L’obsolescence programmée.

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“L’obsolescence programmée (i) des choses faisait partie de la vie. Il était acquis qu’elle entretenait le bon fonctionnement de l’économie. Acquérir était un droit mais posséder était contraire au nécessaire renouvellement des productions.”
Jean-Christophe Rufin (Globalia 2005)


Elle existe partout et commence dès notre naissance. En fait ce sont nos parents qui la subissent, cette obsolescence programmée, rien que de voir la liste des “choses” à acquérir avant la venue du nouveau-né. Qui une fois acquise, se trouvent dotée d’une date de péremption qui pourrait ne pas servir pour la venue d’un futur frère ou d’une future petite-soeur.

Ayant vécu une expérience similaire lorsqu’une de mes filles avait eu besoin d’acquérir une poussette dite “multi-fonctions” (Poussette, siège coquille, siège pour la voiture, etc.)” Outre le prix exorbitant, il était question d’un label du genre “valide jusqu’en 2018 !”

L’on invoquait toute sorte d’excuses, de raisons scientifiquement prouvées pour “pousser” le consommateur de se fournir d’une nouvelle passé le délai.

Mais alors chers parents ce fameux landau que l’on gardait si précieusement d’un enfant à l’autre, vous étiez “non-conformes” selon les règles dictées par les manufacturiers, sauf si de ce temps on n’avait pas l’exigence de vous pousser à consommer de façons démesurée.

Elle continue cette obsolescence, bien entendue les excuses sont là pour vous empêcher de vous plaindre, elle continue sur les bancs d’écoles, dans toutes les classes.

Ma fille aînée avait besoin dans une des classes au secondaire d’une calculatrice dite “scientifique”. La polyvalente avait imposé aux parents l’achat d’une de ces calculatrices: une marque connue, un modèle choisi et des fonctions dites scientifiques, le prix aussi.

Vous pourriez imaginer le sentiment des parents, riches ou de conditions modestes qui ont du débourser quelques 125 dollars pour l’achat de cet objet. Mais bon que ne ferait-on pas pour nos enfants.

Il serait bon de savoir que cette calculatrice fut utilisée une seule fois au cours de l’année scolaire, quant à la laisser pour mes enfants qui suivaient et bien comme on dit en bon français “Nice try” le modèle avait changé selon les directives de l’école !

Vos articles ménagers qui ne sont plus réparables mais que vous remplacez au bout d’une durée de vie de moitié aux modèles antérieurs, et bien entendu les fameux téléphones intelligents qui se “dégradent” et deviennent “passés de date” par le même manufacturier qui vante les “plus” de la nouvelle version.

J’entendais deux personnes discuter sur les CD de musique, l’une disait qu’elle avait plus de 1500 CD, l’autre semblait se moquer de la première en lui disant que cela ne servait plus à rien… Finalement nous avons tous vécu une telle expérience traumatisante puisque ces disques sont si difficilement recyclables. Et la vie continue.

Si ce phénomène d’obsolescence touche les biens de consommation, il touche aussi nos politiciens et dirigeants en matière de promesses.

L’inspiration dont ils usent est bien établie, le succès de leurs gestes étant prouvé et reconnu par ceux-là même qui en sont les victimes: Nous !

Si l’on devait tenir un registre des promesses faites au début et celles tenues en cours de mandat, gageons que ces leaders seraient bien nombreux d’arpenter les bureaux de chômage. Mais a-t-on jamais vu des politiciens au chômage ?

Il est grand temps que cesse cette réaction, celle de pointer du doigt d’imaginaires responsables de ce que devient notre humanité, à moins bien entendu que nous pointions ce doigt sur nous. Nous avons peur, peur de nous effondrer l’instant où nous prendrons conscience que nous encourageons sans discuter cet état des choses !


“Les armements, la dette universelle et l’obsolescence programmée sont les trois piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage, et les usuriers sont abolis, vous vous effondriez.” (Aldous Huxley)


Michel ©


(i) L’obsolescence programmée: l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. (Source: http://www.definitions-marketing.com/definition/obsolescence-programmee/ – L’encyclopédie du Marketing)

L’amour de la servitude (A.H.)

