Nous sommes aseptisés !

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Il y a parmi les hommes une sorte de solidarité
qui fait qu’on est fier quelquefois,
et souvent honteux d’être de l’humanité.
Jean-Baptiste Say (Pensées détachées – 1818)


Sans gluten, sans sucre, sans cholestérol, sans lactose, sans sel, sans colorants, sans sucre ajouté, sans produits x et y … Voici nos emballages alimentaires !
Vous allez à la pharmacie sur les étalages de produits dits naturels, tout est certifié naturel sans aucun ajout, mais en comprimés, en solutions, en granules, en suspension, en gélules, tout est pour notre santé, l’énergie et le bien-être.
Nous sommes aseptisés de sorte que si nous quittons le milieu dans lequel nous vivons notre corps se trouve en sevrage de cette asepsie c’est alors que nous risquons la tourista, l’hépatite sous toutes ses lettres, et tant d’autres bobos de différentes sortes, mais pour cela on pense à vous : vaccin contre ceci ou cela tout pour vous garder en « sécurité » durant vos séjours hors du cocon…
Parlons-en des aliments bio sans OGM (Organisme Génétiquement Modifié), je trouve l’idée plus que géniale mais avons-nous un contrôle efficace de contrôler le mouvement des abeilles qui d’une place à l’autre vont poliniser les semences dites bio. Auraient-elles visité des champs qui ne le sont pas ?
Les sujets ne manqueraient pas certes. Mais il est une asepsie bien plus grave dont j’aimerai vous entretenir. Celle de nos émotions, réactions et comportements face à des faits importants.
Ces faits pourraient passer pour divers, importants, graves ou inquiétants selon notre regard sur nos semblables. Lorsqu’un attentat survient et fauche des victimes par dizaines pour ne pas dire par centaines cela devient la une pour certains quotidiens qui augmentent leur tirage, des stations de nouvelles qui font monter l’audimat et des politiciens qui émettent des communiqués de consternation, mais pour le reste c’est « business as usual! »
Aucune cause est injuste, celle du bien des personnes, celle pour corriger une injustice, plus nous sommes organisés plus nous nous mobilisons – à juste raison bien entendu. Mais qu’un maillon faible, sans voix se fasse massacrer (nul besoin de faire l’inventaire des guerres et des meurtres collectifs qui surviennent sur notre planète) ces évènements tragiques passent aux faits divers trop vite, un peu trop vite à mon goût.
Rien n’empêchera les gens d’aller festoyer au restaurant au bar ou au pub, même si dans une même journée d’une même ville plus de 40 personnes ont perdu la vie de manière dramatique. Je sais que beaucoup d’entre vous me diront de « positiver » ou de « relativiser » et trouveraient mille excuses pour dire que la vie continue … Oui elle continue mais qu’en est-il des parents qui ont perdu un des leurs… comment iront-ils positiver et relativiser ?
Si nous aspirons aux mieux-être universel ou régional ou national nous avons non point un devoir mais une attitude humaine envers nos semblables, sauf bien entendu si nous sommes touchés combien seuls nous nous sentirions face aux personnes qui ce soir même iront faire la boum en boite !
Je ne changerai pas la face du monde, certes je n’en ai pas les moyens mais dans mon domaine je pourrai toujours faire ma part espérant témoigner de la sorte ma sincère solidarité envers mes semblables. Sur les 1440 minutes qui composent notre journée, ne pourrions-nous pas donner 1 seule minute pour nos semblables. C’est aussi une manière de relativiser, vous ne trouvez pas ? Ensuite vous pourriez aller faire la fête comme bon vous semble !
À la prochaine
Michel – 13 novembre, 2015
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