Un bouillon en effervescence…

Un bouillon en effervescence…

Sommes-nous en train d’observer l’émergence inévitable d’une nouvelle manière d’acquisition de connaissances, de savoir et de compétences?

Je serai tenté d’abonder dans ce sens, sauf bien entendu si je suis loin derrière cette révolution de fond qui se meut un peu partout.

Les grands du monde de l’éducation tant au niveau scolaire, collégial, post-secondaire, supérieur et la formation aux adultes, se concertent, sont en réflexion… Un constat clair comme le jour : la formule ne fonctionne plus, les fondements inchangés sont en crise apparente et évidente pour certains, mais aussi non perçue pour tant d’autres.

On serait tenté d’accuser les médias sociaux, les nouvelles technologies, l’accès trop précoce aux connaissances, l’éveil prématuré des populations aux informations, etc. Ce serait, disons-le, la solution facile que le rejet la « faute aux autres ».

J’écoutais dernièrement une allocution du professeur Philippe Carré, lors de l’ouverture du colloque de l’OCE (2012) sur « L’apprenance – Vers une nouvelle culture de la formation » (http://vimeo.com/48550701 ). Il en ressort une prise de conscience actuelle et factuelle sur la nécessité de « penser autrement… » en ce qui concerne l’éducation et ses méthodes.

Le Professeur Carré fait un constant clair, parfois incisif sur l’importance mais aussi l’urgence de ce retour à le réflexion, la méthode ne porte plus, l’approche moins… tout ce que certains principes éducatifs font c’est d’augmenter le nombre de décrocheurs, il est grand temps que le monde de l’éducation permette aux scolaires et aux adultes d’apprendre quelque chose.

Et pour compléter ce tour d’horizon sur la situation de l’éducation, j’ai souscrit à une formation post-secondaire du style en ligne ou plus communément appelée MOOC (Terme anglais qui signifie : Massive Online Open Course) ces cours ouverts à tous publics et toutes audiences qui permettent aux personnes s’étant inscrites de suivre des conférences, des cours, participer à des forums de discussion et échanges d’opinions, bien entendu avec au menu des tests formatifs, d’autres formatifs, en bout de ligne une reconnaissance d’avoir suivi (et réussi) le cours, du moins la compréhension des principes d’un sujet donné et l’atteinte des objectifs proposés en début de formation.

Le tout dernier (c’était mon second MOOC pour tout avouer) avait un sujet des plus intéressants, c’est ce qui m’avait attiré : « Comment intégrer des éléments de jeux dans l’apprentissage » [Game Elements for Learning].

Une équipe jeune, un programme audacieux par sa thématique, des sujets variés, tout présageait un cours des plus captivants. Que ne fut ma surprise de découvrir que cette équipe de professeurs avait opté pour un libéralisme tous azimuts du parcours, des choix de sujets, aucune structure imposée (pour ne pas dire en fait qu’aucune structure n’était claire ou proposée). L’usage des médias sociaux était au cœur de l’apprentissage, oui certains suivis se trouvaient parsemés sur le parcours mais de pure forme, l’on passait plus de temps à s’attarder comment créer un avatar et le publier que d’en apprendre le pourquoi et sa place dans le cursus et son déroulement. Des conférences sur Twitter©, des blogues, etc. auxquels il fallait inévitablement s’abonner, sans oublier de créer un nouveau compte pour chaque étape ou requis d’activités.

J’ai été forcé d’abandonner ce cours, pour la simple raison qu’à la deuxième semaine du cours (sur un total de 4) je cumulais des points sans nécessairement avoir pu valider des acquis ou des apprentissages, je croisais des apprenants comme moi qui utilisaient un autre parcours, on comprendra que je ne pouvais leur parler du miens ni eux du leur sauf bien entendu par pure raison de politesse… et pourtant j’y mettais du temps, les soirs et les fins de semaine… Je n’ai pas décroché pour le plaisir mais pour ne plus avoir à investir du temps pour si peu.

Je soulève ces deux évènements non pour critiquer ou porter un jugement sur le retard de la mise en œuvre d’une nouvelle approche d’enseignement, ni pour dénigrer une approche éducationnelle sans structure, mais pour me poser la question sur les enjeux : va-t-on laisser encore stagner l’urgence du changement de l’éducation qui doit inévitablement s’adapter, et laisser le manque de structuration gagner les rangs de programmes d’enseignements de masses apparaitre comme la solution de ce changement?

Les voix d’autorités se font entendre de plus en plus claires, il n’est plus question de remaniements dans les organisations privées ou publiques, il faudrait que l’éducation fasse autre chose que de grossir les rangs des décrocheurs et que l’on apprenne finalement quelque chose sur les bancs d’écoles, de collèges, de facultés, etc.

Professeur Carré a sonné l’alarme dans son colloque, Clark Aldrich parle de déscolarisation (conventionnelle) pour reconstruire le vrai apprentissage, et d’autres pensent qu’une libéralisation de l’enseignement passe par la non structure…

Il est grand temps, je pense, de regarder l’apprenant comme partenaire à part entière dans la mise sur pied dees fondements de l’éducation et de l’enseignement d’aujourd’hui!

© 07 – 2013 – Michel Boustani

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