Les façades de nos vérités !

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Nos plus grandes façades le sont pour cacher,
non pas notre méchanceté ou notre laideur,
mais bien notre vide.
Éric Hoffer


Les façades humaines qui cachent ce vide, sont trop souvent celles auxquelles nous tenons pour nous protéger des lueurs de la vérité. Cette vérité qui nous réveille tel un jet d’eau glacée alors que nous ne nous attendions pas, un réveil cinglant, violent et parfois impitoyable. Tel celui qui se voile les yeux et jure ses grands dieux que la lumière n’existe pas. Il semble qu’il est plus aisé de continuer ainsi que de regarder les réalités qui nous sont propres.
Les feux de paille que nous entretenons à force de broussaille, flammes éphémères dans un quotidien incolore, nous réchauffe le temps de ces très courtes secondes, si courtes l’espace que durent ces flammes mortes à peine nées.
Nous vaquons aux choses d’un quotidien inévitable, omettant de voir ce qu’est la vie vraiment. Nous prenons pour acquise cette quiétude superficielle, et tentons par tous les moyens de resserrer ces œillères, celles de nos émotions, de tels sentiments qui nous disent les choses autrement, que nous refusons hélas de voir tout en les regardant comme étrangères à notre réalité, celle des humains dont le but est bien plus grand que l’insipide quotidien.
Nos façades nous rassurent le temps d’un oubli, le besoin d’y ajouter chaque fois une couche nouvelle de cet enduit, une désolante protection illusoire, nos façades du cœur nous font perpétuer ce que notre humanité a le plus besoin en ces jours…
Et si l’on ose en parler, l’on se fait servir toute sorte de réplique moralisatrice, sans modération bien entendu! Le silence poli en étant une des saveurs !

Michel J.B. –  © 2016

La pudeur d’une nudité toute naturelle !

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La pudeur sied à tout le monde,
mais il faut savoir la vaincre et jamais la perdre
De Montesquieu


 

Quand un artiste peint une femme nue on admire la beauté des lignes, les douceurs des courbes voluptueuses, on ne cesse de gratifier l’artiste d’un talent, d’une passion, et tant d’autres qualités. Mais de là qu’une femme soit prise dans la rue dans une tenue voire osée ou dévoilant une partie de son corps supposé ne pas l’être, elle se fait traiter de tous les qualificatifs des plus négatifs voire immoraux (selon le livre de morale page trentedouze)

Les demi mesures semblent s’être effacées du livre de notre jugement, et pourtant l’on ne gênera pas de reluquer photos et potins de la seconde femme sans aucune modération !

Il est une pudeur d’un autre genre, celle de la nudité d’un autre genre, celle que j’aime qualifier de naturelle. Pourtant vous voyez que j’use des mêmes mots, des mêmes expressions du même engouement, de la même volupté des images que l’esprit pourrait se créer.

Nous semblons avoir aux chevilles non seulement des chaines mais de lourds boulets que nous trainons avec peine tout au long de notre apprentissage de la vie dite sociale. Les interdits, les tabous, les je vous fais grâce de la longue liste.

Si l’on observe avec quelle élégance ces arbres nous montrent leur nudité, celle de leurs feuilles tombées il n’y a pas longtemps, pour autant que la nature nous inspire nous y trouvons dans ce dénuement une beauté certaine. Certains iront même y puiser une inspiration poétique, une prose toute emplie d’une beauté sensuelle des sens à peine effleurée…


 

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Tout est en nous, en notre esprit et en notre perception des choses de notre monde, et pourtant nos idées héritées nous inspirent tant et tant de barrières dites « morales »…

Je ne peux comparer une peinture de nu avec un arbre tout nu, mais l’analogie est pourtant permise quand il s’agit des perceptions, souvent subjectives, celle de voir une femme presque nue en public, et celle d’une photo ou d’une toile. Est-ce que nous ne démontrons pas ainsi notre manque d’exister plus librement dans notre propre peau!

Cessons de nous cacher derrière le paravent des morales de la morale, nos religions respectives ou nos non-religions ont des principes de loin plus universels et plus humains que leurs interprétations étriquées qu’une poignée d’individus aura dogmatisé si impunément. Nous valons bien plus que cela !

Il est grand temps de travailler à corriger les erreurs de notre héritage humain, et si l’on me dit que cela prendra du temps, et bien c’est juste d’à-propos qu’il est grand temps de s’y mettre concrètement et ce, immédiatement.

À la prochaine,

Michel – © 2015