Vivre le rejet !

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Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont dit NON.
C’est à cause d’eux que je suis moi-même.
Albert Einstein


Peut-on être reconnaissant envers les personnes qui, sans crier gare, nous rejettent ?

J’avoue que la réflexion d’Einstein m’apparaît être tout un défi.

Il m’est arrivé au cours de mon existence de vivre de tels moments, sans nécessairement les  comprendre. Mais y avait-il quelque chose à comprendre ?

Sur le vif, j’avoue que cela m’avait blessé, surtout quand cela arrivait à l’improviste, sans que je puisse voir venir ce geste de la part de gens que je croyais suffisamment sincères.

Si certains se sentiront blessés, ou d’autres insultés, il y aura toujours cette question restée sans réponse en soi: : Pourquoi ?

Je ne pense pas que le rejet est dû à notre mode de vie actuel, les technologies n’y seraient pas en cause, le rejet se vit depuis que les personnes vivent ensemble, ou du moins essaient de vivre ensemble.

Un étranger qui se pointe dans une communauté, une personne qui n’est pas de la même race ou qui n’a pas les mêmes croyances religieuses, politiques voire simplement humaines.

Le rejet est, du moins pour moi, plus une attitude égocentrique qu’une conséquence de cause à effet. La peur de s’impliquer, la crainte de devoir donner une part de soi, de son temps, de sa disponibilité.

Un peu comme ceux qui devant leur poste de télé le soir, approuvent les bonnes causes humaines, s’indignent de l’injustice prévalant de nos jours, mais qui remettent leurs masques le jour et ignorent un mendiant qui semble vraiment avoir faim, ou la personne âgée que l’on laisse debout alors qu’on pourrait lui céder sa place dans le métro, avouons que les exemples ne manquent pas, ces derniers parlent d’une manière ou d’une autre de rejet.

J’aimerai bien vous croire cher Monsieur Einstein et faire cet acte de foi en vos mots, remercier celles et ceux qui m’ont dit NON !

À suivre …

Michel ©

 

L’obsolescence programmée.

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“L’obsolescence programmée (i) des choses faisait partie de la vie. Il était acquis qu’elle entretenait le bon fonctionnement de l’économie. Acquérir était un droit mais posséder était contraire au nécessaire renouvellement des productions.”
Jean-Christophe Rufin (Globalia 2005)


Elle existe partout et commence dès notre naissance. En fait ce sont nos parents qui la subissent, cette obsolescence programmée, rien que de voir la liste des “choses” à acquérir avant la venue du nouveau-né. Qui une fois acquise, se trouvent dotée d’une date de péremption qui pourrait ne pas servir pour la venue d’un futur frère ou d’une future petite-soeur.

Ayant vécu une expérience similaire lorsqu’une de mes filles avait eu besoin d’acquérir une poussette dite “multi-fonctions” (Poussette, siège coquille, siège pour la voiture, etc.)” Outre le prix exorbitant, il était question d’un label du genre “valide jusqu’en 2018 !”

L’on invoquait toute sorte d’excuses, de raisons scientifiquement prouvées pour “pousser” le consommateur de se fournir d’une nouvelle passé le délai.

Mais alors chers parents ce fameux landau que l’on gardait si précieusement d’un enfant à l’autre, vous étiez “non-conformes” selon les règles dictées par les manufacturiers, sauf si de ce temps on n’avait pas l’exigence de vous pousser à consommer de façons démesurée.

Elle continue cette obsolescence, bien entendue les excuses sont là pour vous empêcher de vous plaindre, elle continue sur les bancs d’écoles, dans toutes les classes.

Ma fille aînée avait besoin dans une des classes au secondaire d’une calculatrice dite “scientifique”. La polyvalente avait imposé aux parents l’achat d’une de ces calculatrices: une marque connue, un modèle choisi et des fonctions dites scientifiques, le prix aussi.

Vous pourriez imaginer le sentiment des parents, riches ou de conditions modestes qui ont du débourser quelques 125 dollars pour l’achat de cet objet. Mais bon que ne ferait-on pas pour nos enfants.