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La dictature parfaite: une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude.
Aldous Huxley
(Le meilleur des mondes)


Je me demande des fois si l’on ne nous met pas chaque jour certaines substances dans l’air ou dans l’eau que nous consommons. Lesdites substances s’assurant de l’atrophie progressive de l’organe appelé cerveau qui dans des temps normaux (le temps passé) nous permettait de choisir librement, d’être capable de discernement, de comprendre ou simplement comprendre sans aucune influence ces choses qui se passent autour de nous.

Nous sommes constamment poussés dans le dos, un peu comme dans les métros de Tokyo, nous sommes entraînés à l’activité par excellence: ne plus penser, ne plus réfléchir et bien entendu ne plus choisir.

Nous prenons les pseudo-vérités pour des faits, parce que nous avons perdu la volonté de prendre position, et si l’on risque de le faire les publicités de la méga-consommation boulimique sont là pour vous surendetter, question de vous divertir des questions essentielles, mais rassurez-vous, le peuple sera toujours pris en otage.

Sur les chaînes nationales on nous rabâche les oreilles pour une bourde linguistique que notre premier ministre a faite, on s’attend qu’il fasse amende honorable devant tout le monde, les associations des professionnels de la santé ici chez moi au Québec boycottent le ministre de la santé (heu mais les soins que vous êtes supposé fournir on en fait quoi ? SI vous dépensiez votre énergie à mieux faire votre travail et régler en silence vos problèmes), les gens de lois, les syndicats, bref vous le citoyen serez toujours le dindon de la farce que vous soyez aimé ou pas, “on a besoin de vous” en tous temps.

Lorsque les médias de l’information s’y mettent nous assistons è du grand art, bourrage et débourrage de crâne avec en prime des journalistes qui se sentent la mission d’analyser un fait dont nous n’aurions besoin que de l’énoncé.

Certains me font penser à ces animateurs de match de hockey, qui dans le feu de l’action, nous racontent des histoires sur les joueurs, les détails de leur vie privée, bref de quoi meubler le temps, car commenter un match de hockey c’est “long en titi “

Hier midi j’ai eu droit au maire de ma ville qui m’a servi une leçon sur la puissance  en luminosité des lampes d’éclairage extérieur et la différence entre les lampes dites LED et l’éclairage conventionnel (4000 et 3000 Kelvin), mais quand il était question de parler de la douloureuse (la facture) et bien comme par miracle le son de la retransmission avait baissé.

Si la formule que les empereurs romains avaient adopté avait ce quelque chose de bien, du pain et des jeux, nos romains modernes eux nous créent toutes les conditions favorables pour mieux payer nos taxes qui ne font qu’augmenter sans nous fournir des solutions.

On dit toujours que le client est roi dans le commerce du détail, il serait grand temps que ce client, qui sont surtout les citoyens  exercent leur droit premier, celui de se faire rembourser par ces gaspilleurs de taxes qui nous parlent beaucoup trop chaque jour !

Michel ©  

 

À ma muse !

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À ma muse

Cette profonde loyauté envers l’écriture, celle qui se reflète dans tes yeux ma muse, ton regard  qui fait naître chacun de mes souffles, tes silences qui rythment le mouvement de ma poitrine, tes secrets qui ne cessent de dénuder mes émotions, ton désir est unique: t’appartenir !

Ma plume retrouve son encre lorsque plongée dans tes humeurs, je n’ose aucun soupir de peur de te contrarier, fidèle et soumis à tes caprices inlassablement je t’obéis, heureux de cette soumission tant désirée.

Tu es la courtisane qui chaque instant décide de mon sort, gare à moi si j’osais te déplaire, car tu n’hésiteras pas de mettre à nu mon âme amoureuse, cinglant de tes caresses le peu de volonté qui reste en moi.

Si je ne peux séduire ton coeur ou même ton corps, permets-moi ma divine maîtresse le bonheur de tes pensées telles les vagues sur les rivages de ton île. Tu es la déesse de la mer dont je suis éperdument les traces encore tièdes de tes pas sur le sable mouillé, me baissant pour embrasser ces douces empreintes, l’ivresse est à son comble, que souhaiter de plus qui ne soit toi.

L’ardeur qui jaillit en moi dit ma soif de la voluptueuse saveur de toi.

Et lorsque je retourne sur la plage, le soleil me dit son départ, je sais que tu es celle qui irise chaque teinte de ta présence. Mon coeur s’envole vers tes horizons sans fin.

Je t’imagine assise ici attendant ce retour du jour, perdue dans tes pensées, alors que la nuit tombée je reprends ma route, le chemin des mots qui disent ma passion de toi.

