son rôle et son importance.

 

Michel ©

Nous sommes tous des migrants !


Depuis quelques jours le quotidien La Presse a fait paraître certains articles à propos des demandeurs d’asiles Haïtiens venant ici au Québec.
Bien que ces articles soient très bien intentionnés (on ne pourrait en daouter), il y a par contre, ce que j’estime être un conflit entre les règles fondamentales de l’orthographe et le style qui, à mon humble avis, provoque et induit certains commentaires (oui je les ai tous lus ces commentaires, juste pour prouver ma théorie simpliste…. La journaliste avait visé juste: faire réagir le lecteur d’ici !)

N’est pas journaliste celle ou celui qui fait un “sans fautes de frappe” ou quelqu’un qui a des idées, ou qui devrait répondre aux lignes éditoriales décidées par la direction de son quotidien. Écrire via les réseaux de l’information est un pouvoir, celui d’informer mais aussi de faire réagir les lecteurs. Il est fort possible d’anticiper une réaction face à une nouvelle donnée juste en employant les mots qu’il faut.

J’avoue que je me suis fait prendre moi aussi face à une telle démonstration parfois teintée de sophisme inconscient (je l’espère).
Vous me diriez que c’est l’audimat, les ventes, les ratios, les statistiques, mais on ne dira jamais assez sur les conséquences des émotions provoquées…
L’article en question parlait de la réaction de certaines organisations et de certains particuliers, quant aux modalités qu’utilisent les organismes officiels envers les demandeurs d’asiles. Si je m’étais arrêté au texte tel quel, j’aurais eu la même réaction que les 120 et quelques commentaires qui allaient tous (ou à de très rares exceptions) vers une réaction clairement négative envers ces personnes.
Oui la sacro-sainte liberté d’expression , oui notre “État de droit” ou notre démocratie, oui sur toute la ligne. Mais non sur l’induction parfois sournoise de réactions anticipées.
Plus on maîtrise une langue plus on en découvre son pouvoir et les outils pour en user (abuser), j’en sais quelque chose j’écris moi-même et je sais combien le choix de certaines expressions peut faire sourire, pleurer ou réfléchir mes lecteurs.
La tentation est forte d’user d’un tel procédé, nous en savons quelque chose lorsqu’un dirigeant politique ou un officiel se met sur la tribune publique et commence. à parler.
SI nous critiquons nos politiciens parce que nous les pensons peu ou pas assez crédibles, les médias d’informations ne devraient pas tomber dans cet illusoire désir de nous mener en bateau !
Quelqu’un me dirait “mais alors, c’est quoi le rapport avec le titre de cet article ?” et bien voilà ! Tout se trouvait quant au choix du titre et l’image que l’on souhaite mettre dans l’esprit du lecteur. N’est-ce pas le cas de ce que font plusieurs journaux chaque jour ? 🙂

Michel ©

Les nouvelles et les internautes: mode d’emploi


 

 

  • Il ya  ceux qui réagissent, mais ceux qui laissent leurs émotions (sans profondeur) réagir à leur place.
  • Il y a ceux qui osent mais qui se font ramasser par ceux qui ne sont pas d’accord
  • Il y a ceux qui voudraient mais n’osent pas pour ne pas subir le sort des numéros deux !
  • Il ya ceux qui s’en foutent laissant la place aux trois premiers groupes de dessiner l’avenir d’une nation. Mais rassurez-vous ces derniers seront les premiers à hurler que toute solution émanant des autres groupes ne leur convient pas.

 

Ainsi va la vie, on se prend pour un expert en critiquant les agissements d’une personne publique, on critique mais plus est, on lui dit quoi et comment faire.

Sans comprendre le fond d’une situation, on réagit plus qu’on ne le devrait. Faudrait probablement que nos gouvernements instaurent une activité civique: les séances de défouloir, un peu comme le fut à une certaine période de notre histoire le “Speakers’ Corner” ou le coin de l’orateur de Hyde Park au Royaume Uni.(i)
Chacun pourra venir exprimer ses doléances, ses frustrations sachant que du haut de sa petite caisse en bois (Soap Box) il aura son moment de gloire.

Exprimer son opinion n’aura jamais été si désolant au vu de tout ce qui se passe aujourd’hui, il suffit de lire les commentaires des lecteurs, selon la couleur politique du média il va de soi !

Jamais comme de nos jours les personnes se disant posées et ouvertes d’esprit n’auront autant laissé libre-cours à leur vraie nature ! Une nature qu’elles cachaient si bien sous des apparences du fameux politically-correct !

 

Michel ©


(i)  Hyde Park est aussi très connu pour son Speakers’ Corner (« coin de l’orateur »). Ce dernier est situé dans la partie nord-est du parc, près de Marble Arch. Fondé en 1872, c’est un espace de libre expression où tout un chacun peut prendre la parole librement devant l’assistance du moment. (Source: Wikipédia)

Les V.I.P.