Il serait bon de savoir que cette calculatrice fut utilisée une seule fois au cours de l’année scolaire, quant à la laisser pour mes enfants qui suivaient et bien comme on dit en bon français “Nice try” le modèle avait changé selon les directives de l’école !

Vos articles ménagers qui ne sont plus réparables mais que vous remplacez au bout d’une durée de vie de moitié aux modèles antérieurs, et bien entendu les fameux téléphones intelligents qui se “dégradent” et deviennent “passés de date” par le même manufacturier qui vante les “plus” de la nouvelle version.

J’entendais deux personnes discuter sur les CD de musique, l’une disait qu’elle avait plus de 1500 CD, l’autre semblait se moquer de la première en lui disant que cela ne servait plus à rien… Finalement nous avons tous vécu une telle expérience traumatisante puisque ces disques sont si difficilement recyclables. Et la vie continue.

Si ce phénomène d’obsolescence touche les biens de consommation, il touche aussi nos politiciens et dirigeants en matière de promesses.

L’inspiration dont ils usent est bien établie, le succès de leurs gestes étant prouvé et reconnu par ceux-là même qui en sont les victimes: Nous !

Si l’on devait tenir un registre des promesses faites au début et celles tenues en cours de mandat, gageons que ces leaders seraient bien nombreux d’arpenter les bureaux de chômage. Mais a-t-on jamais vu des politiciens au chômage ?

Il est grand temps que cesse cette réaction, celle de pointer du doigt d’imaginaires responsables de ce que devient notre humanité, à moins bien entendu que nous pointions ce doigt sur nous. Nous avons peur, peur de nous effondrer l’instant où nous prendrons conscience que nous encourageons sans discuter cet état des choses !


“Les armements, la dette universelle et l’obsolescence programmée sont les trois piliers de la prospérité occidentale. Si la guerre, le gaspillage, et les usuriers sont abolis, vous vous effondriez.” (Aldous Huxley)


Michel ©


(i) L’obsolescence programmée: l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise, notamment par la conception du produit, à raccourcir délibérément la durée de vie ou d’utilisation potentielle de ce produit afin d’en augmenter le taux de remplacement. (Source: http://www.definitions-marketing.com/definition/obsolescence-programmee/ – L’encyclopédie du Marketing)

En flagrant délit !

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Je me souviens du temps où je travaillais dans le commerce du détail, le magasin décernait une fois par semaine le prix du “Flagrant délit d’excellence” à l’employé(e) qui s’était démarqué(e) quant au service auprès de ses clients.

Si je trouvais l’évènement amusant, voire un peu enfantin en apparence, j’ai rapidement compris que l’engouement qui animait le personnel des ventes n’était pas motivé par des récompenses monétaires, mais surtout par cette reconnaissance de leurs clients qui appréciaient la qualité du service offert et de l’attention portée à répondre à leurs attentes.

Au bout du rouleau il s’agissait d’une relation de personne à personne, alors recevoir une citation de “délit d’excellence” représentait une valeur certaine aux yeux de la personne en question.

 

Si nous comparons cette manière de faire au niveau de toutes les organisations mondiales, les gouvernements qui se portent comme champion des libertés des personnes, de la défense des plus démunis, de l’instauration de ces grands principes humanistes, les libertés, le libre-choix de la qualité de vie, de la répartition équitable des richesses, des idéologies et j’en passe de ces slogans devenus avec le temps pompeux et vides de tout sens… Je pense qu’il faudrait leur décerner aussi un prix, une reconnaissance: celle du “flagrant délit d’échec total !”

Le 10 décembre dernier, l’Organisation des Nations Unies (ONU) commémorait la journée mondiale des droits de l’homme !

Je connais bien la date et son événement, mais je m’attendais à une commémoration plus digne; celle hors de tout faste, de tout lieu où l’on se sent bien en sécurité dans un édifice bien gardé. Ils auraient pu aller par exemple fêter ce jour-ci dans la ville d’Alep en Syrie ou en Irak, en Iran, en Égypte, et bien d’autres places qui ont un tel besoin de soutien humain concret dans les gestes et actes, au lieu des palabres interminables et des discours vides de tout essence.