Michel (c)


© Michel J. Boustani – Montréal 2016
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2016

Les idées reçues.

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Selon le dictionnaire de la langue française sur l’Internaute une idée reçue est une idée faite d’avance, généralement fausse. Synonyme : Préjugé

Le site CyberProfs, propose quant à lui une définition qui, selon moi, s’applique aux réalités de nos jours, surtout lorsque non seulement l’opinion populaire s’exprime, mais quand les médias de l’information et les politiciens s’en mêlent sans aucune modération: “C’est une idée qui n’est pas la mienne, mais que j’emprunte à la parole d’autrui, fût-elle un cliché de société. Se contenter d’une idée reçue est la marque d’un esprit grégaire, davantage soucieux de se conformer aux critères d’une société donnée, que de mettre en valeur ce qui le distingue d’autrui. “


Depuis l’histoire des temps notre cheminement est serti de toutes sortes d’affirmations qui influencent notre sens du jugement, le méchant loup, la sorcière, le géant et bien d’autres fables qui auront influencé nos modes de vies, la transmission de ces légendes qui prirent corps dans le quotidien de nos ancêtres. Les temps modernes ne sont pas exempts de telles inepties, elles  touchent non plus une simple histoire, mais celle de chaque individu, de chaque personne qui ose lever les yeux et tente d’exprimer un point de vue différent de la norme qui devient progressivement le modèle à suivre sans hésitation.

Certains parlent, d’une “dogmatisation” de la religiosité, (bien différente de la spiritualité des prophètes et de leur enseignement),  face à l’ouverture d’esprit que le savoir nous offre l’on est menacé d’excommunication voire d’ostracisation de la collectivité dans laquelle nous avons choisi de vivre.

L’émergence des réactions n’est pas le simple fait de la pensée individuelle des personnes, de nos jours les médias dans leur ensemble, ont pris la primeur du pouvoir d’opinion sur les masses de citoyens. Il suffit qu’un ou qu’une journaliste d’influence sorte  une idée quelconque pour qu’elle fasse son chemin dans l’esprit des gens. Si les gens d’intérêt ont une mission “éducatrice” auprès des foules, les gens des médias n’en sont pas exempts.

Il y a deux jours j’écoutais une émission sur l’économie, j’ai trouvé la manière utilisée pour poser la problématique à deux doigts de l’influence directe sur le public. L’art de poser une question, est de toute évidence ce qui manque chez certains spécialistes des médias d’informations. Si le ton utilisé lors d’une interrogation est important, le choix des mots l’est autant, mais la recherche d’une réponse ne doit pas être nécessairement celle que le journaliste souhaite. Nous risquerions alors de sombrer dans l’art du sophisme manipulé et dirigé.

Les idées reçues ne sont innées chez les gens, mais prennent leur naissance à la maison auprès des parents, à l’école de par les enseignants ou à l’âge adulte de par les officiels ou ceux qui parlent en leur nom. Semer le doute dans l’esprit des gens, il y a toute une responsabilité, une éthique, une attitude qui s’imposent.

Si je vous disais que l’on a trouvé des vestiges humains sur une planète donnée, il est plus que probable que vous penseriez que je vous fait une blague, mais qu’une célébrité des médias de l’information vous dise la même chose, malgré le doute, vous pourriez toujours aller vérifier si cela est quand même vrai ! L’influence sur l’opinion publique est l’enjeu auquel nous sommes confrontés tous les jours.

Ne pas réagir et ne pas s’exprimer ferait de nous les complices consentants de cet état des choses dont nous osons à peine nous plaindre.

Michel ©


[i] Site l’Internaute : http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/definition/idee-recue/

[ii] Cyber Profs : https://www.cyberprofs.com/reponses-et-corrections/philosophie/devoir1995000000

Écrire de nos jours.

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Il ne faut jamais faire de littérature,
Il faut écrire, et ce n’est pas pareil
C. Bobin 


Il n’y aurait aucun danger de voir les livres (papier) disparaître de nos jours. Les nouvelles technologies n’ayant pas réussi à lever une plus grande proportion de lecteurs, le format papier maintient sa cote plus que jamais.

Je suis personnellement confronté à la pensée de C. Bobin étant en pleine écriture de mon roman. Si l’attrait des belles tournures et des belles paroles est si présent, mon envie reste très ancrée dans ce désir de connivence intime auprès de mes lectrices et lecteurs.