Les V.I.P (Very Important Persons)
Certaines personnes estiment, souvent à tort, que leur notoriété publique leur donne le droit d’un billet VIP en tout temps, en toute circonstance en dépit des obligations et des responsabilités qui leur incombent.
Elles ont souvent cette attitude arrogante et détachée de ne jamais s ‘en faire pour ce qui se passe autour d’elles, se croyant à l’abri de toute responsabilité envers le droit public mais aussi envers celle de leur popularité.
Elles ne sont pas nécessairement politiciennes, ou chefs d’entreprises, mais aussi dans les domaines des arts, de la science, du sport, et plus…
Elles oublient qu’il se trouvera toujours quelqu’un qui ira éplucher leur vie et sortira quelque chose, un simple détail qui pourrait entacher l’image qu’on se fait d’elles.
Il est fort heureux que dans un régime d’état de droit, un jour ou l’autre, ces “oublis” feront inévitablement surface ! En fait ce jour serait la date de péremtpion de leur abonnement V.I.P.
Michel ©

Avons-nous besoin de tant d’experts ?


Avons-nous besoin de tant d’experts ?

 

Une porte claque aux îles Galapagos. On amène une panoplie d’experts sur les chaînes d’informations qui vont se pencher sur la question le plus religieusement du monde, se perdre en conjectures et nous sortir des non-réponses plus circonspectes que jamais.

Si un robinet fuit sur une place publique d’une grande ville, on dépêche aussitôt envoyé spécial sur envoyé spécial pour couvrir l’événement.

Le drame (comique et désopilant) se joue entre le ou la chef d’antenne et l’envoyé spécial.

  • Alors Untel dites-nous quelle est la situation sur le terrain
  • Et bien voilà le robinet fuyait, l’eau coulait,la municipalité a fait appel aux autorités compétentes. Une enquête aura lieu
  • Oui, mais comment réagissent les citoyens de la place
  • Effectivement (remarquez le “effectivement”)  ils se posent plusieurs questions et ne savent pas à quoi s’en tenir
  • Oui, mais pourriez-vous nous dire comment se sentent les citoyens de la ville, ce qu’ils éprouvent…
  • … (Un moment de silence, l’instant est solennel, l’envoyé spécial doit se demander “mais c’est quoi le rapport entre un robinet qui fuyait et le ressenti des habitants de la ville”)
  • Voilà mesdames, messieurs c’était notre envoyé spécial et expert sur le terrain

Mais minute l’histoire ne se termine pas là, car au moment des “primes” (Heure de grande, très grande écoute) on nous sert un “Spécial”, un melting-pot de deux ou trois experts que l’on a pu rejoindre dans différentes capitales du monde, l’heure est grave, le moment important… Tour de table, parfois le décalage entre les capitales ajoute du punch à l’événement, nous y voici.

Nos experts se suivent et se ressemblent presque tous. Le profil, le regard, les mots, l’habillement et la touche finale de la maquilleuse. La voix est posée, il faut hausser le volume, certains parlent si bas qu’il faut faire silence dans son salon, d’autres ont le débit verbal digne d’une finale du 100 mètres de vitesse, si vous osez mettre les sous-titres c’est hilarant, le robot de traduction vous invente de nouveaux mots, certains sympas, d’autres gros (hein les gros mots !!!) mais l’expert a parlé.

Le journal du soir est consacré en grande partie sur l’affaire du robinet, et puis un “Flash de dernière minute” l’affaire est réglée. L’envoyé spécial surgit sur nos écrans, le chef d’antenne interrompt les experts, mais une pub de 15 secondes aura eu le temps de passer:

  • ALors dites-nous ce qui se passe …
  • Effectivement ! (Encore!!! Lui et son “effectivement”) un dénouement inattendu. Un enfant qui regardait la scène, s’est approché du robinet qui fuyait, à tout simplement tourné la manette, ce qui a fait que l’eau s’est arrêtée de couler ! (Il leur faut parfois plus de mots que ne contiendrait un roman, tant l’émotion est profonde ! Je fais de l’ironie, mais vous aurez deviné !)
  • Fantastique ! Mais les gens du village qu’ont-ils ressenti quand l’eau s’est arrêtée de couler ?

Je pourrais vous saouler pendant des pages au sujet des experts, des envoyés spéciaux et de la qualité linguistique des contenus auxquels nous avons droit chaque jour, de chaque semaine, vingt quatre heures sur vingt quatre et sept jours sur sept…

Deux spots publicitaires plus loin, de retour au panel des experts, on boucle la séquence, on les remercie, finalement, ils n’ont pas dit grand chose, c’est le petit enfant qui est fautif, il a tourné la manette du robinet… (Cela me fait penser à la chanson de Gilbert Bécaud: L’orange du marchand !)

Je me demande souvent si nous avons vraiment besoin de tant d’expertise dans notre quotidien, mais oui certainement, car face à l’ennui débilitant des publicités, nos experts nous amusent juste assez en attendant la prochaine émission !   

Michel ©