On éteint un monument en signe de solidarité avec la population d’une ville, on adopte un air de circonstance, mais je gage par contre, que beaucoup ne savent même pas où se situe Alep, l’Irak et bien d’autres places où la misère sévit en guise de qualité de vie.

Et dire que ces leaders dits de la majorité des pays dits riches, intelligents, évolués, industrialisés se cachent derrière mille excuses dites légales pour ne pas intervenir autrement que par de bonnes intentions, pareilles à celles que l’on éprouve lorsque dans la section des faits divers d’un quotidien, de l’indifférence polie !

Si j’avais croisé un extra-terrestre ce jour-là, je ne cache pas que j’aurai eu honte de lui expliquer le sens de cette commémoration voyant sur les chaînes d’informations tous les malheurs qui subsistent dans presque chaque pays de notre planète !

Un flagrant délit ? Mais de quoi ?

Michel ©

 

Les salles d’attente.

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Le portrait typique des salles d’attente dans une clinique ou un hôpital est fort connu, surtout s’il vous est arrivé d’avoir un rendez-vous médical.
Un silence de circonstance, des murs tapissés de consignes, en fait ce sont  plus des interdictions que celles qui informent. Ne pas fumer, ne pas utiliser son téléphone, parler sans faire de bruit, faire la file, avoir sa carte d’hôpital en main, se laver les mains avant de donner sa carte, je vous assure que dans les casernes militaires il y a beaucoup moins de ces choses là.

Les grands absents sont ces portes-revues, journaux et autres magazines, et là où je me trouvais l’absence d’écrans qui débitent leurs inlassables lots de nouvelles. Avez-vous remarqué que ces écrans de cliniques n’ont pas de son, si vous êtes habiles à lire sur les lèvres vous pourriez comprendre quelque chose.

Mais il y a aussi certaines scènes qui passent souvent inaperçues, ces scènes qui nous sont propres, nous les humains dont nous sommes les vedettes de notre genre.

Un monsieur d’un certain âge, qui de par ses gestes devait occuper un poste important au travail, enfin je regardais son style vestimentaire, ses souliers cirés, ses mains, sa montre-bracelet, un vrai dandy-boss (trop élégant et conscient de l’être) !

J’eus la confirmation lorsque son téléphone sonnait (Ah mais monsieur c’est interdit ici), cela devait être son assistante qui devait l’informer et lui de l’interrompre mais lui donner quelques instructions. Or voici que la technicienne l’appelle, il se lève et se dirige vers la personne mais revient quelques 5 minutes plus tard, visiblement déçu de ne pas retrouver “sa” place, sans perdre une seconde son regard se met à balayer la salle pour trouver un siège “à son goût”. Enfin, il le voit, s’assied mais se fait appeler un seconde fois, zut ! Il s’en va en regardant “sa” place. Et oui il l’avait perdue à son retour, de nouveau la même opération ! Ce monsieur a finalement changé de place 6 fois ! Je me suis retenu de rire aux éclats.

Est-ce que vous ne vous êtes jamais posé la question à savoir pourquoi les gens choisissent une place assise en particulier ? Trois sièges vacants mais le quatrième est occupé par une personne de forte corpulence, il y a de fortes chances que ces sièges resteront inoccupés jusqu’à épuisement du reste des sièges disponibles. Autre phénomène, lorsque quelqu’un s’installe au beau milieu de cinq siège, arrivent trois personnes pour s’asseoir, ah ! Mais c’est amusant de voir que personne ne bouge jusqu’au moment où les personnes parlent en même temps question d’écoeurer celle au milieu qui a vite fait de s’en aller ! Et Vlan !  

Une dame d’un certain âge sur un fauteuil roulant poussé par son fils qui devait avoir la quarantaine facilement. De la manière dont elle était assis, elle devait être du genre qui ne répétait pas la même chose deux fois.