Si l’alignement des mots, ces mots que l’on aimerait recherchés, est facile il faudrait se préoccuper aussi de la valeur des émotions que l’on inspire aux yeux de nos lecteurs. Ceci n’est pas une évidence claire comme je le pense.

Je ne dirai jamais d’un live qu’il est bon ou pas, mais je me souviendrais toujours d’un livre qui m’aura séduit, envoûté de la couverture jusqu’à sa dernière page.

Il existe un dicton qui veut dire que l’on reconnaît le contenu d’une lettre par la manière dont l’adresse est écrite. Il en va, du moins pour moi, pour un livre.

Je me souviens lorsque j’ai commencé l’écriture de mon roman, toutes les personnes me disaient d’écrire, écrire et encore écrire sans me préoccuper du reste. Et bien j’ai fait l’inverse. Je me suis occupé d’écrire la fin, je me suis occupé d’imaginer la couverture, d’écrire le synopsis.

J’aime imaginer toujours pouvoir mettre les ingrédients de cette recette qui feront qu’une relation intime s’établissent entre nous.

Jamais comme ce moment les mots de Bobin ne sont venus m’interpeler, ils me ramènent vers cet essentiel, celui de notre liaison intime vous et mon roman !

Michel ©

Les leçons apprises, ou la tyrannie des experts

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Si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d’un expert disant que la chose est impossible.
Peter Ustinov.


Que de fois au cours de ma jeunesse il m’est arrivé, d’entendre mes parents me dire cette expression si ennuyante pour un ado : “que cela te serve de leçon !”

Vous aurez imaginé que ceci était à la suite de quelque coup pendable dont j’étais l’auteur.

Je trouvais fort plate ce moment où, bien que me sachant fautif, il me fallait affronter la leçon parentale, ne cherchant pas vraiment “d’apprendre” mais plutôt d’en finir avant de sortir rejoindre mes copains.

La suite du parcours de ma vie m’aura mis face à ce que j’estimais être des “leçons apprises”. Écouter les conseils de personnes qui, en apparence, savaient mieux que moi sur les choses de la vie. Que ce soient mes choix de carrière, mes décisions d’affaires ou le comportement au sein de la société.

Que de fois j’ai été déçu d’avoir “trop bien écouté” ce que l’on me disait et ce que l’on m’avait conseillé de faire. Que de fois j’avais oublié ce que mon père essayait de me montrer, mais surtout de déduire et d’apprendre des conséquences de mes gestes.

Est-ce que cela est dans notre nature humaine d’écouter ces personnes que nous considérons “expertes” quel que soit le domaine,de leur faire confiance et surtout de suivre ce qu’ils nous demandent de faire ?

Comment est-ce que nous nous sentons lorsque le conseil prodigué nous a mis en face d’un échec, parfois pire ?

Si nous optons pour trouver des solutions face à ces déconvenues, le fameux “damage control” ou la limitation des dégâts; qu’en est-il de cette influence lorsqu’elle engage une ville, un pays voire le monde entier ?

Depuis quelques décennies nous assistons à l’émergence d’une génération d’experts qui fournissent, grâce aux médias de l’information et autre médias sociaux, leurs projections économiques, politiques et technologiques. Certains sont si rassurants et affirmatifs qu’ils sont perçus comme autorité que l’on n’oserait jamais contredire, et pourtant !

Les exemples d’échecs cuisants ne manquent pas dans notre histoire moderne. Certains ont appelé ce comportement celui de “la tyrannie des experts”.

S’ils font figure d’autorité, il est fort peu probable que quelqu’un viendrait les contredire. Est-ce un phénomène social, parfois culpabilisateur que d’oser le faire?

Le plus désolant c’est lorsque la suite des événements nous démontre l’erreur de jugement de façon claire, l’ennui c’est que cela arrive soit trop tard, soit que l’on ne veuille pas le reconnaître.

Comme plusieurs millions j’écoutais mardi passé la soirée électorale des États-Unis d’Amérique, comme plusieurs millions je “buvais” littéralement les propos du panel d’experts qui expliquaient dans leurs mots affirmatifs quel candidat n’allait pas gagner, les scénarios ne manquaient pas, on aurait pu sortir des histoires de films à grand succès.