Lorsque fiston a voulu s’asseoir près d’elle, elle lui dit d’un ton qui n’acceptait pas la réplique.

 

  • Tu restes derrière moi et tu écoutes ce que j’ai à te dire ! 
  • Oui maman mais je suis fatigué d’être debout
  • L’important est d’écouter ta mère Joseph !

 

Ah mon cher Joseph ce n’est pas ta journée !

Les chicanes de couples sont favorisées, je pense, par la mise en situation de l’occasion pour laquelle on vient consulter un professionnel de la santé.

Monsieur qui a des problèmes de visions, et madame l’accompagne. Il lui dit dans sa langue natale qu’il refusera toute sorte d’injection, et elle de lui répondre comme à un petit gamin pris en faute:

 

  • Si tu m’avais écoutée nous n’en serions pas là ce matin !
  • Mais tu sais bien que je fais attention
  • Ah non ! Cesse tes jérémiades, cela fait moins de trois jours que tu fais attention alors que toutes ces années tu ne m’as pas écouté !

 

Mon cher monsieur je compatis avec vous !

Lorsque mon tour est arrivé, je savais que je perdais ma place au retour, que je chercherai une autre du regard, mais que j’aurai manqué ces moments uniques du quotidien de mes amis les terriens !

Michel ©  

Les quiétudes qui nous inquiètent !

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A force de gémir, nous avons perdu la notion des quiétudes. Brusquement, l’accalmie nous épouvante et nous doutons de tout ce qui ne nous menace pas.
Yasmina Khadra


En l’an 2016, il n’existe aucune place en ce monde sans que l’on voit des gens gémir, des peuples se plaindre, des personnes se soumettre.

En cet an de grâce il semble que la seule vérité soit celle que l’on nous sert non plus sur une feuille de papier au petit matin peu importe la saison, cela coûte si cher en arbres,; mais plutôt sur tous ces écrans qui envahissent notre quiétude, nos silences et notre intimité.

On se veut branché, alors on se croit l’être, on s’imagine connecté alors que c’est tout le contraire, on serait plutôt hypnotisés .

Aussitôt qu’un semblant de quiétude nous traverse, nous nous sentons coupés du sein maternel de cette nourrice si généreuse en soucis à fleur de peau.

Gémir est semble-t-il, devenu l’unique permission que l’on nous dispense, et dont nous devons nous en repaître partout où nous allons.

Nous, les hommes avons abandonné une de nos deux mains à ce nouveau maître, qui accapare notre regard, les 5 doigts devenus si habiles, une habileté inversement proportionnelle au contenu de notre esprit, qui lui est aux abonnés absents.

Si le fardeau de la charge devient trop pesant, les gémissements sont déversés sur ceux qui ne sont pas branchés ces êtres encore non asservis. Ils dérangent, on les jalouse, ils sont assurément libres donc non-conformes.

Hier je me suis offert un cadeau, une certaine délinquance virtuelle, j’ai décroché, je me suis déconnecté, je n’ai ni regardé, ni consulté, ni pris dans une ou deux mains, je l’ai laissé gémir et chuchoter tout seul. Je l’ai asservi sans charge, sans attention. Qui ? Mais le a prolongation de ma main !

Est-ce que le monde a cessé de tourner ? que non ! Aurai-je perdu mes “amis” ? Non pas du tout, ils seront toujours là ? Ai-je manqué quelque chose ? Oui des plaintes, des cris, des gémissements me disant que le monde a mal tourné, rien d’autre !

S’il existe une chose importante que les professionnels de la santé physique et mentale devraient faire, serait de trouver au plus pressant, la cure contre cette dépendance débilitante. La santé de nos mains, de nos doigts, mais aussi de nos esprits en dépend aujourd’hui.

Gémir ou agir, si nous clamons avoir le libre-choix, celui de le perdre, celui de courber l’échine devant ces nouveaux dieux dont nous ne verrons jamais la face mais leurs lois et commandements chaque instant de nos existences, ou bien…?

Michel ©

Les leçons apprises, ou la tyrannie des experts

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Si le monde explose, la dernière voix audible sera celle d’un expert disant que la chose est impossible.
Peter Ustinov.


Que de fois au cours de ma jeunesse il m’est arrivé, d’entendre mes parents me dire cette expression si ennuyante pour un ado : “que cela te serve de leçon !”

Vous aurez imaginé que ceci était à la suite de quelque coup pendable dont j’étais l’auteur.

Je trouvais fort plate ce moment où, bien que me sachant fautif, il me fallait affronter la leçon parentale, ne cherchant pas vraiment “d’apprendre” mais plutôt d’en finir avant de sortir rejoindre mes copains.

La suite du parcours de ma vie m’aura mis face à ce que j’estimais être des “leçons apprises”. Écouter les conseils de personnes qui, en apparence, savaient mieux que moi sur les choses de la vie. Que ce soient mes choix de carrière, mes décisions d’affaires ou le comportement au sein de la société.

Que de fois j’ai été déçu d’avoir “trop bien écouté” ce que l’on me disait et ce que l’on m’avait conseillé de faire. Que de fois j’avais oublié ce que mon père essayait de me montrer, mais surtout de déduire et d’apprendre des conséquences de mes gestes.

Est-ce que cela est dans notre nature humaine d’écouter ces personnes que nous considérons “expertes” quel que soit le domaine,de leur faire confiance et surtout de suivre ce qu’ils nous demandent de faire ?

Comment est-ce que nous nous sentons lorsque le conseil prodigué nous a mis en face d’un échec, parfois pire ?

Si nous optons pour trouver des solutions face à ces déconvenues, le fameux “damage control” ou la limitation des dégâts; qu’en est-il de cette influence lorsqu’elle engage une ville, un pays voire le monde entier ?

Depuis quelques décennies nous assistons à l’émergence d’une génération d’experts qui fournissent, grâce aux médias de l’information et autre médias sociaux, leurs projections économiques, politiques et technologiques. Certains sont si rassurants et affirmatifs qu’ils sont perçus comme autorité que l’on n’oserait jamais contredire, et pourtant !

Les exemples d’échecs cuisants ne manquent pas dans notre histoire moderne. Certains ont appelé ce comportement celui de “la tyrannie des experts”.

S’ils font figure d’autorité, il est fort peu probable que quelqu’un viendrait les contredire. Est-ce un phénomène social, parfois culpabilisateur que d’oser le faire?

Le plus désolant c’est lorsque la suite des événements nous démontre l’erreur de jugement de façon claire, l’ennui c’est que cela arrive soit trop tard, soit que l’on ne veuille pas le reconnaître.

Comme plusieurs millions j’écoutais mardi passé la soirée électorale des États-Unis d’Amérique, comme plusieurs millions je “buvais” littéralement les propos du panel d’experts qui expliquaient dans leurs mots affirmatifs quel candidat n’allait pas gagner, les scénarios ne manquaient pas, on aurait pu sortir des histoires de films à grand succès.

L’un d’eux étant allé à dire qu’il savait, qu’il avait lu, que cela irait dans son sens. Le ton, la tenue, le gestuel, le débit et la cadence des  mots, il y avait si peu de place pour douter de la justesse de ses propos. Je me suis laissé moi-même prendre au jeu, voulant que mes souhaits se réalisent à travers ses propos.

Le plus impressionnant c’est que cette personne avait parié publiquement un an de son salaire s’il s’avérait s’être trompé. Oui aussi simple que cela puisse être !

Alors cher monsieur, vous allez devoir vous serrer la ceinture les 12 mois prochains, je peux imaginer que le temps vous semblera bien long !

Si le réveil (les résultats)  fut douloureux pour ces gens, tout comme pour les maisons de sondages et les médias d’informations; il en fut aussi pour nous les gens simples qui écoutions et voulions que ces pronostics se réalisent. Je pense que nous avions acheté un billet de loterie et attendions que les chiffres de notre billet sortent pour le gros lot.