L’un d’eux étant allé à dire qu’il savait, qu’il avait lu, que cela irait dans son sens. Le ton, la tenue, le gestuel, le débit et la cadence des  mots, il y avait si peu de place pour douter de la justesse de ses propos. Je me suis laissé moi-même prendre au jeu, voulant que mes souhaits se réalisent à travers ses propos.

Le plus impressionnant c’est que cette personne avait parié publiquement un an de son salaire s’il s’avérait s’être trompé. Oui aussi simple que cela puisse être !

Alors cher monsieur, vous allez devoir vous serrer la ceinture les 12 mois prochains, je peux imaginer que le temps vous semblera bien long !

Si le réveil (les résultats)  fut douloureux pour ces gens, tout comme pour les maisons de sondages et les médias d’informations; il en fut aussi pour nous les gens simples qui écoutions et voulions que ces pronostics se réalisent. Je pense que nous avions acheté un billet de loterie et attendions que les chiffres de notre billet sortent pour le gros lot.

“Que cela te serve de leçon pour plus tard !”
Merci papa de m’avoir appris ces choses qui ne se trouvent nulle part ailleurs que dans la générosité de ton souci d’avoir voulu m’apprendre à utiliser mon propre jugement et ma propre capacité humaine et intellectuelle !

Michel ©

L’omission des réalités ethnographiques.

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Ethnographie: Étude descriptive des activités d’un groupe humain déterminé (techniques matérielles, organisation sociale, croyances religieuses, mode de transmission des instruments de travail, d’exploitation du sol, structures de la parenté). (Source : Le Larousse © )

Qu’elle soit volontaire ou ignorée par manque de savoir, la réalité ethnographique d’un peuple est souvent ce point de départ, essentiel à mon humble avis, pour une meilleure compréhension des problématiques de certaines populations et nations dans leur quête d’autodétermination.

Il est fort courant de lire toutes ces analyses de fond soulevant ces réalités telles que l’avenir du peuple palestinien, les kurdes, le sahara, pour ne citer que ceux-ci, la liste étant trop longue. Il est aussi fort étonnant que ces analyses n’intègrent pas les acteurs dans leurs réflexions.

Qui est mieux placé pour parler de la cause Kurde que les intellectuels kurdes, l’exemple me semble clair. Comment peut-on évoquer les principes d’autodétermination du peuple palestinien lorsque qu’aucune figure de proue palestinienne est absente de ces concertations, il en irait de même pour les premières nations autochtones du Canada, ou le devenir de la nation québécoise, etc.

Comment se fait-il que les artisans de ces réflexions jouissent d’un cadre de vie bien loin des réalités de vie des peuples dont ils souhaitent défendre l’avenir en se permettant d’émettre avis et conseils sans avoir vécu les vraies réalités de ces peuples ?

Omettre cet aspect critique serait-il faire preuve d’oubli ou d’ironie ? Il nous faut admettre que ce mode d’oubli intellectuel ethnographique est depuis fort longtemps devenu monnaie courante, presque un standard.

Penser pour eux et à leur place en ce troisième millénaire serait, à mon avis, une double omission; celle de se considérer supérieur, et celle la seconde et non moins la plus grave celle d’être resté ancré dans la culture des accords de Sykes Picot, celle du dépeçage des régions au moyen d’une règle et d’un crayon mine sur une mappemonde à grande échelle sans même demander l’avis des intéressés !

Promouvoir l’autodétermination des peuples c’est en quelques sortes laisser son enfant faire ses choix de carrière et entreprendre la destinée de sa vie librement. Le regarder quitter le cocon protecteur de la maison, tout en sachant qu’il affrontera défis et réalités si importants à sa maturation au même titre que le restant des humains.

Maintenir cette décision de pensée à la place des autres n’est-il pas une manière moderne de continuer une colonisation sous une autre forme ?

Michel ©

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(i)  L’ethnographie est une méthode en sciences sociales dont l’objet est l’étude descriptive et analytique, sur le terrain, des mœurs et des coutumes de populations déterminées. Cette étude était autrefois cantonnée aux populations dites alors « primitives »1. Le mot, composé du préfixe « ethno » (dérivé du grec έθνος, proprement « toute classe d’êtres d’origine ou de condition commune ») et du suffixe « graphie » (emprunté au grec γράφειν « écrire »), signifie littéralement « description des peuples ». (Source Wikipédia © )