“Que cela te serve de leçon pour plus tard !”
Merci papa de m’avoir appris ces choses qui ne se trouvent nulle part ailleurs que dans la générosité de ton souci d’avoir voulu m’apprendre à utiliser mon propre jugement et ma propre capacité humaine et intellectuelle !

Michel ©

Ce vide qui accompagne les diplômés universitaires

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Tu viens de terminer ton parcours estudiantin, depuis la maternelle jusqu’à la journée magique au cours de laquelle on te remet un beau diplôme de troisième cycle.

Les célébrations terminées, tu commences probablement à te poser certaines questions au sujet d’une carrière, le fameux emploi de rêve ou le “Dream Job” dont on te parle un peu partout.

Tu as des projets, de grands rêves, tu t’imagines aux commandes d’une entreprise ou au pire gestionnaire dans ton domaine. Tu t’attends au salaire qui ira avec aussi.

Pourtant tu trouves le temps bien long puisque tout ce que tu te fais offrir ne sont que des emplois d’un niveau de débutant

Ah ! Je sais ce n’est pas ce qu’on t’a promis ou dit sur les bancs des facultés. Oui je sais les choses sont différentes dans la vraie vie.

Tu es choqué (déçu peut-être) parce que chaque fois que tu postules on te parle de ces choses que tu n’as pas vues en salle de classe…

La voici la réalité dont tu fus protégé toutes ces années !


Ce texte est une fiction, mais une fiction des plus réelle, puisque c’est en grande partie la cas de plusieurs finissants des hautes études qui se dispersent sur les avenues du marché de l’emploi.

Ne dramatisons pas, il existe quand même une infime partie de ces beaux diplômes qui vont ouvrir certaines portes, probablement au bas de l’échelle, cela est un début.

Je lisais ce matin une réflexion de l’académicien Michel Serres sur le devenir de l’éducation d’aujourd’hui. (vous trouverez le lien sur ce dernier en fin d’article)

J’ai rarement lu un texte empreint d’humanisme sincère et profond sur la question dont tout le monde parle mais que si peu d’experts, de spécialistes et de pédagogues prennent le temps de s’y pencher et de plancher.

Cette lecture me fit penser aux années d’enseignement passées surtout dans la formation aux adultes. Combien nous leur donnions des théories, des connaissances, du savoir, parfois une certaine expertise technologique ou académique. Mais combien nous oublions le lien qui pourrait relier tout ce savoir avec les réalités de la vraie vie !

Nous leur parlons si peu des compétences en “savoir-être” ces compétences plus connues comme “soft-skills”, certaines sources parlent de “Savoirs-comportementaux”.

Qu’importe le niveau de savoir que l’on acquiert, on oublie de leur parler de ces compétences qui traitent de leurs interactions avec leurs semblables (subordonnés et supérieurs). On s’attend des diplômés “des performances” des “objectifs atteints” mais on ne leur donne que le contenu des ingrédients de la recette et non le mode d’emploi !

Bien entendu on passe un peu de temps pour leur parler d’un curriculum vitae, bien entendu on les noie dans des consignes de comment se comporter en entrevue, mais il reste que le seul but n’est qu’obtenir un emploi et non comment le conserver et non plus comment se rendre humainement indispensable, voilà là où le bât blesse.

Si les apprenants ne verront que rarement une poule ou des animaux en liberté, comme le dit si bien Michel Serres, et s’ils se contenteront des dits bienfaits de la digitalisation moderne, cela ne change en rien face à leurs inaptitudes, nombreuses avouons-le, face au comportement dans leur environnement de travail.

J’espère que la pensée de Michel Serres puisse survivre ces aléas que le système actuel tend à oublier et mettre de côté pour uniquement l’atteinte des performances et des objectifs quantifiables sur les cases d’un chiffrier électronique.

Souhaitons moins de gaspillages budgétaires, moins de chercheurs d’emplois introuvables ou moins de futurs chômeurs hautement diplômés.

Michel ©

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Éduquer au XXIème siècle par Michel Serres de l’Académie Française
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/05/eduquer-au-xxie-siecle_1488298_3232.html